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Scarlett Johansson n'a donc rien retenu de la polémique "Ghost in the shell" et récidive en incarnant un homme trans à l'écran

© Paramount Pictures | Scarlett Johansson dans "Ghost in the Shell" (2017).

Texte par Ana BENABS

Dernière modification : 04/07/2018

Visiblement, les critiques déclenclées "Ghost in the shell" n'auront pas suffi à décourager Scarlett Johansson, puisque l'actrice américaine va bientôt incarner un homme trans dans un biopic baptisé "Rub & Tug".

En 2017, Scarlett Johansson campait le rôle de la Major Mira Killian dans l'adaptation du manga "Ghost In The Shell" sur grand écran, réalisée par Rupert Sanders. Une attribution de rôle qui avait alors était très mal vue par le public et par fans de cet ouvrage d'anthologie, son héroïne étant d'origine japonaise. Origine que ne partage en aucun cas avec elle Scarlett Johansson.

VOIR AUSSI : Un directeur de casting dit que les Asiatiques "ne sont pas très expressifs", Internet répond

À l'époque, les internautes avaient alors crié au whitewashing, pratique qui consiste à choisir un acteur blanc pour un rôle de personnage initialement non-blanc. Mais visiblement, ni le réalisateur, Rupert Sanders, ni l'actrice n'ont compris la leçon. Pire encore, ils récidivent dans un nouveau long-métrage.

Lundi 2 juillet, The Hollywood Reporter annonçait ainsi que Scarlett Johansson allait incarner Dante "Tex" Gill, un homme trans propriétaire d'un salon de massage à Pittsburg dans les années 1970 et 1980, dans un biopic baptisé "Rub & Tug". Une décision qui a une nouvelle fois fait jaser : pourquoi confier un tel rôle à une femme cisgenre ?

Contactée par le magazine américain Bustle, l'actrice a certainement réagi de la pire manière qui soit en déclarant : "Dites-leur [aux haters] qu'ils peuvent demander des explications à Jeffrey Tambor, Jared Leto et Felicity Huffman." Pourquoi ? Parce que ces trois acteurs et actrice ont incarné des personnes transgenres à l'écran dans le passé – Jeffrey Tambor dans "Transparent", Felicity Huffman dans "Transamerica" et Jared Leto dans "Dallas Buyers Club".

Une sorte de "oui, mais eux l'ont fait aussi" qui ne justifie en rien cette reproduction des erreurs du passé – et du présent – dans l'industrie cinématographique. De son côté, le réalisateur Rupert Sanders n'a pas encore réagi à la polémique.

Invisibiliser à nouveau les marginalisés 

Plusieurs problématiques sont à prendre en compte dans ce genre de situation. Le fait, d'abord, que ces histoires impliquant des groupes marginalisés soient racontées et interprétées par des personnes non-marginalisées. Comme l'explique très bien The Verge, il s'agit d'une invisibilisation des personnes LGBT à l'écran, à l'heure où les places que le cinéma peut leur offrir sont encore trop rares, même si la volonté scénaristique première est de les mettre en lumière. 

Dans une tribune publiée sur Slate, Alex Myers, premier étudiant trans à l'université d'Harvard, précise que ces mécanismes ont pour conséquence une mauvaise interprétation de l'histoire des personnes trans. "Au lieu de voir des femmes qui vivaient en tant qu'hommes, au lieu de comprendre comment la société les a forcé à reprendre leur vie en tant que femmes une fois leur 'déguisement' découvert, les scénarios créent un récit plus réconfortant, insistant sur le fait que ces femmes ne voulaient jamais être vraiment hommes", explique l'auteur.

En bref, le fait que des non-marginalisés s'approprient l'héritage de minorités, sans les inclure, équivaut en quelque sorte à répéter leur histoire, encore et encore. Scarlett, par pitié, ne contribuez pas à cette désolante redondance.

Quelque chose à ajouter ? Dites-le en commentaire.

Première publication : 04/07/2018