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Kim Dotcom, extradable aux États-Unis selon la justice néo-zélandaise

© Michael Bradley, AFP | Kim Schmitz, alias Kim Dotcom, quitte la cour de justice d’Auckland, qui a prononcé la légalité de la demande américaine d’extradition, le 22 décembre 2015.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 05/07/2018

Accusé de piratage en ligne à la tête du site Megaupload.com, Kim Dotcom pourrait être extradé aux États-Unis, selon une décision de la justice néo-zélandaise, qui estime solide le dossier du FBI et de la justice américaine.

La justice néo-zélandaise a confirmé, jeudi 5 juillet, que Kim Dotcom, de son vrai nom Kim Schmitz, pouvait être extradé aux États-Unis et comparaître devant la justice américaine pour piratage en ligne. Le fondateur de Megaupload.com est soupçonné de pillage à échelle industrielle et d'avoir détourné des millions de dollars via sa plateforme de téléchargement en ligne. La justice américaine le poursuit pour fraude, racket et blanchiment. Kim Dotcom encourt jusqu'à vingt ans de réclusion aux États-Unis.

Le géant allemand de 44 ans, flamboyant magnat de l'internet, avait saisi la Cour d'appel de Wellington pour contester deux jugements de première instance selon lesquels il pouvait, ainsi que ses trois coaccusés, être envoyé aux États-Unis pour y être poursuivi. Cette juridiction a estimé que le dossier du FBI et du département américain de la Justice était solide, plus de six ans après un raid spectaculaire de la police néo-zélandaise à "Dotcom Mansion", sa somptueuse propriété à Auckland, en janvier 2012.

Les éléments de preuve dont disposent les autorités américaines "sont recevables de prime abord et viennent en soutien des allégations selon lesquelles les requérants ont conspiré et ont effectivement violé délibérément la législation sur les droits d'auteur à une échelle massive aux fins de gains commerciaux", a dit la Cour d'appel. Dans son arrêt de 120 pages, la Cour d'appel déclare qu'elle souhaite que l'affaire soit résolue promptement. La législation prévoit que le ministre de la Justice, Andrew Little, peut désormais signer un ordre d'extradition.

Jusqu'à la Cour suprême néo-zélandaise

Kim Dotcom et ses trois coaccusés sont soupçonnés d'avoir tiré de leurs activités 175 millions de dollars de bénéfices illégaux et causé plus d'un demi-milliard de dollars de pertes aux ayants-droit des œuvres musicales, films et autres produits piratés. Megaupload a été fermée par la justice américaine.

>> À lire sur France 24 : "Megaupload, une internationale du crime selon le FBI"

"Nous sommes déçus par l'arrêt rendu aujourd'hui", a déclaré dans un tweet Ira Rothken, l'avocat de Kim Dotcom, expliquant qu'il y aurait un appel devant la Cour suprême. "Nous avons comparu désormais devant trois juridictions distinctes, qui ont rendu trois analyses juridiques différentes, dont l'une a estimé qu'il n'y avait aucune violation de la législation sur les droits d'auteur".

L'Allemand et ses trois coaccusés – Finn Batato, Mathias Ortmann et Bram van der Kolk – se défendent de toute infraction. Kim Dotcom affirme que les poursuites contre lui ont été orchestrées par l'administration de l'ancien président Barack Obama pour faire plaisir aux puissants de Hollywood.

Megaupload fut l'un des premiers exemples de "cloud computing" (informatique en nuage), des utilisateurs pouvant mettre en ligne des fichiers stockés sur des serveurs qui devenaient facilement disponibles pour le téléchargement par d'autres internautes. Au plus fort de son activité, en 2011, Megaupload revendiquait 50 millions d'usagers quotidiens, et 4 % du trafic internet mondial.

Les avocats du magnat allemand peuvent saisir la Cour suprême, l'ultime recours judiciaire qui s'offre à lui, mais ils devront présenter des preuves irréfutables d'une erreur judiciaire. Mais Kim Dotcom ne lâche rien, a confirmé son avocat. "Nous allons saisir la Cour suprême".

"Je suis une cible facile"

Né à Kiel, dans le nord de l'Allemagne en 1974, Kim Schmitz est devenu Kim Dotcom en 2005, à peu près en même temps qu'il fondait Megaupload. Avec son penchant pour le luxe et les vêtements noirs, il s'est dépeint sous les traits d'un méchant des films de James Bond, victime pour cette raison de la vindicte des autorités. "Je suis une cible facile, il leur fallait un méchant qui soit riche, flamboyant, extravagant", confiait-il en 2013. "Voyager en jet privé et rouler dans des voitures immatriculées 'DIEU', 'DEFONCÉ' et 'MAFIA' n'est certainement pas le meilleur moyen de faire profil bas", concédait-il.

En six ans de feuilleton judiciaire, il ne s'est jamais avoué vaincu, annonçant même en janvier 2018, pour l'anniversaire du raid sur sa villa, une demande de milliards de dollars de compensations au gouvernement néo-zélandais.

Avec AFP

Première publication : 05/07/2018

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