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Exécution des responsables de l'attaque au gaz sarin du métro de Tokyo en 1995

Shoko Asahara dans une voiture de police le 19 juillet 1995.
Shoko Asahara dans une voiture de police le 19 juillet 1995. Jiji Press/AFP

Sept membres de la secte Aum, dont son ex-gourou Shoko Asahara, ont été exécutés vendredi au Japon pour leur responsabilité dans l'attaque au gaz sarin qui avait endeuillé Tokyo en 1995.

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Ce fut le pire attentat qu'ait connu le Japon. L'ex-gourou de la secte Aum, Shoko Asahara, et six autres ex-membres de cette sombre organisation, tous condamnés à mort pour leur responsabilité dans l'attaque au gaz sarin dans le métro de Tokyo en mars 1995, ont été exécutés vendredi 6 juillet au matin.

La ministre de la Justice, Yoko Kamikawa, a confirmé lors d'une conférence de presse la pendaison de Shoko Asahara (de son vrai nom Chizuo Matsumoto), le fondateur et gourou du groupe, et de ses disciples Tomomasa Nakagawa, Tomomitsu Niimi, Kiyohide Hayakawa, Yoshihiro Inoue, Seiichi Endo et Masami Tsuchiya.

13 morts dans l'attaque

Shoko Asahara avait vu sa sentence de peine capitale confirmée en 2006 et attendait depuis dans les couloirs de la mort à l'instar de 12 complices impliqués dans cet attentat au sarin qui avait tué 13 personnes et causé des maux divers, parfois irréversibles, à 6 300 autres. Quelque 190 autres membres de la secte avaient également été condamnés à diverses sentences dans cet attentat.

Le 20 mars 1995, selon un procédé très réfléchi, plusieurs membres de l'organisation occulte Aum Vérité suprême répandaient du gaz sarin dans des rames de métro convergeant vers le cœur administratif de la capitale. Ils avaient déposé des sacs en plastique emplis de gaz sarin dans cinq rames du métro de Tokyo. Percés par des pointes de parapluie, les sacs ont libéré le poison.

Nul ne comprit immédiatement ce qui se passait à cette heure matinale, en pleine période de pointe, alors que de nombreux passagers sortaient suffoquant, sans plus rien voir, de diverses bouches de métro des lignes visées.

23 ans d'attente

Quelque temps auparavant, lors d'une sorte de répétition des effets de ce gaz, sept personnes avaient été tuées dans la ville centrale de Matsumoto, dans le centre du pays, et 600 autres avaient souffert de maux divers, parfois définitifs.

En décembre 1999, la secte Aum a reconnu pour la première fois officiellement sa responsabilité dans l'attentat contre le métro de Tokyo et celui de Matsumoto. Elle a alors présenté ses excuses.

Vendredi, des membres des familles des victimes ont réagi : "Il a fallu 23 ans depuis l'attentat pour que cette sanction soit exécutée, malheureusement, les parents de mon mari, tué dans l'attentat, sont décédés avant", a déploré pour la chaîne publique NHK Shizue Takahashi, l'épouse d'un employé de gare mort dans l'attentat et présidente d'une association de victimes.

La secte était parvenue à fabriquer dans un laboratoire d'importantes quantités de gaz sarin, un produit mortel créé par des scientifiques sous le régime nazi en Allemagne à la fin des années 1930.

Avant l'attentat du métro de Tokyo, qui a profondément choqué le pays et y a laissé des séquelles, le Japon avait regardé avec une fascination mêlée d'angoisse germer et grandir Aum dans les années 1980 et 1990. La secte attira jusqu'à 10 000 fidèles. Le chef mystique Asahara allait alors d'émissions de télévision en podiums de campagne électorale pour capter l'attention des citoyens, parmi lesquels de jeunes scientifiques de haut vol, des médecins, des avocats et autres individus appartenant à l'élite.

Avec AFP

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