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Génocide rwandais : condamnation confirmée pour deux ex-maires

Les deux ex-maires rwandais Tito Barahira et Octavien Ngenzi lors de l'ouverture de leur premier procès à Paris, le 10 mai 2016.
Les deux ex-maires rwandais Tito Barahira et Octavien Ngenzi lors de l'ouverture de leur premier procès à Paris, le 10 mai 2016. Benoit Peyrucq, AFP

Deux anciens maires rwandais ont vu, vendredi, leur condamnation à la prison à perpétuité confirmée par la cour d'assises d'appel de Paris. Ils ont été reconnus coupables de "crimes contre l'humanité" et "génocide".

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Deux anciens bourgmestres rwandais ont vu, vendredi 6 juillet, leur condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité confirmée en appel par la justice française pour leur participation au génocide des Tutsi dans leur village de Kabarondo, dans l'est du Rwanda, en avril 1994.

C'est à l'issue d'un procès de deux mois, filmé pour l'histoire, devant la cour d'assises de Paris qu'Octavien Ngenzi, 60 ans, et Tito Barahira, 67 ans, ont été reconnus coupables de "crimes contre l'humanité" et de "génocide", pour "une pratique massive et systématique d'exécutions sommaires" en application d'un "plan concerté tendant à la destruction" du groupe ethnique Tutsi.

Le verdict a été accueilli dans un pesant silence, à peine troublé par les sanglots discrets de la famille des accusés. Les deux anciens bourgmestres sont restés stoïques, vite entourés par leurs avocats. Ils ont cinq jours pour former un éventuel pourvoi en cassation.

Des "artisans de la mort"

Les deux hommes avaient été désignés par l'accusation comme des "artisans de la mort" ayant "pleine autorité" dans leur village, des rouages essentiels du génocide dans leur commune de Kabarondo.

Les deux hommes, qui se sont succédé à la tête de la commune de 1976 à 1994, ont nié jusqu'au bout toute participation aux tueries à Kabarondo, où le pire des massacres eut lieu le 13 avril 1994 à l'église. Près de 2 000 morts, selon l'abbé, pilonnés au mortier, puis découpés à la machette, pendant près de sept heures.

"Cette décision est juste et c'est un message : stop à l'impunité pour tous ceux qui ont pris part au génocide et qui ont cru pouvoir se réfugier en France", a réagi Alain Gauthier, président d'une association à l'origine de la plupart des enquêtes françaises sur le génocide rwandais.

Deux hommes "allés jusqu'au bout de la logique génocidaire"

C'est la seconde fois que la justice française, qui a jugé ces hommes en vertu de sa compétence universelle pour les crimes les plus graves, se prononce dans un dossier lié au génocide rwandais, après la condamnation de l'ancien capitaine de l'armée Pascal Simbikamgwa à 25 ans de réclusion criminelle.

Les anciens maires avaient changé d'avocats, espérant cette fois convaincre qu'ils n'avaient "pas de sang sur les mains". "J'étais le bourgmestre et je n'ai pas fait assez", mais "jamais je n'ai tué", avait dit Octavien Ngenzi dans ses derniers mots à la cour. "Je n'ai pas tué, je n'ai pas 'trié' les Tutsi", avait plaidé pour sa part Tito Barahira.

Là où la défense a dépeint des notables "sans autorité", pris dans la tourmente des tueries d'avril 1994 qui firent plus de 800 000 morts en cent jours, selon l'ONU, le parquet général a quant à lui décrit deux hommes "allés jusqu'au bout de la logique génocidaire". C'est finalement le récit de l'accusation qui a convaincu la cour.

En France, une vingtaine de dossiers liés au génocide rwandais sont encore à l'instruction, en attente d'un éventuel procès.

Avec AFP et Reuters

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