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FRANCE

Assistants d'eurodéputés FN : la justice saisit deux millions d'euros destinés au parti

© Bertrand GUAY / AFP | Marine le Pen le 5 juin 2018, à Paris, à l'Assemblée nationale.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 08/07/2018

Dans le cadre de l'affaire des assistants présumés fictifs d'eurodéputés FN, la justice française a ordonné la saisie de 2 millions d'euros qui étaient destinés au Rassemblement national (ex-FN). Le parti risque la cessation de paiement.

Dans le cadre de l'affaire des assistants présumés fictifs d'eurodéputés FN, les juges français ont retenu deux millions d'euros d'aide publique au Rassemblement national (RN, ex-FN), qui risque la cessation de paiement et crie à l'"assassinat politique".

Les juges financiers parisiens qui enquêtent sur cette affaire, dont le préjudice estimé par le Parlement européen est de 7 millions d'euros sur la période 2009 à 2017, ont demandé, dans une ordonnance datée du 28 juin, "la saisie pénale d'une somme destinée au Front national au titre de l'aide publique apportée aux partis pour un montant de deux millions d'euros", a indiqué une source proche du dossier, confirmant une information de RMC.

>> À voir : Marine Le Pen : "Le parlement européen est dans une démarche d'agression, tous nos droits ont été violés"

Le parti d'extrême droite devait recevoir lundi, comme d'autres partis politiques, une avance de la moitié de l'aide publique à laquelle elle a droit à la suite de ses résultats aux législatives de 2017, dont le versement a pris du retard. L'aide publique au RN représente au total environ 4,5 millions d'euros, selon le parti.

"Coup de force sans aucune base légale"

"En confisquant notre dotation publique sans jugement sur cette pseudo affaire des assistants, les juges d'instruction nous appliquent la peine de mort 'à titre conservatoire'", a estimé sur Twitter la présidente du RN, Marine Le Pen, qui va faire appel de cette décision.

Comme l'appel n'est pas suspensif, "dès lundi, le RN ne pourra plus mettre en œuvre aucune activité politique" et il sera "mort à la fin du mois d'août", selon la présidente du parti, qui donnera une conférence de presse à ce sujet lundi matin.

Pour le parti d'extrême droite, il s'agit d'un "coup de force sans aucune base légale (qui) fait encourir au RN la cessation de paiement", selon un communiqué. D'autant que le parti n'arrive pas à obtenir de prêts des banques, rappelle-t-il.

Dans une lettre ouverte aux adhérents, Marinee Le Pen appelle ses militants à se "lever" contre "une dictature qui veut tuer le premier parti d'opposition".

Dix personnes ou entités sont mises en examen à ce jour dans l'affaire des assistants présumés fictifs d'eurodéputés. Le FN en tant que personne morale et neuf assistants ou eurodéputés, dont Marine Le Pen, le député des Pyrénées-orientales Louis Aliot, et l'eurodéputé Bruno Gollnisch sont poursuivis.

Les juges d'instruction enquêtent sur un possible "système" organisé par le parti, devenu début juin Rassemblement national, et Marine Le Pen pour faire rémunérer des permanents avec les fonds européens réservés à l'embauche d'assistants parlementaires.

Avec AFP

Première publication : 08/07/2018

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