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Carles Puigdemont ou la promesse non tenue de l'indépendance catalane

BARCELONE (AFP) - 

Parti en exil en octobre sans avoir accompli son rêve d'indépendance de la Catalogne, l'ex-président catalan Carles Puigdemont pourrait voir son aventure se terminer en prison après le feu vert jeudi de la justice allemande à son extradition en Espagne.

Un tribunal allemand a autorisé jeudi la remise à Madrid de M. Puigdemont pour malversations mais a en revanche rejeté le motif de rébellion, passible de 25 ans de prison. Ce que le leader indépendantiste veut voir comme une victoire. "Nous avons vaincu le principal mensonge soutenu par l'Etat (...) Nous nous battrons jusqu'au bout et gagnerons !", a-t-il tweeté depuis Berlin où il reste libre.

Encore méconnu il y a deux ans y compris dans sa région, cet ancien journaliste de 55 ans a vu sa vie prendre un tournant décisif en janvier 2016 lorsqu'il a été porté à la présidence de la Catalogne, en promettant de la mener aux portes de l'indépendance.

Moins de deux ans plus tard, il a organisé le 1er octobre 2017 un référendum d'autodétermination illégal, marqué par des violences policières dont les images ont fait le tour du monde avant de mener un bras de fer avec Madrid jusqu'à l'adoption par le parlement catalan de la vaine déclaration d'indépendance du 27 octobre.

Il aura cependant douté de la stratégie à suivre pendant au moins une nuit, celle du 25-26 octobre 2017: résolu à convoquer lui-même des élections régionales plutôt que de proclamer unilatéralement l'indépendance, il a changé d'avis le lendemain, sous la pression des accusations de "traîtrise".

Destitué par Madrid, le dirigeant, à l'épais casque de cheveux bruns ayant inspiré nombre de caricatures entre Harry Potter et playmobil, s'est enfui quelques jours plus tard en secret vers la Belgique avec quelques uns de ses "ministres", laissant abasourdis les cadres de son parti.

Dès lors, M. Puigdemont, arrêté fin mars par surprise en Allemagne au retour d'un déplacement en Finlande, n'a cessé de se présenter comme le président de la "République catalane" en "exil", résolu à internationaliser le "conflit politique".

- Indépendantiste depuis toujours -

Né à la fin 1962 dans le petit village d'Amer, où sa famille a une pâtisserie, M. Puigdemont, qui a sept frères et soeurs, est dès sa jeunesse un indépendantiste convaincu, ce qui était alors rare en Catalogne.

"Nous sommes une famille indépendantiste de pure souche, nous avons l'amour de notre pays chevillé au corps", indique sa soeur Anna.

"En Catalogne, beaucoup de gens sont devenus indépendantistes par réaction allergique aux politiques de Madrid. Mais pas lui", explique son ami, l'écrivain Antoni Puigverd.

Seulement titulaire d'un baccalauréat, mais féru de philologie et d'histoire catalanes, il a longtemps travaillé pour un journal nationaliste avant de fonder une agence de presse régionale et un journal en anglais sur la Catalogne.

"Il a toujours associé son militantisme politique au journalisme", souligne aussi le journaliste de la radio Ser Ramon Iglesias, originaire de Gérone.

Député au parlement catalan à partir de 2006, Carles Puigdemont a été maire de Gérone de 2011 à 2016.

Marié à une journaliste d'origine roumaine, père de deux petites filles, il parle français, anglais et roumain.

Donné pour mort politiquement après son départ - "c'est un cadavre politique", a dit de lui un responsable du Parti Populaire (droite) - Carles Puigdemont a mené depuis la Belgique la campagne de son parti aux élections de décembre dernier, remportées par les indépendantistes.

Mais après avoir tenté en vain d'être réinvesti comme président, il a été contraint, face au blocage judiciaire, de désigner son successeur Quim Torra, encore plus radical que lui et que beaucoup voient comme la "marionnette" d'un Carles Puigdemont déterminé à continuer à tirer les ficelles de la politique catalane.

© 2018 AFP