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Deux élues républicaines peuvent compromettre le choix de Trump pour la Cour suprême

© GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives | La sénatrice républicaine Susan Collins défend le droit à l'avortement, qui pourrait être menacé avec la confirmation d'un juge conservateur à la Cour suprême. Photo d'illustration. A Washington, le 9 mai 2018

WASHINGTON (AFP) - 

L'issue de la bataille pour confirmer au Sénat le juge conservateur nommé par Donald Trump à la Cour suprême dépend beaucoup de deux sénatrices républicaines de tendance frondeuse, qui défendent le droit à l'avortement.

Lisa Murkowski, de l'Etat de l'Alaska, et Susan Collins, de l'Etat du Maine, se sont déjà par le passé opposées au président américain.

La droite américaine redoute qu'elles recommencent et fassent dérailler le processus de confirmation du magistrat Brett Kavanaugh.

Lundi dernier, M. Trump a nommé à vie ce juge de 53 ans à la plus haute juridiction américaine. Grâce à lui cette institution comptera, peut-être le temps d'une génération, cinq membres conservateurs et quatre progressistes.

Mais il faut d'abord pour cela que M. Kavanaugh soit confirmé à cette éminente fonction par un vote du Sénat, composé de 100 membres.

Les républicains y comptent actuellement 51 sièges, les démocrates 49, mais le rapport de force est en fait de 50 contre 49, en raison de l'absence du sénateur républicain John McCain, atteint d'un cancer.

Un seul sénateur républicain votant contre le juge Kavanaugh pourrait faire basculer la majorité de camp.

- Courte majorité -

Et, si les deux sénatrices votent "non", les républicains devront impérativement retourner au moins deux sénateurs parmi les 49 démocrates.

Selon les associations progressistes, l'arrivée de M. Kavanaugh à la haute cour se traduira par de terribles reculs pour les droits des femmes et les acquis sociaux. Avec lui, assurent-elles, le droit à l'avortement est en danger.

Soumises chacune à une pression énorme, Mmes Murkowski et Collins se sont gardées d'indiquer comment elles se prononceraient.

Toutes deux avaient contribué à torpiller la tentative de Donald Trump d'abroger la loi Obamacare sur la couverture maladie universelle. Elles ont également âprement combattu les efforts de l'exécutif pour couper les financements à Planned Parenthood, la grande organisation américaine de planning familial.

La sénatrice Collins a fait l'éloge des "références impressionnantes" de Brett Kavanaugh, qui depuis une décennie est un pilier conservateur de la cour d'appel fédérale de Washington.

Mais en même temps, l'élue républicaine a affirmé qu'elle s'opposerait à tout candidat hostile au droit à l'avortement.

Ce point crucial risque pourtant d'être absent des débats qui vont jalonner le processus de confirmation de Brett Kavanaugh.

Le juge va rencontrer en entretiens individuels le plus de sénateurs possible. Puis il va être cuisiné lors d'une audition publique devant la commission des affaires judiciaires du Sénat.

Susan Collins a prévenu qu'elle ne soumettrait pas le magistrat à un "test idéologique sur ses opinions personnelles", mais qu'elle tenterait de "mieux saisir sa philosophie judiciaire".

On peut s'attendre à que le magistrat refuse de livrer ses convictions privées, en se réfugiant derrière des promesses générales de déférence à la Constitution.

C'est l'attitude qu'avait suivie Neil Gorsuch, un premier juge conservateur que M. Trump avait nommé début 2017 à la Cour suprême.

M. Kavanaugh, un catholique pratiquant, ne s'est pas exprimé publiquement sur la question de l'avortement, même si les organisations conservatrices qui l'ont sélectionné n'ont retenu que des magistrats qui y étaient opposés.

Récemment, il a cependant exprimé son désaccord avec une décision permettant à une adolescente entrée clandestinement aux Etats-Unis de se faire avorter.

- Millions de dollars engagés -

Depuis qu'elle est au Sénat, Mme Collins a soutenu les trois juges nommés par des présidents républicains.

"Il est probable qu'elle continue à le faire", estime l'universitaire Amy Fried, professeure de sciences politiques dans l'Etat du Maine, celui de l'élue.

Mme Murkowski, pour sa part, a suggéré que M. Kavanaugh était davantage acceptable que d'autres finalistes de la liste restreinte de M. Trump.

Mais la sénatrice a promis de passer au peigne fin les plus de 300 arrêts rendus par le magistrat, ainsi que ses décisions alors qu'il était conseiller juridique du président George W.Bush.

En attendant, les organisations progressistes ont lancé une vaste campagne dans les médias du Maine et de l'Alaska, afin que les électeurs poussent les deux élues à refuser M. Kavanaugh.

Côté démocrate, des pressions similaires s'exercent sur trois sénateurs dont la réélection, dans des terres plutôt républicaines, pourrait être compromise s'ils ne soutenaient pas le choix de Donald Trump.

Joe Donnelly (Indiana), Heidi Heitkamp (Dakota du Nord) et Joe Manchin (Virginie occidentale) avaient voté pour le juge Gorsuch l'an dernier.

Les trois sénateurs sont dans une "situation difficile", souligne la professeure Fried. "Il leur faut éviter d'irriter leur base électorale".

© 2018 AFP