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Les fonctionnaires de Guinée-Bissau manifestent pour une hausse du salaire minimum

© Capture d'écran France 24 | Les fonctionnaires ont marché dans la capitale Bissau pour exiger du gouvernement une hausse du salaire minimum, le 11 juillet 2018.

Vidéo par Nicolas GERMAIN

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 12/07/2018

Les fonctionnaires de Guinée-Bissau ont marché mercredi dans la capitale Bissau pour exiger du gouvernement une hausse du salaire minimum et de meilleures conditions de vie. C'est le cinquième mouvement de protestation depuis un mois et demi.

Une manifestation de fonctionnaires exigeant une hausse du salaire minimum a eu lieu mercredi 11 juillet en Guinée-Bissau, réunissant environ un millier de personnes à l'appel de l'UNTG, la centrale syndicale la plus représentative dans la fonction publique (8 000 membres sur quelque 13 000 fonctionnaires dans le pays).

Les manifestants, sur deux kilomètres, sont partis de la périphérie de la capitale Bissau pour aboutir au centre-ville. Des slogans comme "À bas les députés payés pour ne rien faire" ont été scandés, ainsi que des pancartes agitées sur lesquelles on pouvait lire : "Nous exigeons des salaires dignes et de meilleures conditions".

"Il est inacceptable que le gouvernement augmente les salaires des ministres et députés alors que les autres serviteurs de l'État traînent des salaires de misère", a déclaré le secrétaire général de l'UNTG, Julio Antonio Mendoça.

"Nous allons continuer jusqu'à avoir gain de cause"

À la fin du mois de mai dernier, les salaires des députés ont été augmentés de 200 000 francs CFA, passant d'environ 990 à 1 295 euros, selon des sources parlementaires. Il a également été fait état d'une dotation d'un véhicule 4x4 à chacun des 102 législateurs. Une augmentation salariale des ministres n'a pas été officiellement confirmée.

Le syndicat UNTG réclame un relèvement du salaire minimum de près de 40 000 francs CFA, pour passer d'environ 29 à près de 90 euros, ainsi que de meilleures conditions de travail. "Nous allons continuer notre revendication jusqu'à avoir gain de cause", explique Julio Antonio Mendoça.

Pour obtenir satisfaction, l'UNTG a organisé depuis un mois et demi cinq mouvements de protestation, dont une grève de trois jours du 26 au 28 juin dernier.

Une "méthode pas appropriée", selon le Premier ministre

Réagissant à ce mouvement, le Premier ministre de la Guinée-Bissau, Aristides Gomes, a affirmé la semaine dernière que "les revendications des agents de l'État sont justes, mais la méthode utilisée pour les faire (satisfaire) n'est pas appropriée". Et de préciser : "Ce gouvernement n'a pas les moyens de prendre en charge leurs revendications. Il a été formé pour organiser des élections et expédier les affaires courantes".

La Guinée-Bissau a traversé des turbulences politiques depuis la destitution en août 2015 par le président José Mario Vaz de son Premier ministre, Domingos Simoes Pereira, chef du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert.

Un nouvel accord de sortie de crise a été conclu au sommet extraordinaire de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) le 14 avril dernier à Lomé – accord qui a abouti à la désignation d'un Premier ministre de consensus, chargé de conduire le pays aux élections législatives le 18 novembre prochain, et à la reprise des travaux du Parlement, qui s'est réuni le 19 avril pour la première fois en deux ans.

Avec AFP

Première publication : 12/07/2018

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