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EUROPE

Trump au Royaume-Uni : "Nous ne l’aimons pas, nous ne voulons pas de lui ici"

© Tolga Akmen, AFP | Des dizaines de milliers de manifestants convergent vers Trafalgar Square contre la venue de Donald Trump, le 13 juillet 2018.

Texte par Florence RICHARD

Dernière modification : 13/07/2018

Des dizaines de milliers de britanniques ont manifesté vendredi après-midi, à Londres, contre la venue de Donald Trump au Royaume-Uni. Du climat à l'immigration, ils dénoncent la politique du président américain.

"Donald Trump fasciste", "Femmes américaines, nous sommes avec vous", "les hommes de qualité n’ont pas peur de l’égalité", "Make america gay again", "Trump : désastre climatique"… À Londres, plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont convergé vendredi 13 juillet jusqu’à Trafalgar Square, munis de pancartes aux slogans très hétérogènes. Ils protestent contre la venue du président américain dans le cadre de sa première visite officielle au Royaume-Uni, déjà repoussée à deux reprises par crainte de manifestations hostiles.

Passant devant le 10, Downing Street, la résidence de la Première ministre britannique, des manifestants ont sifflé et crié : "Honte (à Theresa May)!", qui avait été la première dirigeante étrangère à se rendre à Washington pour rencontrer Donald Trump après son investiture, début 2017.

"Il a le droit de venir, Theresa May a le droit de l’accueillir mais nous avons aussi le droit de lui dire que nous ne l’aimons pas, que nous ne voulons pas de lui ici", explique une manifestante londonienne, au micro de France 24. Ce rassemblement londonien est le point d’orgue de ce "Carnaval de la contestation", mouvement qui fédère une cinquantaine d’associations antiracistes, féministes ou encore écologistes. Au total, une quarantaine de manifestations ont été organisées vendredi dans plusieurs villes du pays, de Newcastle à Liverpool, de York à Brighton.

>> À voir sur France 24 : "LE DÉBAT - Trump à l'Otan : le grand marchandage ?"

"Le président Trump est le président américain qui suscite le plus de passions ici, comme jamais auparavant depuis la guerre du Vietnam", explique Hervé Amoric, le correspondant de France 24 à Londres.

l'analyse de notre envoyé spécial à Londres

Plus tôt dans la matinée, un ballon dirigeable géant représentant un Donald Trump en couche-culotte a flotté plusieurs heures près du Parlement. L’autorisation de son déploiement a été accordée par le maire de la capitale, Sadiq Khan. L’élu a été une nouvelle fois la cible du président américain, qui a estimé vendredi dans les colonnes du tabloïd britannique The Sun qu’il faisait un "travail désastreux sur le terrorisme".

Le ballon dirigeable doit ensuite rejoindre l'Écosse, où le président américain, qui y possède deux golfs, passera le week-end. Une manifestation est prévue à Glasgow, avant une marche le lendemain dans les rues d'Édimbourg, capitale de la région septentrionale.

Casseroles, sifflets et mégaphones

Déjà, jeudi 12 juillet, une manifestation a rassemblé quelques centaines de personnes devant la résidence de l'ambassadeur des États-Unis, Woody Johnson, dans Regent's Park, à Londres, où le couple présidentiel américain a passé sa première nuit au Royaume-Uni. Pendant plus d'une heure de demie, les manifestants ont fait le maximum de bruit possible pour dénoncer ses politiques en matière migratoire, climatique ou d'armement, équipés de casseroles, sifflets, mégaphones ou crécelles.

Après avoir vertement critiqué la gestion du Brexit par Theresa May lors du sommet de l'Otan, affirmant notamment que le Royaume-Uni était "quelque peu dans la tourmente" après la démission des euroseptiques du gouvernement, le président américain est revenu à la charge dans l’entretien accordé au Sun. Il a affirmé que le chemin pris par la cheffe du gouvernement britannique dans les négociations "tuera probablement l'accord" de libre-échange auquel souhaite parvenir Londres avec Washington après le Brexit.

>> À voir sur France 24 : "Brexit : déjà trop tard pour bien faire ?"

"Pour bon nombre de Britanniques, cette ingérence américaine est mal vécue, on le voit dans les manifestations. Mais il ne faut pas oublier que, tout comme Trump a son électorat, il existe en Angleterre des partisans du Brexit, donc des gens qui apprécient l’approche du président américain", nuance Jeffrey Hawkins, ancien diplomate américain, interrogé par France 24.

Première publication : 13/07/2018

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