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MONDIAL-2018

Mondial-2018 : la forteresse bleue, chef d’œuvre incompris de Deschamps

Vingt ans après 1998, les Bleus rêvent d'une nouvelle étoile.
Vingt ans après 1998, les Bleus rêvent d'une nouvelle étoile. Luis Acosta, AFP

En manque de cohésion depuis des mois, l’équipe de France est devenue un groupe soudé, compact, où chacun s’attèle aux tâches défensives sans rechigner. La victoire du collectif sur l’individualité, tout simplement l'ADN parfois décrié de Deschamps.

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envoyé spécial France 24 à Moscou (Russie).

Le grand jour est enfin venu. Dans quelques heures, les Bleus de Didier Deschamps disputeront une finale de Coupe du monde, la troisième de l’histoire du football français. Un rendez-vous majeur pour la génération des Griezmann, Mbappé et autres Pogba. Il y a encore un mois, peu auraient parié sur le succès de cette équipe de France, que l’on voyait un peu trop jeune, et beaucoup trop individualiste. Didier Deschamps a transformé ces 23 en une équipe soudée, pétrie d’abnégation et de don de soi.

Des six matches disputés par les Bleus depuis le début de ce Mondial-2018, une variable ressort systématiquement : la cohésion. Derrière les images fortes qui marqueront la compétition – les multiples accélérations de Mbappé, la reprise improbable de Pavard – c’est avant tout le souvenir d’un collectif ultra-solide qui perdurera. La France de Didier Deschamps n’a encaissé que quatre buts, dont trois pour le seul France - Argentine, une opposition trop folle pour que l’on puisse en tirer de réels enseignements.

Forteresse défensive

"On est désormais une équipe très difficile à battre", affirmait Antoine Griezmann jeudi, en conférence de presse. Le numéro 7 des Bleus, élevé au grain de l’Atletico de Simeone, connaît plus que n’importe quel autre joueur les vertus d’un bloc solide. Celui de l’équipe de France, qui se délitait si souvent jusqu’à l’entame de ce mondial, est devenu presque imperméable.

Dans l’axe, Raphaël Varane s’est mué en patron, entraînant dans son sillage un Samuel Umtiti jusqu’ici bien timide sous le blason du coq. Sur les côtés, Lucas Hernandez et Benjamin Pavard ont rapidement fait taire les sceptiques en enchaînant les prestations convaincantes. Mais c’est au milieu que la révolution est la plus flagrante.

Sentinelles de l’entrejeu

"70 % de la terre est couverte d’eau, le reste l’est par N'golo Kanté". Les Anglais répètent à l’envi cet adage depuis que le natif de Paris a traversé la Manche en 2015 pour faire les beaux jours de Leicester et Chelsea. Éliminés en demi-finale du mondial par la Croatie, ils n’auront pas la possibilité de se frotter au "Rash", son surnom en Premier League. Reste que même sans les Anglais en face, Kanté fait bien du Kanté depuis le début de la Coupe du monde : il ratisse, intercepte et brise les velléités offensives adverses.

Un travail de l’ombre qui parle forcément à son partenaire du milieu de terrain Blaise Matuidi. À 31 ans, le "chewing-gum" n’a jamais aussi bien porté son surnom. En bon soldat de Deschamps, il est omniprésent dans l’entrejeu et se plie sans rechigner aux tâches défensives. Un trait de caractère qu’on lui connaît depuis de nombreux années, mais dont on ne savait pas encore qu’il était contagieux. Car la principale métamorphose de ce mondial, c’est sans conteste Paul Pogba. Le football français rêvait d’en faire l’un des patrons de cette équipe, le fantasque milieu de terrain de Manchester United a fini par endosser le costume, un bleu de chauffe qui lui va à merveille.

"Il travaille pour l'équipe, récupère des ballons, fait tourner la balle. Les commentaires et les critiques ont changé. C'est la ‘Pioche’ dont on a besoin", reconnaît Griezmann. À l’image de sa toute récente sobriété capillaire, Pogba joue plus simple. Et surtout, il a rangé au placard cette nonchalance tant décriée ces dernières années pour devenir un avant-poste fortifié devant l’arrière-garde française.

Attaque-défense

"Dans mon équipe, le gardien est le premier attaquant et l'attaquant le premier défenseur", se plaisait à dire la légende néerlandaise Johan Cruyff. Une citation qui a forcément inspiré Deschamps à l’heure des causeries d’avant match. Si l’on peut certes se questionner sur l’apport offensif d’Hugo Lloris dans le jeu des Bleus, l’impact du travail défensif des trois pointes françaises ne fait en revanche pas débat. Comme à l’Atletico Madrid, Griezmann harcèle constamment le porteur du ballon et même Mbappé, qui a généralement plus de mal à revenir qu’à partir dans son couloir, semble désormais plus enclin à traverser la ligne médiane en direction de sa défense.

Et que dire d’Olivier Giroud. Décrié pour son inefficacité offensive – et à juste titre puisqu’il n’a toujours par marqué depuis le début du tournoi malgré 13 tentatives – il ne ménage pas ses efforts. Il provoque, fixe, crée des brèches et reprend des ballons de la tête et complique systématiquement la relance adverse : un "travail de sape" qui, de l’aveu de Matuidi, spécialiste en la matière, est absolument fondamental. Et ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Deschamps en a fait un titulaire indéboulonnable sur le front de son attaque.

L’avant-poste défensif d’une forteresse presque imprenable, qui privilégie le repli au profit de la conquête. Désormais, les Bleus ne cherchent plus à tenir le ballon et amuser la galerie, ils veulent gagner. Un pragmatisme qui les aura menés, au pire, jusqu’en finale de la Coupe du monde 2018.

• Quelques déclarations complémentaires avant la finale :

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