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Nicaragua : la pression diplomatique s'accentue sur Ortega

Dimanche 16 juillet, des étudiants portent le cercueil d'un camarade tué lors d'affrontements avec les forces de l'ordre à Managua, à l'ouest du pays.
Dimanche 16 juillet, des étudiants portent le cercueil d'un camarade tué lors d'affrontements avec les forces de l'ordre à Managua, à l'ouest du pays. Inti Ocon, AFP

La communauté internationale a demandé ces derniers jours que cessent les violences au Nicaragua, après trois mois de manifestations contre le président Daniel Ortega, et dont la répression a causé la mort de centaines de personnes.

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Les pressions diplomatiques s'accentuent sur le président nicaraguayen Daniel Ortega. La communauté internationale réclame de toutes parts l'arrêt de la répression après trois mois de manifestations violemment réprimées qui ont causé la mort de centaines de personnes.

"Il est absolument essentiel que cesse immédiatement la violence et que soit relancé le dialogue national, parce que seule une solution politique est acceptable pour le Nicaragua", a déclaré lundi 16 juillet le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres.

"Une responsabilité essentielle de l'État est la protection de ses citoyens, et ce principe fondamental ne peut pas être oublié, surtout lorsque nous avons malheureusement un nombre de morts qui est absolument choquant", a-t-il dit à San José lors d'une intervention au côté du président du Costa Rica, Carlos Alvarado.

"Réactiver le dialogue national"

Depuis Bruxelles, où se tient jusqu'à mardi 17 juillet une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne (UE) et de la Communauté des États d'Amérique latine et des Caraïbes (CELAC), 13 pays d'Amérique latine ont réclamé dans une déclaration commune "la cessation immédiate des actes de violence" au Nicaragua.

Ces pays condamnent les violences qui ont causé "plus de 300 morts et des centaines de blessés" et la "répression" des autorités contre des étudiants et des civils. Ils réclament par ailleurs "le démantèlement de groupes paramilitaires".

Les 13 pays exhortent également Managua à "réactiver le dialogue national" qui "implique toutes les parties pour générer des solutions pacifiques et durables" et expriment leur soutien aux évêques nicaraguayens dans leur travail "en faveur de la recherche et de la promotion de solutions au conflit".

Le document est signé par l'Argentine, le Brésil, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, le Guatemala, le Honduras, le Mexique, le Panama, le Paraguay, le Pérou, l'Uruguay et l'Equateur.

Pression européenne

Dimanche 15 juillet, la diplomatie européenne avait condamné "les actes de violence contre les étudiants et les civils" au Nicaragua, appelant à "mettre fin à toute violence" et à "une solution pacifique et démocratique dans le pays dans le cadre du dialogue national".

Six civils et quatre policiers ont trouvé la mort dimanche dans des opérations des forces de police et paramilitaires à Masaya, une ville rebelle située à une trentaine de kilomètres de la capitale Managua, et dans ses environs.

Dans la nuit de vendredi à samedi, deux jeunes avaient été tués durant une attaque menée par les forces pro-gouvernementales contre une église de Managua, où quelque 200 étudiants s'étaient retranchés.

Il s'agit des derniers épisodes en date dans les violences qui secouent depuis trois mois ce pays, le plus pauvre d'Amérique centrale.

"Qu'ils s'en aillent"

"Qu'ils s'en aillent!", ont scandé lundi des centaines d'étudiants qui ont défilé dans les rues de la capitale, déterminés à protester "jusqu'à ce que ces criminels démissionnent".

"Même s'ils nous tuent et nous répriment, on va poursuivre cette lutte", ont-ils lancé en réclamant "justice" pour leurs camarades tués lors des affrontements avec les forces de l'ordre. Un mouvement de protestation, dont les étudiants sont le fer de lance, a été lancé le 18 avril contre le gouvernement de Daniel Ortega.

Le chef de l'État, 72 ans, à la tête du Nicaragua depuis 2007 après l'avoir déjà dirigé de 1979 à 1990, est accusé d'avoir durement réprimé les manifestations et mis en place avec son épouse Rosario Murillo, qui occupe les fonctions de vice-présidente, une "dictature" marquée par la corruption et le népotisme. Ses adversaires demandent des élections anticipées ou son départ.

Avec AFP

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