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#Metoofoot : des femmes témoignent d'agressions lors des célébrations du Mondial

Des supporters célèbrent le titre de l'équipe de France, le 15 juillet 2018 à Paris.
Des supporters célèbrent le titre de l'équipe de France, le 15 juillet 2018 à Paris. Geoffroy Van der Hasselt, AFP

Depuis la soirée de liesse après la victoire des Bleus au Mondial, les témoignages de femmes ayant été agressées lors de ces célébrations se sont multipliés sur les réseaux sociaux. Témoignages regroupés sous le hashtag #Metoofoot.

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La fête n’a pas été entièrement belle lors des célébrations Mondial-2018 remporté par les Bleus. Au soir de la finale, de nombreuses femmes ont témoigné avoir subi des violences sexuelles. Pour dénoncer ces agressions, elles n’hésitent pas à raconter ce qui leur est arrivé sur les réseaux sociaux.

Une jeune femme de 29 ans, qui vit dans la région toulousaine et souhaite rester anonyme, a rassemblé sur Twitter plusieurs de ces témoignages sur des agressions ou comportements sexistes, accompagnés du hashtag "#MetooFoot": "Les témoignages m'ont fait froid dans le dos, je voulais qu'on se rende compte de la quantité de messages".

"Sans complaisance avec les auteurs"

L’AFP a aussi recueilli des témoignages. Rose (le prénom a été modifié), 20 ans, étudiante en informatique, était venue fêter la victoire des Bleus dimanche sur les Champs-Élysées. Alors que des échauffourées éclatent, "un homme est venu derrière moi. J'ai senti des mains aux fesses, il me touchait le sexe par-dessus mon short", a-t-elle raconté.

Marion (prénom également modifié), étudiante de 24 ans, a regardé le match avec son petit ami dans un bar du quartier Pigalle. À 22h, "l'ambiance festive a changé et a commencé à devenir très oppressante". "Je me suis prise plusieurs mains aux fesses, un homme a aussi caressé mon entrejambe", relate-t-elle. "Mon copain essayait de repousser ces mecs devenus incontrôlables".

Pour l'heure, dans la capitale, deux hommes ont été placés en garde à vue, soupçonnés d'agressions sexuelles à l'occasion de la finale, a indiqué une source judiciaire. Parmi eux, un mineur a été présenté à un juge des enfants mardi.

Selon le ministère de l'Intérieur, le nombre de plaintes déposées lundi pour viols et agressions sexuelles était deux fois moindre qu'à la même date l'année dernière sur le territoire de la préfecture de police de Paris. Aucune tendance à la hausse n'a été constatée dans les grandes agglomérations, a ajouté le ministère, sans donner de chiffres.

Interrogé à ce sujet mercredi sur Europe 1, le préfet de police Michel Delpuech a insisté : "Il faut que ces faits soient portés à la connaissance des services pour que les investigations soient menées". "Nos services seront sans complaisance avec les auteurs, s'ils sont identifiés",a-t-il ajouté.

"#ArrêtonsLes", a ainsi tweeté mardi la secrétaire d'État à l'Égalité entre les hommes et les femmes, Marlène Schiappa. "Il embrasse de force une femme durant les fêtes de la #CM2018: c'est une agression sexuelle punie par la loi", a rappelé dans son message celle qui s'apprête à faire voter au Parlement son projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles.

La vague #Metoo

Pour Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes, "on est encore dans une conception de la virilité où il faut être gentille, accorder des faveurs sexuelles à l'homme gagnant et victorieux". "C'est ce qui ressort de certains tweets, avec des hommes qui disent : 'On a gagné, donne-moi mon bisou !' ".

"Les femmes ne peuvent pas faire la fête en public comme les hommes", dénonce pour sa part Raphaëlle Rémy-Leleu, porte-parole de l'association Osez le féminisme. Cette militante a aussi raconté avoir été agressée, à Châtelet, le soir de la demi-finale: "Il s'est pris mon poing dans la figure".

Mais, au vu de certaines réactions sur les réseaux sociaux, elle note que "les gens commencent à comprendre que ce n'est pas juste des emmerdes qu'on rencontre en soirée, mais bien des agressions sexuelles". "C'est le signal que la vague #Metoo qui a suivi l'affaire Weinstein ne s'épuise pas", ajoute présidente de la Fondation des femmes. "On ne laisse plus passer".

Avec AFP

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