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Nicaragua : la police a pris le contrôle du quartier rebelle de Masaya

Des manifestants anti-gouvernement à Masaya, au Nicaragua, le 21 juin 2018.
Des manifestants anti-gouvernement à Masaya, au Nicaragua, le 21 juin 2018. Marvin Recinos, AFP

La police nicaraguayenne a pris mardi le contrôle du quartier rebelle de Monimbo à Masaya, épicentre de la contestation contre le président Daniel Ortega, au terme de violents affrontements avec des manifestants.

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Au Nicaragua, la police a lancé mardi 17 juillet un assaut contre les manifestants opposés au président Daniel Ortega. Les forces de l'ordre ont pris le contrôle du quartier rebelle de Monimbo à Masaya, dans le sud du Nicaragua, après de violents affrontements.

"Aujourd'hui (mardi), c'était au tour de Monimbo, à Masaya, de retrouver des rues libres de tout blocus où les gens peuvent se déplacer librement", a déclaré le gouvernement nicaraguayen sur son site internet. "Aujourd'hui, ce quartier historique célèbre sa liberté, après avoir été kidnappé par des terroristes financés par la droite putschiste", est-il ajouté.

Après plusieurs heures de combats et un "usage excessif de la force" contre les manifestants, la police et les groupes armés irréguliers ont pris le contrôle de la ville, a par ailleurs déclaré à l'AFP Alvaro Leiva, dirigeant de l'Association nicaraguayenne des droits de l'Homme (ANPDH).

Selon les habitants, un millier d'hommes des forces anti-émeutes et de paramilitaires fortement armés sont entrés au petit matin dans Masaya, la ville la plus rebelle du pays, secouée depuis des mois par des manifestations violemment réprimées qui ont fait des centaines de morts.

Portrait du président Daniel Ortega

Les accès à la ville ont été bloqués et les journalistes empêchés de passer. Visée par les tirs, une équipe de l'AFP a été contrainte de faire demi-tour aux abords de cette ville.

Sur les vidéos et enregistrements publiés sur les réseaux sociaux, on peut entendre des tirs nourris et des cris. Des habitants et des journalistes locaux ont rapporté la présence d'hommes cagoulés équipés de fusils d'assaut Kalachnikov et M16, ainsi que de francs-tireurs.

"Il y a deux morts, une femme âgée et un policier", a déclaré à l'AFP la présidente du Centre nicaraguayen des droits de l'Homme (Cenidh), Vilma Núñez, selon laquelle 40 personnes ont été arrêtées.

“Celui qui sort sa tête, on le tue"

Cette incursion, rebaptisée par l'opposition "opération nettoyage", a ciblé le quartier indigène de Monimbo, où la population est fortement mobilisée contre le gouvernement. Des barricades allant jusqu'à deux mètres avaient été élevées dans cette ville de 100 000 habitants.

>> A lire sur France 24 : Daniel Ortega "va avoir du mal à se maintenir au pouvoir jusqu’à la fin de son mandat"

Au bruit des rafales, provenant des différentes entrées à la ville, s'est mêlé celui des cloches des églises afin d'alerter la population, selon des habitants.

"Ils sont en train de mitrailler les maisons de manière irresponsable, le message est ‘celui qui sort sa tête, on le tue’, c'est un message de terreur. Ce qui m'inquiète le plus, ce sont les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées", a déclaré le secrétaire de l'ANPDH.

Pendant ce temps, le Parlement, contrôlé par le camp au pouvoir, a adopté une loi punissant de 15 à 20 ans de prison les actes de terrorisme. Sont notamment ciblés les auteurs d'actes visant à "altérer l'ordre constitutionnel", ce qui, selon l'opposition, pourrait concerner les manifestants.

Avec AFP

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