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Moyen-Orient

Viktor Orban et Benjamin Netanyahou, un rapprochement pas si inattendu

© Karoli Arvai, AFP | Le premier ministre hongrois Viktor Orban doit rencontrer son homologue israélien Benjamin Netanyahou. en juillet 2017, à Budapest.

Texte par Ségolène ALLEMANDOU

Dernière modification : 19/07/2018

La visite de deux jours en Israël de Viktor Orban a de quoi surprendre. Mais malgré des positions passées jugées antisémites, le Premier ministre hongrois est devenu un allié de son homologue israélien Benjamin Netanyahou.

Les retrouvailles s'annoncent chaleureuses entre le Premier ministre hongrois Viktor Orban et son homologue israélien Benjamin Netanyahou. "Les relations entre le gouvernement hongrois et Jérusalem n'ont jamais été aussi intenses", écrit dans son édition du 18 juillet le quotidien Haaretz, qui s'amuse à qualifier cette rencontre de "Bromance". Le Premier ministre hongrois sera accueilli dans la soirée du jeudi 19 juillet par son homologue israélien et son épouse dans leur résidence officielle.

Depuis plusieurs mois, les deux hommes affichent une certaine proximité. Le Premier ministre israélien a été le premier à féliciter son homologue hongrois après sa réélection en avril dernier.

Porpos antisémites

Leur alliance a été scellée le jour lors de leur dernière rencontre à Budapest en juillet dernier. Benjamin Netanyahou était alors venu apaiser les craintes de la communauté juive - une des plus importantes d'Europe (100 000 personnes) - échaudée par les propos jugés antisémites de leur Premier ministre depuis son arrivée au pouvoir en 2010.

Ce dernier, soucieux de se rapprocher de la droite radicale, avait qualifié d'"homme d'État exceptionnel" Miklos Horthy, le régent de la Hongrie, allié des nazis durant la Seconde Guerre mondiale, alors que quelque 600 000 juifs hongrois sont morts durant la Shoah. Il avait ensuite lancé une campagne d’affichage qui prenait pour cible George Soros, dans laquelle il accusait le milliardaire américain d'origine juive hongroise d’inonder le pays de réfugiés.

Lors d'une conférence de presse aux côtés de Viktor Orban, Benjamin Netanyahou avait pris soin de clore ce dossier. Il avait affirmé que "la Hongrie est en première ligne des États qui luttent contre l'antisionisme", tout en soulignant le soutien de George Soros à des ONG hostiles au gouvernement israélien.

Aucune rencontre avec un dirigeant palestinien

Les deux Premiers ministres préfèrent ainsi se concentrer sur les sujets qui les rapprochent, tels que l'immigration. La Hongrie, qui a adopté la loi "Stop-Soros" qui pénalise les ONG aidant les migrants, a dressé ses clôtures anti-migrants - équipées de systèmes de surveillance israéliens - en s'inspirant du mur de séparation israélien en Cisjordanie et à la frontière égyptienne.

Dans cette alliance, chacun semble trouver son compte. "Netanyahou et Orbán sont tous deux à la tête de nations relativement petites, chacune comptant quelque 9 millions de citoyens, décrypte l'éditorialiste Anshel Pfeffer dans Haaretz. Malgré tout, chaque dirigeant a su imposer son leadership : Netanyahou comme l'homme d'État qui a l'oreille de Donald Trump et de Vladimir Poutine; Orbán en tant que figure de proue des autres politiciens nationalistes et populistes qui perturbent les politiques de l'Union européenne à Bruxelles. Netanyahou et Orbán, vétérans de trois décennies de politique, étaient les deux annonciateurs de l'ère Trump".

Ainsi, la Hongrie n'a pas respecté la politique officielle de l'Union européenne - qui défend la solution des deux États au Proche-Orient et ne reconnaît pas Jérusalem comme la capitale d'Israël. Aucune rencontre avec un dirigeant palestinien n'est programmée.

Se rapprocher de Visegrad Four

En courtisant Viktor Orban, Benjamin Netanyahou entend se rapprocher des autres membres du Visegrád Four (dont les autres membres sont la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie), dont les positions nationalistes irritent les autres pays de l'Union Européenne.

En échange, Benjamin Netanyahou multiplie les efforts pour que Victor Orban sorte de l'isolement, selon le Times of Israël. Mais aucun déplacement n'est pour l'heure prévu à Wahington.

Première publication : 19/07/2018

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