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FRANCE

Affaire Benalla : légalité, sécurité… quand les présidents de la Ve prennent des libertés

© Franck Fife, AFP (archives) | Les anciens présidents François Hollande et Nicolas Sarkozy, photographiés en 2017.

Texte par Marc DAOU

Dernière modification : 25/07/2018

Avant l’affaire Benalla, plusieurs présidents de la Ve République, faisant fi de la légalité et de l’État de droit, ont été pointés du doigt dans des affaires en lien avec leur sécurité ou leur vie privée.

La part d’ombre de la République. L’affaire Benalla, premier scandale à éclabousser le quinquennat du président Emmanuel Macron, révèle jour après jour des dysfonctionnements criants au sommet de l’exécutif. Qualifiée d’affaire d’État par l’opposition, elle fait déjà l’objet de trois enquêtes – de la police des polices, de la justice et d’une commission d’enquête parlementaire. Cette affaire "feuilletonnante", qui fait couler beaucoup d’encre en plein cœur de l’été, n’a pourtant pas fait sortir le chef de l’État de son silence, voire de son mutisme.

Emmanuel Macron, ne s’est toujours pas expliqué sur les manquements de son ancien "Monsieur Sécurité", ni sur les questions que posent les nombreux avantages qui lui étaient accordés. Avant luicependant, plusieurs présidents de la Ve République, du général de Gaulle à François Hollande, en passant par Georges Pompidou, François Mitterrand, Jacques Chirac ou encore Nicolas Sarkozy ont été pointés du doigt pour des affaires de ce type. Certains pour avoir franchi la ligne rouge de la légalité, d’autres pour avoir pris des libertés avec leur sécurité. France 24 revient sur ces affaires, qui restent inégales de par leur ampleur, leur retentissement et leurs conséquences.

  • Le SAC de De Gaulle

Le SAC, c'est le Service d'Action Civique. Cette association de type loi de 1901, "ayant pour but de défendre et de faire connaître la pensée et l'action du général de Gaulle", enregistrée à la Préfecture de police en janvier 1960, est souvent décrite comme une police parallèle au service du père de la Ve République. "À la fois légale et occulte (…), elle laisse traîner derrière elle un parfum de scandale", écrit l’historien François Audigier dans son livre "Histoire du S.A.C., la part d’ombre du gaullisme" (Éditions Stock, 2003).

Service d’ordre musclé, missions sécuritaires anti-communiste, renseignements contre les opposants du Général, barbouzeries, opérations spéciales secrètes et extrajudiciaires… À la tête de cette organisation on retrouve Jacques Foccart, le mystérieux et très puissant "Monsieur Françafrique" du général de Gaulle. L’un de ses dirigeants fût Charles Pasqua, l'ancien ministre français de l'Intérieur. Selon plusieurs sources, à la fin des années 1960, le SAC comptait environ 3 000 hommes.Il faut attendre l’été 1981 et l’implication de certains de ses membres dans la tuerie d’Auriol, une affaire de règlement de compte interne au SAC, pour que cette officine soit démantelée par François Mitterrand.

  • Pompidou et l’affaire des "plombiers" du Canard enchaîné

"Une farce". C’est ainsi que qualifiera le président Georges Pompidou l’affaire des "plombiers" du Canard enchaîné, du nom d’une opération de la DST (Direction de la surveillance du territoire) destinée, en 1973, à mettre sur écoute les locaux du journal satirique, afin de l’espionner et d'identifier ses sources à l’origine d’informations sensibles. Une opération découverte fortuitement par un journaliste de l’hebdomadaire, André Escaro, tombé nez à nez avec de faux-plombiers en train d’installer des micros dans les futurs locaux du Canard enchaîné, rue Saint-Honoré à Paris. Une affaire d’État qui sera étouffée, puis définitivement enterrée par la justice en 1980.

  • Le cabinet noir de Mitterrand

Élu à la présidence en 1981, François Mitterrand installe un an plus tard un cabinet noir à l’Élysée. Le but ? Protéger sa vie privée : le chef de l’État entretenait alors une liaison avec Anne Pingeot, avec qui il aura une fille, Mazarine Pingeot. Les deux femmes étaient logées discrètement dans une dépendance de l’Élysée, quai Branly, là où Alexandre Benalla avait son appartement de fonction.

Le président François Mitterrand félicitant Christian Prouteau, chef de la cellule antiterroriste de l’Élysée, après lui avoir remis la Légion d'honneur, le 18 février 1993. © Vincent Amalvy, AFP

Ce cabinet noir, qui a également servi à étouffer certaines affaires sensibles pour le pouvoir, avait, sans s’encombrer de la légalité, placé sous écoute des journalistes, des acteurs, des écrivains et des personnalités politiques opposées (ou non) au président. Dans la liste des "écoutés" par la cellule antiterroriste, figuraient notamment l'écrivain polémiste Jean-Edern Hallier [suspecté de savoir pour la double-vie du Président], l'actrice Carole Bouquet [alors mariée à Jean-Pierre Rassam, producteur de cinéma, que la cellule dit avoir écouté pour ses relations avec le président algérien de l'époque], le journaliste Edwy Plenel [en plein affaire "Rainbow Warrior"]. Au total, près de 3 000 conversations ont été écoutées et archivées par l'officine secrète du président, composée de gendarmes. Le scandale, qui éclate en 1993, se soldera, en 2008, par la condamnation définitive en cassation de Christian Prouteau, le chef de la cellule antiterroriste de l’Élysée sous Mitterrand, et de six autres prévenus pour "atteinte à la vie privée".

  • Chirac et les affaires

Les deux mandats présidentiels de Jacques Chirac sont émaillés par les rebondissements des affaires du financement occulte du RPR et celle des emplois fictifs de la mairie de Paris, que celui-ci a dirigée de 1977 à 1995. Le juge Eric Halphen, chargé d’enquêter sur plusieurs affaires politico-financières, et qui avait convoqué le président de la République en 2001, a évoqué à plusieurs reprises des campagnes de calomnie dont il a fait l'objet, campagnes fabriquées selon lui par des "officines" de l'Élysée. De son côté, le Parti socialiste a dénoncé à plusieurs reprises des manipulations et des contre-feux médiatiques commandités par un "cabinet noir" dirigé par Yves Bertrand, ex-patron des Renseignements généraux. Le nom de ce dernier réapparaît en 2006, à côté de celui de Dominique de Villepin (alors Premier ministre), lorsqu'éclate l'affaire Clearstream, destinée à nuire à Nicolas Sarkozy.

  • Sarkozy et les fadettes

En septembre 2010, Le Monde révélait que le procureur de la République de Nanterre avait obtenu les factures téléphoniques de deux de ses journalistes, en charge d’enquêter sur l'affaire Bettencourt, dans laquelle était mis en cause Nicolas Sarkozy. L'affaire des "fadettes" éclate.

Quelques mois plus tard, Le Canard enchaîné affirme que le président de la République supervisait "personnellement" l'espionnage de certains journalistes chargés de la couverture d'affaires nuisibles pour le pouvoir. L'hebdomadaire s’appuie sur des sources anonymes au sein de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), pour révéler l’existence "d’un groupe [composé de] plusieurs anciens policiers des renseignements généraux", chargé de les surveiller.

L'Élysée contre-attaque en balayant des allégations "totalement farfelues". Mis en cause, Claude Guéant, alors secrétaire général de la présidence, nie en bloc et dépose une plainte fin 2010. Avant de la retirer au cours de l’année 2011.

  • Hollande et la taupe de l’Élysée

En pleine campagne présidentielle, le candidat de la droite, François Fillon, avait accusé à plusieurs reprises le "cabinet noir" de l’Élysée, alors occupé par le président François Hollande, d’être à l’origine des nombreuses affaires ayant plombé sa candidature à la magistrature suprême. Sans suite. Avant le candidat malheureux, Nicolas Sarkozy et sa garde rapprochée, cernés par les affaires, avaient également pointé un doigt accusateur vers l’Élysée pour expliquer les déboires judiciaires de leur camp [le président était alors suspecté d'organiser les fuites ou de laisser délibérément fuiter toute information compromettant son prédécesseur].

L'affaire qui avait ébranlé le quinquennat Hollande et révélé de profondes failles dans la sécurité au sein même de l’Élysée, jusqu’à poser la question de la loyauté de ses employés, concerne directement la vie privée du président. Elle avait éclaté en novembre 2014, après la publication de photos volées du couple formé par François Hollande et l’actrice Julie Gayet dans l’enceinte même de l’Élysée, sur la terrasse des appartements présidentiels. Sans surprise la question de la sécurité du président avait émergé : qui était l’auteur de ces photos, et depuis quel endroit ?

L’enquête qui devait démasquer la taupe (la présidence avait été jusqu’à soupçonner d’anciens employé restés loyaux à l’ex-président Nicolas Sarkozy) avait démontré que les images avaient été prises de l’intérieur du palais présidentiel. Leur auteur n’a jamais été formellement identifié. Quelques jours après leur publication, plusieurs membres du personnel de l’Élysée, affectés au "service privé" du chef de l’État, avaient été mutés.

Un autre scandale, également d’ordre privé, avait posé le même ordre de questions, quelques mois auparavant. Alors que le président est pourtant censé être protégé par 63 policiers et gendarmes du GSPR (Groupe de sécurité de la présidence de la République), on découvre alors à travers la publication de photos que celui-ci "s'échappe" du cadre pour rejoindre une femme. Les photos publiées par l'hebdomadaire people Closer, prises par un paparazzi qui planquait dans un appartement en face de celui qui abritait les rendez-vous avec Julie Gayet a donné des sueurs froides aux spécialistes de la sécurité : Et si à la place de l’objectif de l’appareil photo se trouvait une lunette de visée d’un sniper ? Et si un tireur, un déséquilibré ou un terroriste, se trouvait à portée du Président alors sur un scooter, à la place du photographe auteur d’autres clichés à l’origine du scandale ?

Première publication : 22/07/2018

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