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Affaire Benalla : le préfet de police de Paris dénonce des "copinages malsains"

Le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, aux côtés de Yaël Braun-Pivet, présidente de la commission des lois de l'Assemblée nationale, le 23 juillet.
Le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, aux côtés de Yaël Braun-Pivet, présidente de la commission des lois de l'Assemblée nationale, le 23 juillet. AFP

Placé en première ligne dans l'affaire Benalla par Gérard Collomb lors de son audition devant la commission des lois, le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, a affirmé lundi avoir pensé que l'affaire était "traitée" par l'Élysée.

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"L'affaire Alexandre Benalla est la conséquence de dérives individuelles inacceptables, sur fond de copinages malsains". Le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, n'a pas mâché ses mots, lundi 23 juillet, devant la commission des lois de l'Assemblée nationale pour réfuter toute responsabilité dans ce dossier. Ce dernier est auditionné dans la foulée du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, qui a cherché à se dédouaner de toute responsabilité dans cette affaire, en affirmant que le préfet de police de Paris et le cabinet de l'Élysée étaient en charge d'agir. Le directeur de cabinet Patrick Strzoda sera également auditionné mardi.

À noter que la commission des lois du Sénat auditionnera, à son tour, Gérard Collomb jeudi 26 juillet à 8h30 dans le cadre de sa mission d'information sur l'affaire Benalla. Seront également auditionnés le secrétaire général de l'Élysée Alexis Kohler, le directeur de cabinet de l'Élysée Patrick Strzoda et le secrétaire d'État Christophe Castaner, en tant que délégué général de La République en marche.

"Michel Delpuech semble dire qu'Alexandre Benalla était protégé"
  • Comment le préfet de police de Paris a appris l'existence de l'affaire Benalla ?

Pour sa défense, Michel Delpuech a affirmé avoir appris l’existence de la vidéo, dans laquelle Alexandre Benalla a été filmé en train de frapper des manifestants, par la présidence de la République, le 2 mai dans la matinée. Il a alors contacté le ministère de l'Intérieur, qui lui a répondu être "déjà en liaison" avec l’Élysée. Dès lors, "il était établi pour moi que le sujet Benalla était traité par l'autorité hiérarchique dont il dépendait". Alexandre Benalla a en effet été convoqué par le directeur de cabinet du Président pour une mise à pied de quinze jours.

"Monsieur Benalla était un interlocuteur connu", a ajouté le préfet de police de Paris devant la commission. Chargé de mission à l'Élysée, Alexandre Benalla jouait un grand rôle dans la sécurité entourant le chef de l'État et était régulièrement en contact avec des responsables policiers.

  • A-t-il été informé de la mission d'Alexandre Benalla le 1er mai ?

Dans une allocution précise et détaillée, Michel Delpuech a indiqué avoir mené des "investigations internes" dès le 2 mai pour savoir comment "Monsieur Benalla s'était retrouvé place de la Contrescarpe sans en avoir été informé". "Le directeur de l'ordre public et de la circulation (DOPC) [Alain Gidelin, NDLR] qui m'a assuré ne pas avoir été mis au courant, m'a dit que c'était le contrôleur général-chef d'État-major adjoint qui avait, sans en rendre compte à son directeur, organisé l'accueil de Monsieur Benalla", a-t-il expliqué, avant de marteler : "Je n'ai jamais été sollicité par qui que ce soit en ce sens".

Auditionné lundi dans la soirée par la même commission, Alain Gidelin a ajouté qu'Alexandre Benalla n'avait "aucune autorisation" pour participer à la manifestation en tant qu'"observateur".

Une déclaration qui vient contredire la version du porte-parole de l'Élysée Bruno Roger-Petit qui, jeudi, avait affirmé que M. Benalla bénéficiait d'une autorisation en tant qu'"observateur" et celle d'Alexandre Benalla lui-même, qui a fait savoir lundi par ses avocats qu'il avait "été invité" par la Préfecture de police de Paris.

Alain Gibelin a expliqué que cette invitation avait été accordée, sans en référer à sa hiérarchie, par l'un des trois cadres de la police soupçonnés d'avoir transmis à Alexandre Benalla des images de vidéosurveillance tournées au moment des faits et mis en examen dimanche pour "violation du secret professionnel" et "détournement d'images issues d'un système de vidéoprotection".

>> À lire sur France 24 : "Affaire Benalla : Emmanuel Macron condamne des 'faits inacceptables'"

Dimanche, une information judiciaire a été ouverte. Alexandre Benalla a été mis en examen notamment pour "violences en réunion","immixtion dans l'exercice d'une fonction publique", "port public, et sans droit, d'insignes réglementés", ainsi que "recel de détournement d'images issues d'un système de vidéo-protection". Vincent Crase, gendarme réserviste, et employé du parti présidentiel LREM, qui l’accompagnait au moment des faits, a également été mis en examen pour "violences en réunion", "immixtion dans l'exercice d'une fonction publique", ainsi que pour "port prohibé d'une arme de catégorie B". Trois policiers de la préfecture de police de Paris ont également été mis en examen pour avoir délivré des images de vidéo-surveillance à Alexandre Benalla.

Le chef de l'État a demandé au secrétaire général de l'Élysée, Alexis Kohler, de "mener la réorganisation pour éviter qu'un tel dysfonctionnement se reproduise".

Retouvez l'intégralité de l'audition de Michel Delpuech par la commission des lois de l'Assemblée nationale :

Benalla Delpuech

Avec AFP

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