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Le directeur de cabinet de l'Élysée a décidé "seul" de la sanction infligée à Benalla

Patrick Stzroda, le directeur de cabinet du président Emmanuel Macron, devant la comission des lois de l'Assemblée nationale mardi.
Patrick Stzroda, le directeur de cabinet du président Emmanuel Macron, devant la comission des lois de l'Assemblée nationale mardi. Thomas Samson, AFP

Lors de son audition par l'Assemblée nationale mardi, le directeur de cabinet du président a défendu la manière dont l'Élysée a sanctionné Alexandre Benalla après les incidents lors des manifestations du 1er-Mai.

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L'audition de Patrick Strzoda, mardi 24 juillet devant la commission des lois de l'Assemblée nationale, a permis d'en savoir un peu plus sur son rôle dans l'affaire Benalla sans pour autant apporter de grandes révélations. Dans un premier temps, le directeur de cabinet du président de la République a reconnu être au courant de la présence d'Alexandre Benalla aux côtés des CRS lors de la manifestation du 1er-Mai, place de la Contrescarpe à Paris.

"Il m'avait informé qu'il était invité par la préfecture de police en qualité d'observateur, a-t-il déclaré. Il m'en a informé quelques jours avant et je lui ai demandé qui l'invitait. Il m'a indiqué que l'invitation avait été faite par M. Simonin. J'ai considéré que l'invitation émanait d'un haut gradé de la DOPC, je le connais, il a une réputation de professionnel. Et donc, j'en ai déduit que la hiérarchie était au courant."

- Qui a sanctionné Alexandre Benalla ?

Le directeur de cabinet de l'Élysée a reconnu également être à l'origine des sanctions à son encontre. "La sanction a été prise par mes soins : suspension de 15 jours sans traitement et une modification des missions de M. Benalla équivalant à une rétrogradation, puis déchargé à l'organisation des déplacements officiels du président de la République, a-t-il poursuivi. Elle a fait l'objet d'un courrier que je lui ai notifié le 3 mai, qui précise qu'en cas de nouveau comportement fautif, il sera licencié. Elle est entrée en application le 4 mai. Il a été licencié le 22 mai."

- Pourquoi ne pas avoir eu recours à l'article 40 du Code de procédure pénale et saisi la justice ?

"Il y avait ce contexte de violences commises par 1 200 black blocs", a-t-il expliqué, rappelant les 276 interpellations effectuées le 1er mai. "Ensuite, j'ai regardé la vidéo qu'on m'avait présentée le 2 mai au matin, elle montrait des scènes d’affrontements et une interpellation effectuée par M. Benalla qui n'avait rien à faire là. Cette interpellation n'a pas donné lieu à un dépôt de plainte ou à une ITT. J'ai considéré à mon niveau que je n'avais pas assez d'éléments pour recourir à l'article 40, d'autant plus que cette scène avait été analysée par des spécialistes de l'IGPN. Donc, le 2 mai, avec le souci de prendre une sanction immédiate, j'ai pris cette sanction de suspension et de rétrogradation avec une lettre d'avertissement valant notification de licenciement en cas de nouveau comportement fautif."

L'article dont il est question stipule que "toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l'exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit est tenu d'en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs".

- Qui a recruté Alexandre Benalla ?

"M. Benalla a été recruté dès le début du mandat du président de la République. C'est moi qui a signé son contrat. Il a été recruté car il faisait partie de l'équipe de campagne, il avait des fonctions d'organisateur que tout le monde reconnaissait, il a été affecté à la chefferie du chef de cabinet."

- Quelles fonctions occupe Alexandre Benalla ?

La présidente de la commission des lois, Yaël Braun-Pivet, s'est étonnée qu'Alexandre Benalla exhibait une carte de visite où il se déclarait chef de cabinet adjoint. "Il y a un chef de cabinet adjoint et ce n'est pas lui. Quelles étaient ses fonctions officielles ?", a-t-elle demandé. "Il faut être très précis", précise Patrick Strzoda, qui explique : "Le chef de cabinet a auprès de lui des personnes qui l'assistent dans ses missions. Il y a un chef-adjoint de cabinet qui fait l'objet d'une nomination au Journal Officiel (Rodrigue Fursi, sous-préfet). Les autres personnes sont des adjoints au chef de cabinet et dont la nomination ne fait pas l'objet d'une publication au JO".

Par la suite, Patrick Strzoda est venu clarifier le rôle d'Alexandre Benalla au sein du cabinet de la présidence de la République. "Ce n'est pas lui dirige les services de sécurité." En revanche, "dans sa fonction, il peut être amené à donner des orientations". Il était également en charge de l'organisation du programme d'accueil des personnes et personnalités invitées pour le 14-Juillet. Il avait en charge l'organisation des déplacements non officiels du président de la République

- Quelle est la rémunération d'Alexandre Benalla ?

"J'ai entendu dire qu'il avait une rémunération de 10 000 euros. c'est faux ! Il a un traitement de chargé de mission à la présidence de la République. J'ai entendu dire qu'il devait s'installer dans un duplex de 200 m2. C'est faux ! J'ai entendu dire qu'il serait nommé sous-préfet. C'est faux !", a-t-il lancé avant d'ajouter : "Je ne pourrai pas répondre à cette question car on touche au cœur de l'organisation.
Ses informations sont connues de la Cour des comptes. Ces informations sont à votre disposition".

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