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Economie

Le capital-risque, nouveau terrain de jeu des célébrités

© © AFP | De gauche à droite : Jay-Z, Jessica Alba et Will Smith.

Texte par Hermann BOKO

Dernière modification : 24/07/2018

Aux États-Unis comme en Europe, de plus en plus de stars, du football ou du showbiz, lancent leur propre fonds d’investissement pour diversifier leurs sources de revenus, mais surtout pour booster de jeunes pousses du numérique.

Le capital-risque n’est plus l’apanage ni des financiers, ni d’anciens entrepreneurs ayant fait fortune. Le financement des jeunes entreprises innovantes attire de plus en plus aussi les sportifs encore en activité ou des stars du showbiz désireux de fructifier leurs revenus déjà énormes. Et c’est naturellement aux États-Unis que l'appétence pour cette forme d’investissement prend de l’ampleur.

Après Jay-Z, le rappeur et homme d’affaires américain aux investissements multiples qui a lancé en juin Marcy Venture Partners, un fonds d’investissement en partenariat avec Larry Marcus – PDG de Walden VC, un fonds de la Silicon Valley –, c’est autour de Will Smith de lancer le sien.

Associé au footballeur japonais Keisuke Honda, passé par l’AC Milan et retraité international depuis la fin du Mondial-2018 en Russie, l’acteur et réalisateur hollywoodien a annoncé mercredi 18 juillet le démarrage des activités de The Dreamers Fund, basé à Los Angeles. Le fonds espère lever 100 millions de dollars auprès d’investisseurs comme le géant japonais du courtage Nomura Holdings, pour les investir dans des start-ups qui s’attaquent à des problèmes sociaux.

"Je voudrais améliorer la vie des gens aux États-Unis, au Japon et dans le monde grâce au Dreamers Fund", a déclaré le footballeur cité dans un communiqué émis par la société KSK, qui gère ses affaires.

Investir dans l’innovation

Ce nouvel intérêt pour le capital-risque des célébrités du sport ou de la musique ne devrait pas étonner, estime auprès de France 24 Guillaume Meulle, manager partner chez XAnge, un fonds français qui investit dans l’innovation. "Aux États-Unis, les entrepreneurs à succès montent leur propre société de capital-risque assez fréquemment. Et en fait, je pense qu’il faut voir ces sportifs et ces artistes à succès comme des entrepreneurs. Parce qu’au-delà de leur domaine de prédilection, ils travaillent aussi sur leur image. Ils sont devenus par la force des choses des businessmen."

Avant Jay-Z et Will Smith, le basketteur Kobe Bryant, star incontestée des Lakers de Los Angeles, s’était déjà lancé dans le capital-risque deux ans plus tôt en créant, avec l’investisseur Jeff Stibel, le fonds Bryant Stibel doté aussi d’un capital de départ de 100 millions de dollars pour financer des start-ups.

L’investissement des stars dans l’innovation n’est pas nouveau. Jessica Alba, l’actrice américaine avait déjà lancé en 2011 The Honest company, une start-up spécialisée dans les produits de beauté naturels. Will.i.am, grosse voix du groupe Black Eyed Peas, avait lui aussi monté en 2012 l’entreprise i.am+, qui a mis au point un assistant vocal destiné aux grandes entreprises. La start-up a levé, il y a un an, 117 millions de dollars pour accélérer ses activités. Mais cela restait des investissements personnels et non collectifs.

"Le fait de monter son propre fonds au lieu de privilégier un investissement personnel, c’est justement cette capacité à agréger son propre argent et celui de connaissances ou d’amis. Et donc d’avoir une force de frappe bien supérieure en s’entourant aussi de professionnels", explique Guillaume Meulle. Il rappelle aussi que c’est une tradition aux États-Unis "que les entrepreneurs à succès ou les sportifs redistribuent leur fortune en investissant dans de petites sociétés. Parce qu’avant de réussir, ils sont partis de là."

Des univers créatifs

Une culture peu développée en Europe. Même si on peut citer quelques investissements personnels, comme celui du défenseur central espagnol du FC Barcelone Gérard Piqué dans Kerad Game, qui conçoit et distribue des jeux en ligne. Il est aussi par ailleurs à la tête du groupe Kosmos qui va investir trois milliards d’euros pour réformer la Coupe Davis.

Il y a aussi le footballeur français de 34 ans, Mathieu Flamini, ancien d’Arsenal, qui a misé sur une start-up italienne à très fort potentiel du nom de GF Biochemicals. L’entreprise est l’une des rares au monde à maîtriser la production à grande échelle d’acide lévulinique. Une molécule fabriquée à partir de déchets végétaux qui pourrait remplacer le pétrole. Elle est classée par le département américain parmi les 12 pouvant contribuer à sauver la planète.

Cependant, les célébrités du cinéma, du showbiz ou du sport sont-elles bien formées pour réussir dans le capital-risque comme cela a été le cas dans leurs domaines de prédilection ? "Investir dans les start-ups, c’est un métier qui est très peu financier", affirme Guillaume Meulle. Et de poursuivre : "C’est surtout un métier d’évaluation des hommes. Il faut investir dans des bons entrepreneurs. Il faut bien les connaître et bien les évaluer. Puis ensuite, il faut avoir une certaine connaissance d’un marché, d’un produit. Tous ces grands sportifs ou artistes ont été confrontés à un marché. Ils ont été eux-mêmes, quelque part, des produits. Et donc, ils ont développé des compétences qui vont bien au-delà de la compétence artistique ou sportive".

Jean de La Rochebrochard, manager partner chez Kima Ventures, un fonds financé par Xavier Niel, ajoute dans la même veine : “Le capital-risque bien fait, c'est savoir ce que nous cherchons avec conviction dans une zone étendue d'incertitudes et d'aléas. Il faut être discipliné, consistant, et être en apprentissage permanent pour progresser. Je ne vois pas pourquoi une "star" ne pourrait pas faire du capital-risque. Mais je pense cependant qu'il faut s'y consacrer pour faire ça bien. Les stars s'intéressent probablement au sujet parce que les start-ups et l'art sont deux univers créatifs’’.

Première publication : 24/07/2018

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