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Au Kenya, la future ligne de train à grande vitesse s’apprête à balafrer le parc national de Nairobi

Une girafe photographiée dans le parc national, le 11 juillet 2017.
Une girafe photographiée dans le parc national, le 11 juillet 2017. Joosep Martinson/Getty

Alors que la réserve d'animaux sauvages souffre déjà de sa trop grande proximité avec la capitale kényane, la construction d'une ligne de train à grande vitesse la menace plus qu'elle ne l'a jamais été.

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Déjà en 2015, la sonnette d’alarme avait été tirée. Le parc national de Nairobi, au Kenya – seule réserve naturelle au monde qui abrite des animaux sauvages en plein cœur d’une capitale – suffoquait sous les vapeurs de pollution de la ville et les quantités de déchets repoussées par le vent depuis les habitations et autres quartiers touristiques de l’agglomération. Mais aujourd’hui, une menace plus importance encore pèse sur le parc, déjà bien mal en point : la construction, au beau milieu de la savane protégée, du premier réseau ferroviaire à grande vitesse du Kenya.

VOIR AUSSI : Une girafe blanche et son petit ont été aperçus dans une réserve au Kenya

L’émergence d’une telle infrastructure de pointe devrait pourtant être une nouvelle réjouissante pour le pays. Mais le fait que la future ligne mette incontestablement en péril de nombreux animaux sauvages, déjà largement raréfiés dans la région, vient gâcher la fête pour nombre de ses citoyens.

Si la voie ferroviaire a été pensée pour permettre aux animaux circuler librement, rien ne pourra limiter la forte nuisance sonore

Créé en 1946 par les colons britanniques, le parc national de Nairobi est le plus ancien du Kenya. Chaque année, il accueille 120 000 visiteurs par an, pour la plupart des touristes. Ces derniers peuvent y admirer, jumelles vissées sur le nez, quatre des fameux "Big Five", autrement dit les cinq mammifères vedettes de la savane africaine. En effet, l’éléphant y manque à l’appel, faute de zones boisées. 

Et si la voie ferroviaire a été pensée pour permettre aux animaux de circuler librement, grâce à un système de surélévation, les environnementalistes estiment que la précaution est loin d’être suffisante : rien ne pourra limiter la forte nuisance sonore d’un tel aménagement. "On veut ce train à grande vitesse, je veux monter dans ce train à grande vitesse. C’est une très bonne chose. Mais l’État doit faire les choses proprement. Il doit respecter la loi", regrette Jim Karani, employé chez Wildlife Direct, une ONG kényane axée sur la protection de la faune sauvage, interrogé par la BBC

Pour l’association, le gouvernement n’a en effet pas respecté la loi selon laquelle l’impact d’une telle infrastructure sur l’environnement doit être étudié avant le démarrage de travaux. Une accusation dont se défend le pouvoir, arguant parallèlement que la position stratégique du Kenya sur la scène commerciale régionale est une cause aussi majeure que la protection de sa nature. "On ne peut pas se dire qu’on ne va pas se développer parce qu’on ne peut toucher au parc", rétorque Atanas Maina, de Kenya Railways, toujours au micro de la BBC. 

Selon le plan établi, la voie ferrée devrait relier, sur près de 500 kilomètres, le port de Mombasa à Nairobi. En défigurant au passage donc, le célèbre parc naturel.

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