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Découvertes

Manque d’eau, blessures : dans les entrepôts d’Amazon du Royaume-Uni, le Prime Day aurait suscité une vague de plaintes des employés

© Bess Adler/Bloomberg/Getty | Dans un entrepôt Amazon du New Jersey, le 9 juillet dernier.

Texte par Marine BENOIT

Dernière modification : 24/07/2018

Un site compilant les plaintes d'employés d'entreprises britanniques affirme avoir reçu quantité de témoignages au cours du Prime Day d'Amazon : les employés de la firme y dénonçaient les conditions de travail en cette période de fièvre acheteuse.

Amazon est donc bien décidée à entretenir sa réputation d’entreprise qui traite d’une bien piètre manière ses employés. Au cours des 36 heures qu’aura duré le Prime Day – jour de soldes réservés aux abonnés du monde entier de la plateforme de e-commerce – de nombreuses plaintes de salariés britanniques ont été transmises à la direction de la firme de Seattle, affirme dans un article le site du magazine Wired.

VOIR AUSSI : Amazon va créer plus de 1 500 emplois en France

Durant cette intense période d’activité dans les entrepôts d’Amazon, entre le 16 et le 18 juillet dernier, un grand nombre de membres du personnel aurait fait état de crampes d’estomac, d’entorses, de blessures musculo-squelettiques – résultats d’un surmenage –, mais aussi d’un manque d’accès à l’eau, de collations de mauvaise qualité et de temps de pause trop courts. "En temps normal, nous recevons jusqu’à onze plaintes par jour environ" a rapporté à Wired Usman Mohammed, responsable de la plateforme de pétition en ligne Organise, qui compile les plaintes de salariés de tout un tas d’entreprises implantées au Royaume-Uni. "Durant les heures du Prime Day, nous avons vu les choses s’amplifier."

"Les ouvriers évitent de boire de l’eau pour ne pas avoir à aller aux toilettes"

L’article cite également une employée d’un entrepôt des Midlands : "Nous devons enfreindre des règles sécuritaires et sanitaires pour atteindre nos objectifs. Presque tous les ouvriers ont des problèmes de dos. Jusqu’à 15-16 heures, il fait très chaud [dans l’entrepôt], mais ils évitent de boire de l’eau pour ne pas avoir besoin d’aller aux toilettes", explique-t-elle. "Il est difficile de proposer notre aide à nos collègues lorsqu’ils déballent une palette, car la plupart d’entre eux font semblant de ne pas nous entendre pour ne pas être entravés dans l’atteinte de leurs objectifs", poursuit un autre employé dans un mail adressé à Organise.

Pour Amazon, "encore moins de plaintes" que les années passées

Amazon, par la voix d’un porte-parole, a assuré que "ces allégations étaient inexactes". L’entreprise affirme avoir créé pour l’événement plus de 5 000 emplois au Royaume-Uni, "afin de répondre à la demande croissante des clients à cette période". "À notre connaissance, Organise ne vérifie pas que ses interlocuteurs travaillent réellement pour l’entreprise par laquelle ils prétendent être employés", a poursuivi la firme. Précisant qu’elle disposait des preuves nécessaires pour invalider ces témoignages, Amazon a même garanti que "le nombre de plaintes avait diminué au cours de ce Prime Day", comparé aux années précédentes.

Les plaintes recueillies par la plateforme Organise auraient été transmises aux instances de contrôle sanitaire d’Amazon, qui ont annoncé l’ouverture d’enquêtes. Si au Royaume-Uni, les employés de la firme bénéficient d’une assurance médicale ou encore d’une assurance vie, ce n’est pas le cas des recrues ponctuelles, appelées temporairement en renfort.

Pour rappel, le 16 juillet dernier, jour du Prime Day, un syndicat allemand avait annoncé des actions de blocage au niveau européen chez Amazon afin de dénoncer la pénibilité des conditions de travail dans l’entreprise. Le même jour, en Espagne, les salariés du plus grand centre logistique d’Amazon avaient également entamé une nouvelle grève de trois jours pour réclamer une hausse de salaire.

Quelque chose à ajouter ? Dites-le en commentaire.

Première publication : 24/07/2018