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États-Unis : près de mille familles "non éligibles" aux retrouvailles avec leur enfant

La séparation d'enfants de migrants et de leurs familles dans le cadre de la politique "tolérance zéro" de Trump a provoqué un tollé aux États-Unis.
La séparation d'enfants de migrants et de leurs familles dans le cadre de la politique "tolérance zéro" de Trump a provoqué un tollé aux États-Unis. Don Emmert, AFP

Les retrouvailles de près d'un millier de familles séparées après être entrées illégalement aux États-Unis ne pourront se tenir avant l'échéance légale de jeudi, leur dossier n'étant pas considéré comme "éligible" par les autorités américaines.

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L'happy end n'aura pas lieu pour tout le monde. Ce jeudi 26 juillet à 18 heures (heure de la côte est des États-Unis) expirera le délai légal accordé à l'administration Trump pour réunir les enfants de migrants clandestins et leurs familles. Selon des documents déposés lundi auprès d'un tribunal, quelque 917 dossiers restent "inéligibles" à ces retrouvailles pour divers motifs.

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Sur ce total, 463 dossiers concerneraient des personnes qui ont déjà été expulsées du territoire national sans leurs enfants. Les autorités américaines considèrent également comme "inéligibles" les cas pour lesquels elles n'ont pas été en mesure de confirmer les liens familiaux, ceux où les parents ont des antécédents criminels (64 cas) ou une maladie contagieuse, ou encore ceux ou les géniteurs ont renoncé aux retrouvailles (130 cas).

Un revers de la "tolérance zéro" de Trump

Au nom de la politique de tolérance zéro de Donald Trump, l'administration américaine a séparé entre mai et juin entre 2 300 et 3 000 enfants de leurs parents entrés clandestinement aux États-Unis. Les images dans les médias de bambins arrachés des bras de leurs mères par les douanes américaines ont fait scandale et obligé Donald Trump à faire marche arrière en suspendant cette mesure très contestée par un décret du 20 juin.

L'ACLU ("American Civil Liberties Union", Union américaine pour les libertés civiles), une ONG de défense des droits humains, n'a pas souhaité en rester là et a porté plainte. Six jours plus tard, le juge fédéral de San Diego, Dana Sabraw, donnait 30 jours à son gouvernement pour réunir ces familles avec leurs enfants âgés de plus de 5 ans et un peu moins pour les enfants de moins de 5 ans. Un délai que les autorités ne semblent pas aujourd'hui pas en mesure de tenir.

Mille douze parents réunis avec leurs enfants : "remarquable", selon le juge

Les avocats de l'administration américaine ont expliqué mardi au juge fédéral Dana Sabraw, qui siège à San Diego (Californie), que 1 012 parents se trouvaient désormais avec leur progéniture. Et qu'au total plus de 1 600 familles "éligibles" devraient avoir été réunies d'ici l'expiration du délai accordé.

Mais "les 917 autres cas, y compris les 463 qui pourraient être hors des États-Unis, ne seront pas réunis avant l'échéance", a relevé auprès de l'AFP, Adam Isacson, de l'ONG Washington Office on Latin America (WOLA). "Il appartiendra au juge Sabraw de décider si c'est acceptable".

Lors de l'audience de mardi, le juge Sabraw a estimé que "c'était une prouesse remarquable" de la part du gouvernement américain. Cependant, le juge fédéral est plus mesuré concernant le groupe des 917 non-éligibles, relate CNN.

"Certaines de ces informations sont dérangeantes", a déclaré Dana Sabraw. "C'est la réalité de cette affaire, c'est la réalité de cette politique qui a séparé un grand nombre de familles sans réfléchir à leur réunification et au  suivi des personnes. Ce sont ces conséquences que nous constatons. Il y en a peut-être 463, il y en a peut-être plus. Rien n'est certain mais il semblerait qu'il y a un grand nombre de parents qui n'ont pas été retrouvés ou qui ont été expulsés sans leur enfant."

Le juge exige une plus grande transparence

"Le manque de transparence de l'administration Trump s'apparente de plus en plus à de l'obstruction", a estimé Lee Gelernt, avocat de la puissante organisation de défense des droits civiques ACLU, dans un communiqué.

"Et nous ne devrions pas ignorer le fait que l'administration affirme qu'elle va respecter le délai uniquement parce qu'elle ne tient pas compte des parents expulsés ou non localisés", a-t-il poursuivi, critiquant également "la décision unilatérale et sans vérification de qui est éligible ou non à des retrouvailles".

Le juge Sabraw a semble-t-il entendu les exigences de l'ACLU. Mardi 24 juillet, il a ordonné au gouvernement de commencer à transmettre une liste des parents en attente à l'ACLU, même si elle devait être incomplète.

Avec AFP

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