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Une cour égyptienne condamne à mort 75 islamistes

Le photojournaliste égyptien Mahmoud Abouzied lors de son procès au Caire, le 28 juillet 2018.
Le photojournaliste égyptien Mahmoud Abouzied lors de son procès au Caire, le 28 juillet 2018. Khaled Desouki, AFP

La justice égyptienne a condamné à mort samedi 75 islamistes, dont des cadres du parti de l'ancien président Mohamed Morsi, accusés d'"appartenance à un groupe terroriste". Le mufti d'Égypte doit à présent donner son avis consultatif.

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Une cour du Caire a prononcé samedi 28 juillet la peine de mort contre 75 islamistes, dont des dirigeants des Frères musulmans, le plus grand nombre de condamnations à la peine capitale dans une seule affaire en Égypte.

Les juges ont, comme la législation l'exige, demandé l'avis consultatif du grand mufti d'Égypte sur ces peines, prononcées dans une affaire liée à une manifestation violente en 2013. Après l'avis du mufti, les condamnés pourront faire appel.

"Les prévenus étaient jugés pour plusieurs faits, mais le principal est 'appartenance à un groupe terroriste', ce qui en Égypte est passible de la peine de mort", explique Éric de Lavarène, correspondant de France 24 au Caire. De hauts dirigeants des Frères musulmans et du parti Justice et liberté de l'ancien président Mohamed Morsi figurent parmi les personnes condamnées, dont Mohammed al-Beltaji, Issam al-Aryane et Safwat Hijazi.

Les 75 islamistes, dont le dossier est aux mains du mufti, ont été arrêtés en 2013, "après la sanglante répression des forces de sécurité contre le sit-un des Frères musulmans au Caire, où ils manifestaient depuis plusieurs semaines contre la destitution de Mohamed Morsi", poursuit Éric de Lavarène. Le 14 août 2013, policiers et soldats avaient tué par balles plus de 700 manifestants pro-Morsi en faisant évacuer deux places du centre de la capitale.

Procès de masse expéditifs

La cour a décidé de prononcer les jugements contre le reste des accusés dans cette l'affaire – où 713 personnes sont jugées au total – après que le mufti aura rendu son avis, le 8 septembre prochain.

Le photojournaliste Mahmoud Abou Zeid, connu sous son pseudonyme Shawkan, figure parmi les accusés mais le tribunal a repoussé le prononcé de sa sentence. Il avait été interpellé le jour de la sanglante dispersion sur la place Rabaa al-Adawiya alors qu'il couvrait les évènements. Des ONG militent depuis pour sa libération.

>> À lire : "Emprisonnement du photojournaliste Shawkan : le 'silence complice' de la France face à l'Égypte"

Les organisations internationales de défense des droits de l'Homme accusent son régime d'être ultra-répressif et d'instrumentaliser la justice pour étouffer toute opposition. Des centaines d'islamistes, y compris Mohamed Morsi, ont ainsi été condamnés à mort dans des procès de masse expéditifs dénoncés par l'ONU.

Avec AFP

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