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Mali : les électeurs aux urnes pour une présidentielle marquée par les questions de sécurité

Des femmes dans un bureau de vote de Bamako, le 29 juillet 2018.
Des femmes dans un bureau de vote de Bamako, le 29 juillet 2018. Issouf Sanogo, AFP

Les Maliens ont voté dimanche pour élire un nouveau président lors d'un scrutin dont l'enjeu numéro un est la sécurité. Le président sortant, Ibrahim Boubacar Keïta, et le chef de l'opposition, Soumaïla Cissé, sont donnés favoris.

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Les Maliens ont voté, dimanche 29 juillet, pour un scrutin présidentiel déterminant pour le pays, toujours confronté à la menace jihadiste malgré cinq ans d'interventions militaires internationales.

Les quelque 23 000 bureaux de vote ont commencé à fermer et à entamer le dépouillement à partir de 18 h GMT (20 h à Paris), ont constaté des journalistes de l'AFP. Les premiers résultats sont attendus dans les 48 heures, les résultats officiels provisoires d'ici le 3 août, avant un éventuel second tour le 12 août.

Plus de huit millions d'habitants de ce vaste pays enclavé d'Afrique de l'Ouest, comptant une vingtaine d'ethnies, étaient appelés aux urnes pour reconduire le président Ibrahim Boubacar Keïta, 73 ans, ou élire un de ses 23 concurrents, dont le chef de l'opposition, Soumaïla Cissé, et une seule femme, Djeneba N'Diaye.

Le président sortant a voté à Bamako, et le chef de l'opposition à Niafounké, dans la région de Tombouctou (nord-ouest).

La sécurité, enjeu majeur du scrutin

La communauté internationale, présente militairement avec la force française Barkhane, qui a pris le relais de l'opération Serval lancée en 2013 contre les jihadistes, et avec les Casques bleus de l'ONU, attend du vainqueur une relance de l'accord de paix signé en 2015 par le camp gouvernemental et l'ex-rébellion à dominante touareg, dont l'application accumule les retards.

Malgré cet accord, les violences jihadistes ont non seulement persisté, mais se sont propagées du nord vers le centre et le sud du pays, puis au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires.

>> À lire : L'inquiétante situation du centre du Mali

Malgré la mobilisation de plus de 30 000 membres des forces de sécurité, nationales et étrangères, selon le ministère de la Sécurité intérieure, une série d'attaques visant le matériel et les agents électoraux ont été signalées dans le nord et le centre du pays.

À Fatoma, dans la région de Mopti (centre), les agents électoraux ont subi des violences, ce qui a empêché la tenue du vote, selon un groupe d'observateurs maliens et le gouverneur. Plus à l'est, dans la commune rurale de Gandamia, onze bureaux de vote ont été saccagés, les agents électoraux agressés et le matériel détruit, selon les mêmes sources.

Des tirs de roquettes ont visé le camp de la mission de l'ONU (Minusma) à Aguelhok (nord-est), sans atteindre leur cible ni faire de victime, selon une source de sécurité au sein de la Minusma.

"Ces élections sont la poursuite d'un mirage"

L'opposition, qui dénonçait un risque de fraude, a fini par s'entendre samedi avec le gouvernement pour participer au scrutin, malgré ses réserves sur le fichier électoral.

Vendredi, les jihadistes se sont invités dans le débat par la voix du chef de la principale alliance jihadiste du Sahel, liée à Al-Qaïda, le Touareg malien Iyad Ag Ghaly, dirigeant d'un des groupes islamistes qui s'étaient emparés de tout le nord du Mali en 2012. "Ces élections ne sont rien d'autre que la poursuite d'un mirage et nos peuples n'en récolteront que des illusions", a déclaré dans une vidéo le chef du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans.

Le taux de participation est traditionnellement bas, sensiblement inférieur à 50 %, au premier tour de l'élection présidentielle dans ce pays connu pour son rayonnement culturel, mais où moins d'un tiers des plus de 15 ans sont alphabétisés.

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