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Afrique

Présidentielle au Mali : le duel Keïta - Cissé, un air de déjà-vu

© Issouf Sanogo, AFP | Le président sortant Ibrahim Boubacar Keïta (à g.) et l'opposant Soumaïla Cissé (à d.) s'apprêtent à voter, le 29 juillet 2018.

Texte par Aude MAZOUÉ

Dernière modification : 03/08/2018

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta, arrivé en tête au premier tour de la présidentielle du 29 juillet, retrouvera au second tour son principal opposant, Soumaïla Cissé, comme en 2013. Un air de déjà-vu qui suscite controverse et déceptions.

Bis repetita. Comme en 2013, le président malien Ibrahim Boubacar Keïta, dit "IBK", affrontera son principal opposant, Soumaïla Cissé. Seule différence notable : le score affiché par le président arrivé largement en tête du premier tour de la présidentielle au Mali le 29 juillet – avec 41,42 % – l’oblige tout de même à disputer un second round.

"Tous foutus"

Au quartier général du président sortant, on affiche des mines triomphales. "Grâce à vous, je suis en tête", s'est lui-même félicité IBK sur le compte Twitter de sa campagne. "Ceci est une preuve évidente de votre confiance accordée", a-t-il ajouté.

"Je m'attendais plutôt à un seul tour, les électeurs en ont décidé autrement", a déclaré pour sa part Mamadou Wague, militant d'un parti de la majorité, prédisant une victoire encore "plus emblématique qu'en 2013" de son candidat, qui l'avait alors emporté avec plus de 77 % des voix.

Mais dans les rangs de l’opposition, l’ambiance est morose et les commentaires amers. L’emblématique chanteur Salif Keïta, fervent soutien de Cissé, n’a pas caché son inquiétude. "Si cette même gouvernance reste, nous sommes tous foutus."

"Des irrégularités"

À peine passé le premier tour, les accusations de tricheries fusent. "Pour la première fois dans l'histoire de la démocratie malienne, un président en exercice est contraint à un 2e tour", souligne sur Twitter Soumaïla Cissé, crédité de 17,8 %, estimant que le projet de le faire réélire au premier tour avait échoué "malgré la fraude".

Les esprits s'échauffent. "Nous ne voulons pas discréditer l'ensemble du processus, mais il faut un minimum de crédibilité", a expliqué à l'AFP le directeur de campagne de Soumaïla Cissé, Tiébilé Dramé, a mis en cause l'impartialité de la Cour constitutionnelle, qui sera chargée d'arbitrer les probables contestations. Les résultats que l'opposition récusera sont ceux "entachés d'irrégularités", ceux "formés par des trafics de procuration" ou reflétant des "scores soviétiques" dus à des bourrages d'urnes, a-t-il précisé, citant notamment le cas d'un "village de 150 habitants où 3 000 personnes ont voté" pour le président sortant.

"17 %, c'est pas vrai, c'est pas vrai", répète Abdoulaye Askofare, un militant de l'URD, abasourdi par les résultats. "Tous les partis de l'opposition doivent rejeter ces résultats", renchérit le supporter malheureux.

Une perspective de changement ?

De son côté, la Mission d’observation électorale de l’Union européenne se montre plus mesurée. "Bien que des incidents sécuritaires aient affecté le déroulement du scrutin dans une partie des bureaux de vote des régions centre et nord, le vote s'est déroulé dans le calme dans le reste du pays. Les procédures ont été globalement respectées, malgré des difficultés dans l'établissement des procès-verbaux."

Le déroulement du scrutin "montre quand même qu'un processus électoral peut se tenir dans un pays très fortement troublé", a indiqué à l'AFP Aurélien Tobie, chercheur à l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri). "Ces élections sont importantes parce qu'elles redonnent une certaine légitimité aux gouvernants, mais est-ce que, sur le fond, ça va changer quelque chose, là c'est une autre question, et je pense que la plupart des Maliens répondront par la négative", avait-il néanmoins ajouté.

>> À lire : L'inquiétante situation du centre du Mali

La communauté internationale, présente militairement avec la force française Barkhane, attend du vainqueur une relance de l'accord de paix signé en 2015 par le camp gouvernemental et l'ex-rébellion à dominante touareg, dont l'application accumule les retards.

La suite au second tour. Il se tiendra dimanche 12 août.

Première publication : 03/08/2018

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