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L'Union européenne défie Trump après le retour des sanctions contre l'Iran

© Roslan Rahman, AFP | La cheffe de la diplomatie de l'UE Federica Mogherini, le 3 août 2018 à Singapour.

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 08/08/2018

Après une première salve de sanctions réimposées par les États-Unis à l'Iran, l'UE fait tout pour protéger les entreprises européennes présentes dans la République islamique, notamment en appliquant depuis mardi loi dite de "blocage".

Face à Washington, qui a unilatéralement rétabli, mardi 7 août, des sanctions économiques contre l’Iran, l’Union européenne essaye de sauver ses intérêts.

La cheffe de la diplomatie de l'UE, Federica Mogherini, a ainsi affirmé, que "l'Union encourageait la hausse des échanges commerciaux avec l'Iran". Et de souligner : "L'Union européenne fait tout son possible pour maintenir l'Iran dans l'accord [sur le nucléaire de 2015] et faire profiter le peuple iranien de ses avantages économiques".

>> À voir : Ces entreprises françaises en première ligne

Une loi dite de "de blocage" est ainsi entrée en vigueur le même jour pour protéger les entreprises européennes présentes dans le pays. Elle avait été adoptée par Bruxelles en 1996 pour contourner les sanctions américaines contre Cuba, la Libye et l'Iran, mais n'avait jamais été appliquée. Sa mise à jour a été approuvée par les ministres des Affaires étrangères de l'UE le 16 juillet. Elle interdit aux entreprises européennes de se conformer aux effets extraterritoriaux des sanctions américaines, sous peine de pénalités fixées par chaque État membre.

Ce règlement ouvre également le droit aux entreprises d'être indemnisées de tout dommage découlant de ces sanctions par la personne morale ou physique qui en est à l'origine, les États-Unis en l'occurrence. Enfin, la loi annule les effets dans l'UE de toute décision de justice étrangère fondée sur ces sanctions. En somme, aucune entreprise européenne ne pourra être poursuivie dans l'UE pour avoir dérogé aux sanctions américaines.

L'analyse de notre chroniqueuse internationale

" La fragilité de l’Europe"

"Je ne suis pas en mesure de dire si nos efforts vont suffire, mais nous faisons tout ce que nous pouvons pour éviter que l'accord sur le nucléaire avec l'Iran ne meurt, car les conséquences seraient catastrophiques pour tous", avait averti Federica Mogherini le 16 juillet. En s’opposant aux sanctions américaines, les Européens entendent surtout montrer à Téhéran leur attachement à l’accord sur le nucléaire.

Pour Armelle Charrier, chroniqueuse internationale à France 24, la loi de blocage, est surtout "symbolique".  "Ces sanctions américaines montrent la fragilité de l’Europe", résume-t-elle. "L’Europe a une capacité à vouloir penser politiquement différemment. Elle pense qu’il faut tendre la main aux Iraniens et voir comment faire avancer ce régime. Les Américains sont dans une autre position. Ils veulent faire sombrer ce régime".

Résultat : malgré cette tentative de vouloir protéger les entreprises européennes implantées en Iran, leur avenir s'annonce "négatif", comme l’estime Jean-François Seznec, professeur de relations internationales à la John Hopkins University. "Les États-Unis vont mettre ces sanctions en place avec énormément de vigueur. Ils veulent vraiment en finir avec le problème iranien, que l’Iran arrête d’envoyer de l’argent et du soutien au Yémen, en Syrie ou au Hezbollah au Liban", a-t-il expliqué sur l'antenne de France 24. "Tant qu’il n’y a pas d’accords là-dessus, les États-Unis vont serrer la vis contre l’Iran et les compagnies européennes qui veulent travailler en Iran".

Les explications de Jean-François Seznec, professeur de relations internationales à la John Hopkins University.

La première vague de sanctions américaines qui vient de prendre effet comprend des blocages sur les transactions financières et les importations de matières premières, ainsi que des mesures pénalisantes sur les achats dans le secteur automobile et l'aviation commerciale. Elle sera suivie en novembre d'autres mesures affectant le secteur pétrolier et gazier ainsi que la Banque centrale.

Avec AFP

Première publication : 08/08/2018

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