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En Tunisie, une importante manifestation contre un projet de loi sur les libertés et l'égalité

Des milliers de protestants manifestent à Tunis le 11 août 2018 contre des réformes prévues sur l'égalité hommes-femmes et l'homosexualité.
Des milliers de protestants manifestent à Tunis le 11 août 2018 contre des réformes prévues sur l'égalité hommes-femmes et l'homosexualité. Fethi Belaid, AFP

Alors que de nouvelles réformes pourraient bientôt entrer en vigueur en Tunisie concernant l'égalité hommes-femmes au moment de l'héritage, ou encore l'homosexualité, des milliers de personnes s'y sont déclarées hostiles dans les rues de Tunis.

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Des milliers de personnes ont manifesté samedi à Tunis contre l'égalité entre hommes et femmesau moment de l'héritage, contre la dépénalisation de l'homosexualité et contre d'autres réformes sociétales proposées par une commission présidentielle.

"Avec notre sang, nous défendrons l'islam", ont scandé les manifestants (hommes et femmes), dont certains ont brandi le Coran. Ils ont manifesté à l'appel de la "Coordination nationale pour défendre le Coran et la Constitution", un collectif réunissant universitaires, dignitaires religieux et personnalités pro-islamistes. Son président est l'ancien ministre des Affaires religieuses, Noureddine Khadmi.

En juin, la Commission pour les libertés individuelles et l'égalité (Colibe) en Tunisie, formée il y a un an par le président Béji Caïd Essebsi, a proposé une série de réformes pour traduire dans les lois l'égalité inscrite dans la Constitution depuis 2014.

>> À voir sur France 24 : "Migrants bloqués au large de la Tunisie : 'Ils sont à bout de force' "

Elle suggère principalement que le patrimoine familial soit par défaut partagé de façon égale entre héritiers hommes et femmes, alors que la loi actuelle, qui s'appuie sur le Coran, prévoit qu'en règle générale, un homme hérite le double d'une femme du même degré de parenté.

"Ils veulent changer des piliers de l'Islam"

La Commission a également proposé de dépénaliser l'homosexualité, abolir la peine de mort et nombre d'autres réformes sociétales saluées par les défenseurs des droits de l'Homme.

"Ils veulent changer des piliers de l'islam", a protesté Mokhtar Abderrahmane, 60 ans. L'égalité dans l'héritage, "c'est une ligne rouge tracée par le Coran, qu'il ne faut pas franchir", a affirmé à l’AFP Sabiha Chelbi, 56 ans, venue manifester avec sa fille, Emna.

Cette manifestation intervient alors que le président Béji Caid Essebsi, très attaché aux nouvelles réformes, prononcera lundi 13 août un discours sur le sujet, à l'occasion de la journée nationale du droit des femmes. À son issue, une manifestation en faveur de l'égalité et des libertés individuelles sera organisée.

Avec AFP

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