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Afrique

Présidentielle au Mali : huit millions d'électeurs appelés aux urnes

© Issouf Sanogo, AFP | Un électeur malien glissant son bulletin dans l'urne, à Bamako, le 12 août.

Vidéo par Christelle PIRE

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 12/08/2018

Le Mali retourne aux urnes pour le second tour de la présidentielle avec un chef de l'État sortant, Ibrahim Boubacar Keïta, en position de force face à un candidat de l'opposition, Soumaïla Cissé, qui n'a pas su unifier le camp de l'alternance.

Plus de huit millions d'électeurs sont appelés aux urnes, dimanche 12 août, pour élire le président du Mali lors d'un second tour placé sous haute sécurité, mais qui ne déclenche pas les passions ; la victoire étant pour beaucoup déjà promise au chef de l'État sortant, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), qui a obtenu plus de 41 % des voix au premier tour. Son adversaire Soumaïla Cissé en a récolté 17,8 %.

La tension est toutefois montée samedi soir. Quelques heures avant l'ouverture des bureaux de vote, le camp de Soumaïla Cissé a affirmé qu'une fraude était en préparation. "Cela fait trois jours qu'on apprend que des bulletins de vote circulent dans le pays", a déclaré à l'AFP le chef de la campagne de Soumaïla Cissé, Tiébilé Dramé, en marge d’une conférence de presse qui s'est tenue après minuit au QG du candidat, en présence de deux observateurs de l'Union européenne. "Ces bulletins devraient être sous scellés et ouverts seulement en présence des assesseurs, des délégués et des mandataires des candidats. Si des bulletins circulent à Bamako avant le jour J, il y a motif à se poser des questions sur la crédibilité du vote", a-t-il ajouté.

Les 23 000 bureaux de vote sont ouverts de 8h à 18h (heure locale) dans cet immense pays du Sahel, toujours confronté à la menace jihadiste malgré cinq ans d'interventions militaires internationales. Les résultats sont attendus dans quatre ou cinq jours.

>> À lire sur France 24 : "Présidentielle au Mali : duel Keïta-Cissé, un bilan contre une promesse de changement"

Le vainqueur, qui entrera en fonction début septembre, aura la lourde tâche de relancer l'accord de paix conclu en 2015 par le gouvernement et l'ex-rébellion à dominante touareg, dont l'application accumule les retards. L'accord avait été signé après l'intervention de l'armée française qui, en 2013, avait repris le contrôle du nord du Mali, où les jihadistes avaient instauré la charia pendant un an.

Lors du premier tour, le 29 juillet, 871 bureaux (plus de 3 %) étaient restés fermés en raison de violences, empêchant près de 250 000 Maliens de voter, surtout dans le Centre et le Nord.

Sécurité renforcée

Cette fois, quelque 36 000 militaires maliens, soit 6 000 de plus qu'il y a quinze jours, seront mobilisés afin de "renforcer" la démocratie et "crédibiliser le processus à travers une participation massive de la population", selon Cheick Oumar Coulibaly, un conseiller du Premier ministre Soumeylou Boubeye Maïga.

Le chef du gouvernement s'est lui-même rendu samedi à Mopti, dans le centre du pays, pour vérifier si "tout est en place" dans cette région en proie à des violences ethniques attisées par des groupes jihadistes.

>> À voir sur France 24 : "17 candidats dénoncent le 'hold-up électoral' d'IBK"

L'armée malienne sera à nouveau appuyée par les Casques bleus de l'ONU, les forces françaises de l'opération Barkhane et, dans le Nord, où l'État est peu ou pas présent, par des groupes signataires de l'accord de paix.

L'UE, premier bailleur international du Mali, a réclamé un accès garanti à tous les centre de vote pour les électeurs. Grâce aux renforts militaires, ses observateurs vont cette fois pouvoir suivre le déroulement du vote à Gao (Nord), mais toujours pas à Tombouctou et Kidal (Nord), ni Mopti.

Population fatiguée

Le scrutin, déterminant pour l'avenir du Sahel, se tient dans une relative indifférence de la population, fatiguée par plus de six ans de violences jihadistes et ethniques et dont près de la moitié vit sous le seuil de pauvreté, malgré un taux de croissance supérieur à 5 % depuis plusieurs années.

L'affiche manque cruellement de nouveauté : les deux finalistes ont milité dans le même parti dans les années 1990, puis fait partie des mêmes gouvernements. Ils s'étaient déjà affrontés en 2013, Ibrahim Boubacar Keïta l'emportant à plus de 77 %.

Avec AFP

Première publication : 12/08/2018

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