Accéder au contenu principal

Ankara peine à enrayer l’effondrement de la livre turque

En 2018, la livre turque a perdu 40 % de sa valeur.
En 2018, la livre turque a perdu 40 % de sa valeur. Yasser Al-Zayyat, AFP

La livre turque poursuit sa chute, lundi, malgré une série de mesures annoncées plus tôt par Ankara. Le président Erdogan impute à un complot américain la dévaluation brutale de sa monnaie.

Publicité

Rien ne semble pouvoir enrayer la chute de la livre turque. Plongée dans une grave crise monétaire, Ankara a pourtant annoncé, lundi 13 août, des mesures pour stopper l'effondrement de sa devise, alimenté par l'aggravation d'une crise diplomatique avec les États-Unis.

>> À lire sur France 24 : crise de la livre turque, l’inquiétante onde de choc

La livre, qui a pour la première fois franchi lundi la barre des sept pour un dollar, s'échangeait à 6,89 en début de soirée, soit une chute de plus de 6,7 % sur la journée. La monnaie, qui a perdu cette année plus de 40 % de sa valeur face au dollar et à l'euro, s'est effondrée vendredi, faisant souffler un vent de panique sur les marchés à travers le monde.

Dans l'espoir de rassurer les marchés, la banque centrale de Turquie avait indiqué, lundi matin, qu'elle fournirait toutes les liquidités dont les banques auraient besoin et prendrait les "mesures nécessaires" pour assurer la stabilité financière. La banque centrale a en outre révisé les taux de réserves obligatoires pour les banques, dans le but d'éviter tout problème de liquidité, et indiqué qu'environ 10 milliards de livres, 6 milliards de dollars et l'équivalent de 3 milliards en or de liquidités seraient fournis au système financier.

Mais l'impact de cette annonce s'est estompé quelques heures plus tard lorsque le président Erdogan a accusé les États-Unis de vouloir "frapper dans le dos" la Turquie, provoquant un plongeon de la livre qui illustre l'inquiétude des marchés face aux tensions diplomatiques.

Et si la crise de la livre turque se propageait sur les marchés européens?

>> À lire aussi : Erdogan annonce qu’il répondra aux menaces de sanctions américaines

Des tensions de plus en plus fortes

La déroute de la livre s'est accélérée au cours des deux dernières semaines en raison d'une grave crise diplomatique entre Ankara et Washington liée à la détention en Turquie d'un pasteur américain, Andrew Brunson.

Déclarations chocs, sanctions, menaces de représailles, puis doublement des tarifs douaniers américains sur l'acier et l'aluminium turc vendredi : les tensions entre les deux alliés au sein de l'Otan sont allées crescendo ces derniers jours, emportant la livre turque.

"D'un côté, vous êtes avec nous dans l'Otan et, de l'autre, vous cherchez à frapper votre partenaire stratégique dans le dos. Une telle chose est-elle acceptable ?", s'est emporté le président turc lors d'un discours lundi à Ankara. Outre les tensions entre Ankara et Washington, les économistes s'inquiètent aussi de la mainmise sur l'économie de Recep Tayyip Erdogan qui s'est renforcée après sa réélection en juin dernier.

Les marchés exhortent la banque centrale à redresser davantage ses taux pour soutenir la livre et maîtriser une inflation galopante, qui a atteint près de 16 % en juillet en glissement annuel, mais le président s'y oppose.

Avec AFP et Reuters

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.