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Au nom de la lutte contre le terrorisme, l'Australie veut mettre son nez dans les communications chiffrées

U. BAUMGARTEN VIA GETTY IMAGES

Ce mardi, le gouvernement australien a révélé son projet de loi concernant la question du chiffrement. L'objectif des mesures annoncées est de poser un cadre à la collaboration avec les géants de la tech, sans pour autant créer de "backdoors".

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Au nom de la lutte contre le terrorisme, nombreux sont les gouvernements à réfléchir à des dispositifs contraignant les géants de la tech à collaborer dans le contournement du chiffrement des communications. Les craintes autour de l'installation de porte dérobée (plus souvent appelée sous le nom de "backdoor") reviennent souvent sur la table.

VOIR AUSSI : Réquisitionner des données sans backdoors, l'impossible défi de cybersécurité européen

En Australie, le débat porté au Parlement pourrait bien créer un précédent dans le monde.

Pas de "backdoor" mais un accès aux terminaux

Ce mardi, le gouvernement a annoncé son projet de loi posant les bases de la collaboration entre les autorités et les fabricants d'appareils et de logiciels. Celui-ci ne parle pas d'un affaiblissement du chiffrement. Au contraire : "Les fabricants ne seront pas tenus d'installer un vulnérabilité à leur système", peut-on lire. Pas de "backdoor", donc. En revanche, le projet de loi veut entériner un accès aux terminaux, autrement dit là où les messages se trouvent avant d'être chiffrés et envoyés, ou là où ils atterrissent après la réception et le déchiffrement. Pour cela, les fabricants pourraient être sommés d'installer des logiciels espions fournis par les autorités, si l'on résume l'esprit du texte Assistance and Access Bill.

En arguant que "les téléphones et applications de messagerie chiffrée sont de plus en plus utilisés par les criminels impliqués dans des affaires de terrorisme et de trafic de drogue" et que "95 % des profils suivis par la cellule anti-terrorisme du renseignement australien utilisent activement le chiffrement pour dissimuler ses communications", les autorités du pays souhaitent contraindre les entreprises de la tech à coopérer. Certes, le chiffrement en tant que tel n'est pas affaibli. Mais avec un accès généralisé aux terminaux, c'est bien la confiance numérique qui risque de s'éroder.

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