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Le viaduc Morandi, effondré à Gênes, avait de nombreux défauts structurels

Des sauveteurs inspectent le viaduc qui s'est effondré à Gênes, en Italie, le 14 août 2018.
Des sauveteurs inspectent le viaduc qui s'est effondré à Gênes, en Italie, le 14 août 2018. Valery Hache, AFP

Le viaduc d'autoroute qui s'est partiellement effondré à Gênes, en Italie, faisant une trentaine de morts, avait connu des problèmes structurels dès sa construction. Son entretien, coûteux, n'avait pas été bien assuré.

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Le pont autoroutier de Gênes, en Italie, dont une portion s'est écroulée mardi 14 août, causant la mort d'une trentaine de personnes, faisait l’objet de problèmes structurels dès sa construction, selon les experts. Mardi, le site de la communauté des ingénieurs italiens posait la question : "Pont Morandi à Gênes, une tragédie annoncée ?"

"Le viaduc Morandi a présenté dès le départ des aspects problématiques", a expliqué Antonio Brencichun, ingénieur et professeur à l'Université de Gênes. Le spécialiste du béton a évoqué"une augmentation imprévue des coûts de construction", ainsi qu'une "évaluation erronée des effets différés (viscosité) du béton qui a produit un tablier non horizontal".

Le Pont Morandi a été construit entre 1963 et 1967. La technologie du béton armé précontraint était alors la marque de fabrique de son concepteur, l'ingénieur italien Riccardo Morandi, célébré en son temps et aujourd'hui décédé.

Il avait utilisé cette technologie pour d'autres ouvrages, comme une aile d'un stade de Vérone en 1953.

Cette technique caractérise aussi un autre pont problématique plus long de Morandi, complété en 1962 : le pont General Rafael Urdaneta, qui enjambe la baie de Maracaibo, au Venezuela. En 1964, un pétrolier avait heurté ce pont, dont deux piles s'étaient écroulées dans la mer.

Durée de vie limitée du béton armé

Le site "ingegneri.info" note que ce type d'infrastructure devrait avoir une durée de vie d'au moins 100 ans. Or dès ses premières décennies d'existence, l'ouvrage a fait l'objet de travaux de maintenance importants liés en particulier aux fissures et à la dégradation du béton.

Au début des années 2000, les câbles de suspension des années 1980 et 1990 ont par exemple été changés. "Il y a 50 ans, on avait une confiance illimitée dans le béton armé. On pensait qu'il était éternel. Mais on a compris qu'il dure seulement quelques décennies", a expliqué dans la presse italienne Diego Zoppi, ex-président de l'ordre des architectes de Gênes.

"L'Italie construite dans les années 1950 et 1960 a un besoin urgent de restructurations. Le risque d'écroulement est sous-estimé. Les ouvrages construits à cette époque sont en train d'arriver à un âge où ils deviennent à risque", a prévenu l'architecte.

La société autoroutière avait récemment lancé un appel d'offres de 20 millions d'euros pour des interventions sur le viaduc, rapporte l'agence de presse économique Radiocor. Cet appel d'offre prévoyait précisément un renforcement des câbles de certaines piles (structures verticales qui soutiennent les arches d'un pont), dont la pile numéro 9, celle qui s'est écroulée mardi 14 août.

Compte tenu de l'importance de cet axe routier, qui voit passer chaque année 25 millions de véhicules, l'hypothèse d'une démolition de l'ouvrage avait même été étudiée en 2009. Au moment de l'accident, des travaux de maintenance étaient en cours.

Avec AFP

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