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EUROPE

L'Italie va auditer ses infrastructures après l'effondrement du viaduc à Gênes

© Federico Scoppa, AFP | Un sauveteur inspecte depuis une grue le viaduc qui s'est effondré à proximité de Gênes, le 14 août 2018.

Vidéo par FRANCE 3

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 16/08/2018

Le gouvernement italien a réclamé mercredi un audit des ponts et des tunnels dans tout le pays. Il compte aussi retirer la concession autoroutière à Autostrade per l'Italia, la compagnie qui gère le viaduc Morandi, qui s'est effondré mardi.

Au lendemain de la catastrophe de Gênes, où un viaduc autoroutier s'est partiellement effondré, faisant au moins 39 morts, le ministre italien des Transports, Danilo Toninelli, a annoncé mercredi 15 août un audit général des ponts et des tunnels vieillissants dans tout le pays.

Danilo Toninelli a également déclaré avoir lancé une procédure de retrait de la concession autoroutière accordée à la société Autostrade per l'Italia, filiale du groupe Atlantia, en charge du pont génois. "Autostrade per l'Italia n'a pas été capable d'assumer ses obligations dans le cadre de l'accord régulant la gestion de cette infrastructure", a-t-il déclaré sur l'antenne de la télévision italienne RAI.

L'État va réclamer également des sanctions significatives pouvant aller jusqu'à 150 millions d'euros, a ajouté le ministre des Transports. Danilo Toninelli a par ailleurs estimé, sur sa page Facebook, que les dirigeants d'Autostrade per l'Italia devaient démissionner.

>> À lire : Le viaduc Morandi, effondré à Gênes, avait de nombreux défauts structurels

Autostrade per Italia a rappelé mardi que d'importants travaux de rénovation avaient été menés sur le viaduc en 2016. Parlant d'un accident "imprévisible", son directeur pour la région de Gênes, Stefano Marigliani, a assuré que le pont était "constamment surveillé, bien au-delà des exigences légales" et qu'il n'y avait "aucune raison de penser qu'il était dangereux". Des déclarations qui ont cependant été démenties par un certain nombre d'experts.

L'éclairage de Claude Rospars, ingénieure mécanique des structures

Le pont Morandi a été construit entre 1963 et 1967. La technologie du béton armé précontraint était alors la marque de fabrique de son concepteur, l'ingénieur italien Riccardo Morandi, célébré en son temps et aujourd'hui décédé. Il avait utilisé cette technologie pour d'autres ouvrages, comme une aile d'un stade de Vérone en 1953. Cette technique caractérise aussi un autre pont problématique plus long de Morandi, complété en 1962 : le pont General Rafael Urdaneta, qui enjambe la baie de Maracaibo, au Venezuela. En 1964, un pétrolier avait heurté ce pont, dont deux piles s'étaient écroulées dans la mer.

Durée de vie limitée du béton armé

Le site Internet Ingegneri Info note que ce type d'infrastructures devrait avoir une durée de vie d'au moins 100 ans. Or dès ses premières décennies d'existence, l'ouvrage a fait l'objet de travaux de maintenance importants liés en particulier aux fissures et à la dégradation du béton.

Au début des années 2000, les câbles de suspension des années 1980 et 1990 ont par exemple été changés. "Il y a 50 ans, on avait une confiance illimitée dans le béton armé. On pensait qu'il était éternel. Mais on a compris qu'il dure seulement quelques décennies", a expliqué dans la presse italienne Diego Zoppi, ex-président de l'ordre des architectes de Gênes. "L'Italie construite dans les années 1950 et 1960 a un besoin urgent de restructurations. Le risque d'écroulement est sous-estimé. Les ouvrages construits à cette époque sont en train d'arriver à un âge où ils deviennent à risque", a prévenu l'architecte.

Les explications de notre envoyé spécial

La société autoroutière avait récemment lancé un appel d’offres de 20 millions d’euros pour des interventions sur le viaduc, rapporte l’agence de presse économique Radiocor. Cet appel d’offre prévoyait précisément un renforcement des câbles de certaines piles (structures verticales qui soutiennent les arches d’un pont), dont la pile numéro 9, celle qui s’est écroulée mardi 14 août.

Compte tenu de l’importance de cet axe routier, qui voit passer chaque année 25 millions de véhicules, l’hypothèse d’une démolition de l’ouvrage avait même été étudiée en 2009. Au moment de l’accident, des travaux de maintenance étaient en cours.

Le viaduc de Gênes est le cinquième pont à s'effondrer en Italie en cinq ans : deux en Sicile en 2014, dont l'un le lendemain de son inauguration, et deux autres en Lombardie et dans les Marches en 2017. En raison de son relief accidenté, l'Italie compte quelque 45 000 ponts, viaducs ou tunnels, dont un tiers sur les 6 000 kilomètres d'autoroute du pays, selon la presse. Plusieurs ponts ont dépassé aujourd’hui la durée de vie pour laquelle ils avaient été conçus. Tel est le cas d'un autre "pont Morandi" près d'Agrigente en Sicile, conçu comme le viaduc de Gênes par l'architecte Riccardo Morandi, et fermé à la circulation depuis le printemps 2017 car il n'est plus suffisamment solide.

Recherche de survivants

La recherche de survivants se poursuit. Mercredi à la mi-journée, le bilan de la protection civile s'élevait à 39 morts et 15 blessés, dont une douzaine dans un état grave, ainsi que plusieurs disparus.

"Je ferai tout pour avoir les noms et les prénoms des responsables passés et présents. Il est inacceptable de mourir comme ça en Italie", a lancé le ministre de l'Intérieur italien Matteo Salvini. "Ils devront payer, payer tout et payer cher."

Le président Mattarella a de son côté appelé à "un examen sérieux et sévère des causes" du drame. "Aucune autorité ne pourra se soustraire à un exercice de pleine responsabilité : les familles de tant de victimes l'exigent, de même que la communauté frappée par un événement qui laissera des traces."

Avec AFP et Reuters

Première publication : 15/08/2018

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