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Douze ex-patrons de la CIA dénoncent la politisation de l'habilitation secret défense par Trump

John Brennan en train de témoigner devant le Comité spécial de la Chambre des représentants, le 23 Mai 2017.
John Brennan en train de témoigner devant le Comité spécial de la Chambre des représentants, le 23 Mai 2017. Saul Loeb, AFP

Le retrait de l'habilitation secret défense de John Brennan, ex-directeur de la CIA, par Donald Trump a déclenché l'ire d'anciens patrons de l'agence. Ils dénoncent vendredi "une tentative d'étouffer la liberté d'expression" aux Etats-Unis.

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C’est une levée de boucliers sans précédent qui devrait laisser des traces dans les relations qu'entretient Donald Trump avec la CIA, et plus généralement avec les services de sécurité. Plusieurs anciens patrons de l'agence de renseignements américaine, ainsi qu'une demi-douzaine d'espions de haut rang, ont publié vendredi 17 août un communiqué dans lequel ils condamnent vivement la décision du président américain de retirer l'habilitation secret défense de John Brennan, directeur de la CIA pendant une partie du mandat de Barack Obama (2013-2017).

Cette habilitation, dont la révocation a été annoncée par la porte-parole de l’exécutif, Sarah Sanders, le 15 août, donne aux hauts responsables qui en bénéficient accès à des informations sensibles et confidentielles, même après avoir cessé leurs fonctions.

"L'action du président concernant John Brennan et les menaces d'une action similaire contre d'autres anciens responsables n'a rien à voir avec qui devrait ou ne devrait pas être habilité secret défense, et tout à voir avec une tentative d'étouffer la liberté d'expression", écrivent-ils, évoquant la décision de Donald Trump.

Parmi les signataires du communiqué figurent plusieurs anciens responsables de la CIA : Robert Gates, George Tenet, Porter Goss, Leon Panetta ou encore David Petraeus, nommés par des présidents républicains comme démocrates.

"Extrêmement regrettable"

Ils qualifient la décision du milliardaire républicain "d'inappropriée et extrêmement regrettable", avant d’ajouter : "Nous n'avons jamais vu auparavant l'octroi ou le retrait d'habilitations secret défense être utilisés comme un instrument politique, à l'instar de ce qui a été fait dans ce cas-là".

La Maison Blanche a expliqué que John Brennan, critique notoire du président, avait été privé de cette habilitation à cause des "risques que font courir la conduite et le comportement erratiques" de l'ancien chef de la CIA.

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Mais le président a reconnu par la suite que ce retrait était dû aux critiques et aux commentaires de John Brennan concernant les relations entre son équipe de campagne pour l'élection présidentielle de 2016 et la Russie. Il a indiqué au Wall Street Journal que sa décision était liée à l'enquête du procureur spécial Robert Mueller sur une possible collusion entre sa campagne et Moscou.

"Vous avez divisé notre nation"

Le retrait de cette habilitation secret défense a été très critiquée, car John Brennan reste une voix respectée dans l’échiquier politique américain. En son temps peu critique de Donald Trump, il avait cependant attaqué en juillet dernier le président américain lorsque ce dernier avait adopté une posture jugée trop conciliante envers la Russie lors de sa rencontre avec Vladimir Poutine, à Helsinki.

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Le communiqué des anciens directeurs de la CIA intervient à peine un jour après la publication d’une tribune au vitriol du très respecté amiral à la retraite William McRaven, qui avait notamment supervisé le raid contre Oussama Ben Laden. "Par votre comportement, vous nous avez embarrassés aux yeux de nos enfants, humiliés sur la scène internationale et, pire que tout, vous avez divisé notre nation", a-t-il écrit dans une lettre ouverte publiée par le Washington Post.

"Par conséquent, je considérerais comme un honneur que vous révoquiez aussi ma propre habilitation secret défense, de façon à ce que je puisse ajouter mon nom à la liste des hommes et des femmes qui ont critiqué votre présidence", a-t-il ajouté. La plupart des alliés républicains de Donald Trump ont cependant soutenu sa démarche ou ont refusé de la condamner publiquement.

Avec AFP

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