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Gênes : troisième nuit de recherches après l’effondrement du pont de Morandi

Photo prise et diffusée par le service d'incendie et de secours italien, le 15 août 2018 montrant des sauveteurs au travail dans les décombres après l'effondrement du pont.
Photo prise et diffusée par le service d'incendie et de secours italien, le 15 août 2018 montrant des sauveteurs au travail dans les décombres après l'effondrement du pont. Vigili Del Fuoco, AFP

C'est la troisième nuit de recherches à Gênes après l'effondrement mardi du viaduc de Gênes qui a fait 38 morts et une dizaine de blessés. Bien que les chances de retrouver des survivants s'amenuisent, les secouristes ne renoncent pas.

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Les sauveteurs ont continué, vendredi 17 août, pour une troisième nuit leurs recherches dans les décombres du pont autoroutier qui s'est effondré à Gênes, dans le nord de l'Italie, alors que des personnes sont toujours portées disparues. L'Italie est encore sous le choc de la catastrophe, et la controverse entre le gouvernement italien et la société autoroutière gestionnaire de l'ouvrage, Autostrade per l'Italia, s'est encore intensifiée.

Le bilan de l'effondrement d'une section (200 mètres) du pont Morandi, survenu mardi 14 août, en fin de matinée, n'a pas évolué dans la journée de jeudi : 38 morts et 15 blessés, dont cinq dans un état grave.

Les chances de retrouver des survivants s'amenuisent d'heure en heure, mais les sauveteurs ne renoncent pas. "Nous cherchons toujours des cavités qui puissent héberger des gens, vivants ou pas", a déclaré dans la journée à l'AFP Emanuele Gissi, un responsable des pompiers.

Mercredi 15 août, le chef du gouvernement Italien a décrété l'état d'urgence pour douze mois à Gênes. Cinq millions d'euros ont été débloqués pour les interventions et 630 personnes dont les habitations sont en contrebas de ce qui reste du point ont été évacuées.

Gênes isolée

Mais la ville est meurtrie. À l'hôpital San Martino, les équipes se sont mobilisées pour accueillir non seulement les blessés, mais aussi les familles des victimes venues reconnaître les dépouilles. Samedi 18 août, des funérailles d'État seront organisées à Gênes, avec une messe à la Fiera.

Passés le deuil, il faudra reconstruire le pont construit en 1960 par l'architecte Ricardo Morandi. L'écroulement de ce monstre de ciment pose un réel défi à cette ville de 600 000 habitants : l'édifice, situé sur un des principaux axes nord-sud de l'Italie, voyait passer plus de 25 millions de véhicules chaque année. L'économie de Gênes, qui dessine avec Turin et Milan le "triangle industriel" italien, tourne beaucoup autour de son port, le plus important du pays. Or, la ville pourrait devenir impraticable dès la fin des vacances d'été.

"Le pont Morandi était l'unique point de passage entre l'est et l'ouest de la ville susceptible d'absorber des volumes élevés de trafic", explique à l'AFP Giovanni Vecchio, chercheur à l'Édicole polytechnique de Milan et expert en mobilité urbaine. "Et c'était également un passage obligé pour aller vers le nord de la région ou la France voire, dans certains cas, pour relier différentes parties du port", ajoute-t-il.

Jeudi, le gouvernement a ouvert,une enquête sur Autostrade per l'Italia, la société gestionnaire du pont Morandi. Et qui gère aussi près de 6 000 km de voies à travers l'Italie.

150 millions d'euros d'amende pour Autostrade

Dans un communiqué, le ministère des Transports précise avoir donné quinze jours à la filiale du groupe Atlantia pour démontrer qu'elle a respecté ses obligations contractuelles. Si les justifications d'Autostrade per l'Italia ne sont pas
convaincantes, le gouvernement y verra une rupture du contrat de concession pour l'exploitation de l'autoroute A10 qui relie la capitale de la Ligurie au sud-est de la France. Elle pourrait écoper d'une amende maximale de 150 millions d'euros.

Sur le terrain, un millier de personnes sont toujours engagées sur le site, dont près de 350 pompiers. Les secouristes qui fouillent les décombres du pont cherchent encore 10 à 20 disparus, selon des médias italiens citant des sources à la préfecture. Il s'agit de personnes susceptibles d'être passées sur le pont et qui ne donnent plus de nouvelles depuis l'effondrement.

Avec AFP

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