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Effondrement du viaduc de Gênes : des familles boycottent les funérailles d'État

Obsèques à Gênes d'une des victimes de l'effondrement du pont de Morandi le 14 août.
Obsèques à Gênes d'une des victimes de l'effondrement du pont de Morandi le 14 août. Marco Bertorello, AFP

L'Italie a commencé à enterrer les personnes tuées dans l'effondrement du pont autoroutier de Gênes. Plusieurs familles ont décidé de boycotter les funérailles d'État, samedi, afin de dénoncer la responsabilité du gouvernement.

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Quatre jours après l’effondrement du pont autoroutier à Gênes, des funérailles d’État doivent se tenir, samedi 18 août, en fin de matinée, dans un hall du centre d'exposition de la ville. Une messe sera célébrée par l'archevêque de Milan en présence de toutes les plus hautes autorités de l'État, dont le président Sergio Mattarella.

Cette cérémonie officielle s'annonce compliquée pour les institutions italiennes : selon un comptage, noms à l'appui, du journal La Stampa, les familles d'au moins 17 des 38 personnes ayant péri dans la catastrophe survenue mardi préfèrent boycotter.

"C'est l'État qui a provoqué cela, qu'ils [ses dirigeants] ne se montrent pas : le défilé des politiques a été honteux", a réagi dans les colonnes du quotidien la mère d'un des quatre jeunes morts sur la route de leurs vacances. Ils ont été enterrés vendredi après-midi dans leur ville, une commune de Naples, en présence d'une immense foule à l'extérieur de l'église.

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"Mon fils ne deviendra pas un numéro dans le catalogue des morts provoqués par les manquements italiens", s'est pour sa part insurgé sur les réseaux sociaux Roberto, le père d'un autre des garçons. "Nous ne voulons pas une farce de funérailles, mais une cérémonie à la maison, dans notre église de Torre del Greco", a-t-il dit.

Des funérailles se sont aussi déroulées dans plusieurs autres villes italiennes, par exemple dans une église de Pise où deux jeunes fiancés qui ont perdu la vie dans le drame, une infirmière et un anesthésiste, voulaient se marier l'an prochain, ont rapporté les médias italiens.

Polémiques tous azimut

Le bilan officiel provisoire du drame est toujours de 38 morts et 15 blessés mais il risque de grimper dans les prochaines heures, la protection civile ayant annoncé avoir découvert de nouveaux corps. Dix blessés se trouvaient vendredi encore à l'hôpital, dont six jugés dans un état grave, a fait savoir la préfecture.

Dans les médias, c’est la féroce controverse entre le gouvernement italien et la société autoroutière gestionnaire du pont, Autostrade per l'Italia, qui occupe le terrain. Vendredi, le gouvernement a annoncé que la procédure de révocation de la concession du tronçon de Gênes avait été officiellement enclenchée.

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Décision que l’entreprise a jugée avoir été prise "en l'absence de toute certitude sur les causes effectives" du drame et a prévenu que la révocation coûterait cher en indemnités à l'État. Des milliards d'euros, selon des médias italiens.

Autre cible du gouvernement italien : l'Union européenne et sa politique d'austérité, accusée par le nouveau gouvernement populiste italien d'empêcher les investissements.

La Commission européenne a réagi en disant avoir encouragé l'Italie à investir dans ses infrastructures et en rappelant que les États membres étaient "libres de fixer" leurs priorités.

Avec AFP

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