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Afrique

L'ancien secrétaire général de l'ONU et Nobel de la paix, Kofi Annan, est mort

© Joël Saget, AFP | En 2001, le diplomate avait reçu le prix Nobel de la paix, conjointement avec l'ONU.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 18/08/2018

L'ex-secrétaire général des Nations unies Kofi Annan est décédé en Suisse, samedi, à l'âge de 80 ans. Lauréat du prix Nobel de la paix 2001, le diplomate ghanéen fut lié à la plupart des grands événements de l'histoire récente.

Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations unies et lauréat du prix Nobel de la paix, est mort samedi 18 août, à l'âge de 80 ans, a annoncé la Fondation Annan dans un communiqué publié sur Twitter. Le diplomate est mort dans un hôpital de Berne, en Suisse.

 "C'est avec une immense tristesse que la famille Annan et la Fondation Kofi Annan annoncent que Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations unies et lauréat du Nobel de la paix, est décédé paisiblement, samedi 18 août, après une courte maladie", a indiqué la fondation.

"De bien des manières, Kofi Annan était les Nations unies. Il en a gravi les échelons jusqu'à diriger l'organisation et la faire entrer dans le nouveau millénaire avec une dignité et une détermination sans égales", a réagi l'actuel secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, dans un communiqué. Et d'ajouter : "Il était une force directrice pour le bien."

Pour Zeïd Ra'ad al Hussein, dont le mandat de haut commissaire aux droits de l'Homme des Nations unies s'achève, il était "le meilleur exemple, la quintessence de la décence et de la grâce". Dans son hommage à Annan, le diplomate jordanien, qui s'est souvent heurté aux grandes puissances pendant les quatre années de son mandat, raconte que lorsqu'il se sentait isolé politiquement, il allait chercher conseil auprès de son mentor, au gré de longues marches à pied dans Genève.

"Lorsque je lui ai dit un jour que le monde entier grognait contre moi, il m'a regardé, comme un père regarderait son fils, et m'a dit avec fermeté: 'Ce que tu fais, c'est ce qui doit être fait. Laisse-les grogner'."

Sur Twitter, le président français Emmanuel Macron a salué l'ancien diplomate. "La France lui rend hommage. Nous n'oublierons jamais son regard calme et résolu, ni la force de ses combats."

Ex-Yougoslavie, Rwanda, Kosovo, Irak...

En tant que chef de l'ONU, Kofi Annan aura joué un rôle dans plusieurs des événements les plus significatifs de l'histoire récente. Né en avril 1938 à Kumasi, au Ghana, il avait suivi des études aux États-Unis et à Genève avant de faire l'essentiel de sa carrière au sein de l'administration onusienne, débutant dans les années 1960 à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), avant de rejoindre le siège new-yorkais de l'organisation en 1988.

Entre 1993 et 1996, en pleine guerre en ex-Yougoslavie et pendant le génocide rwandais de 1994, il était sous-secrétaire général chargé des opérations de maintien de la paix. En 1997, il était devenu le septième secrétaire général de  l'ONU. Poste qu'il occupa jusqu'en 2006.

"C'est une vraie perte pour l'Afrique et la diplomatie internationale"

Kofi Annan devait sa nomination aux États-Unis, qui avaient mis leur veto à un second mandat de son prédécesseur, l'Égyptien Boutros Boutros-Ghali. Cela ne l'avait pas empêché de faire preuve à l'occasion d'indépendance vis-à-vis des grandes puissances. Il avait ainsi irrité Washington en estimant "illégale" l'invasion de l'Irak en 2003 parce que cette opération n'avait pas été entérinée par le Conseil de sécurité.

Après avoir quitté son mandat onusien, le diplomate avait été un médiateur international et un avocat passionné de causes qui lui étaient chères, comme la réduction de la pauvreté, la sécurité alimentaire et la défense de l'environnement.

En 2007, au Kenya, il avait su stopper la spirale sanglante des violences post-électorales, enfermant les protagonistes du conflit dans une pièce et les conduisant à accepter un accord de partage du pouvoir.

"Le monde a changé donc l'ONU doit changer"

 

Mais une mission sur la Syrie avait en revanche tourné à l'échec. En février 2012, au début de la guerre en Syrie, Annan avait été nommé envoyé spécial de l'ONU. Il évoquait alors son "devoir sacré" de tenter de résoudre cette crise. Mais il avait jeté l'éponge deux mois plus tard, fustigeant la paralysie du Conseil de sécurité des Nations unies.

Car même éloigné de l'ONU, il conservait un regard attentitf sur l'institution. Dans une interview accordée en 2016 à France 24, le Ghanéen s'était prononcé en faveur d'une réforme de l'ONU. "La structure du Conseil de sécurité est fondée sur des réalités géoplotiques datant de 1945, avait-il alors fustigé. Le monde a changé et donc les Nations unies doivent changer et s'adapter." Lorsqu'il en était à la tête, Kofi Annan avait lui-même entrepris une réorganisation interne des Nations unies, ce qui lui avait valu l'attribution du Nobel. 

Lors de son discours d'adieu devant l'Assemblée générale des Nations unies en septembre 2006, celui qui se présentait comme un optimiste inaltérable avait emprunté au mythe de Sisyphe : "Ensemble, avait-il dit, nous avons poussé de lourds rochers vers le haut de la montagne, même si certains nous ont échappé et sont redescendus. Mais cette montagne, avec ses bourrasques et sa vue panoramique, est le meilleur point de vue sur la Terre [...] Même si j'aspire à me reposer du fardeau de ces rochers obstinés dans la prochaine phase de ma vie, je sais que la montagne me manquera."

Avec AFP et Reuters

Première publication : 18/08/2018

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