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Turquie : devant ses partisans, le président Erdogan défie les États-Unis

Le président turc s'exprimait lors d'un congrès du Parti de la justice du développement (AKP, islamo-conservateur) à l'issue duquel il a été reconduit à sa tête avec l'ensemble des 1 380 votes exprimés.
Le président turc s'exprimait lors d'un congrès du Parti de la justice du développement (AKP, islamo-conservateur) à l'issue duquel il a été reconduit à sa tête avec l'ensemble des 1 380 votes exprimés. Adem Altan, AFP

À l'occasion du congrès de son parti à Ankara, Recep Tayyip Erdogan a déclaré que la Turquie ne se "livrerait pas" aux États-Unis. Le président accuse Washington d'avoir précipité l'effondrement de la livre turque ces derniers jours.

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Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a durci encore un peu plus le ton, samedi 18 août, contre les États-Unis qui a, selon lui, précipité l'effondrement de la livre turque ces derniers jours.

"Nous ne nous livrerons pas à ceux qui se présentent comme notre partenaire stratégique, alors qu'ils s'efforcent de faire de nous une cible stratégique, a lancé le chef de l’État devant des partisans réunis à Ankara. Certains croient pouvoir nous menacer avec l'économie, les sanctions, les taux de change, les taux d'intérêt et l'inflation. Nous avons mis au jour vos manigances et nous vous défions."

Le président turc s'exprimait lors d'un congrès du Parti de la justice du développement (AKP, islamo-conservateur) à l'issue duquel il a été reconduit à sa tête avec l'ensemble des 1 380 votes exprimés, selon l'agence de presse étatique Anadolu.

Mainmise sur l’économie

Ses déclarations surviennent alors que Washington et Ankara, alliés au sein de l'Otan, traversent une crise diplomatique. Celle-ci est notamment liée au cas d'un pasteur américain assigné à résidence en Turquie et dont les États-Unis réclament la libération.

L'orage a éclaté lorsque Washington a imposé début août des sanctions inédites contre deux ministres turcs. Ankara a répliqué et cette escalade des tensions a provoqué l'effondrement de la livre turque la semaine dernière.

>> À lire : Du prix du soudjouk à celui de l'iPhone, les Turcs face à la chute de la livre

Après quelques jours d'accalmie, la devise, qui a perdu près de 40 % de sa valeur depuis le début de l'année, a replongé vendredi après que Washington eut menacé de frapper Ankara avec de nouvelles sanctions.

Outre les tensions avec les États-Unis, la livre turque a été fragilisée par la mainmise croissante du président turc sur l'économie et son refus, selon les observateurs, d'autoriser la banque centrale à relever ses taux d'intérêt.

Avec AFP

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