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EUROPE

Grande Guerre : cent ans après, le soldat Carter a retrouvé son identité

© La photo du Private Carter prise le 22 août 1914 à Mons. | Office de tourisme de la ville de Mons.

Texte par Stéphanie TROUILLARD

Dernière modification : 26/08/2018

Pendant plusieurs mois, trois Belges ont enquêté pour connaître l'identité d'un soldat britannique ayant participé à la bataille de Mons, en août 1914. Leurs recherches ont permis de lui donner un nom et de retrouver ses descendants.

Le bras derrière le dos. Le fusil au pied. Le dos bien raide. Un large sourire sur le visage. Sur un vieux cliché, un soldat britannique pose fièrement devant l’œil du photographe. Il ne le sait pas encore, mais dans 24 heures, il va connaître l’enfer. Nous sommes le 22 août 1914, la veille de la terrible bataille de Mons, en Belgique, théâtre du premier affrontement majeur entre les soldats britanniques et allemands lors de la Première Guerre mondiale.

Cette photographie est devenue depuis l’un des symboles de ces combats. Le visage juvénile de ce "Tommy" a fait le tour du monde. Pourtant pendant un siècle, l’identité de ce jeune homme et sa destinée sont restées inconnues. Pour seules informations, un grade et un nom de famille : Private Carter.

Ce n’est qu’en 2015 qu’une enquête a été lancée. À l’occasion d’un salon de généalogie en Angleterre, trois Belges, réunis pour l’événement, ont voulu en savoir plus sur l’histoire cachée derrière ce sourire énigmatique. "J’étais avec Phil Marée, de l’office de tourisme belge à Londres et, Michel Vasko, de l’office du tourisme de Mons. Nous avions exposé cette photo et j’ai commencé à poser des questions sur ce qu’il était devenu", explique la généalogiste belgo-anglaise Marie Cappart. "À ma grande surprise, on ne l’avait jamais identifié ! Nous avons immédiatement décidé de relever le défi !".

Marie Cappart commence alors à établir une base de données avec des soldats portant le nom de Carter en les classant par âge et grade : "J’ai éliminé beaucoup de candidats jusqu’à en garder quelques-uns dont j’ai retrouvé le parcours. Finalement, l’un d’entre eux correspondait à tous les points recherchés". Il s’agit d’Arthur Frederick Carter, engagé au 4th Middlesex Regiment et âgé de 20 ans. La généalogiste découvre qu’il a reçu notamment la Mons Star, une médaille décorant les soldats ayant servi en France ou en Belgique entre le 5 septembre et le 22 novembre 1914.

L'un des documents retrouvé par Marie Cappart mentionnant l'une de ses décorations.
© Marie Cappart

"Il a survécu"

À force de patience et après des heures derrière son écran, elle retrouve également sur un site de généalogie un document de décharge de l’armée britannique daté du printemps 1919. Une archive qui prouve que le soldat Carter n’est pas tombé au combat au cours de la Grande Guerre. "Il était presque minuit, mais j’étais tellement émue que j’ai appelé mes amis et je leur ai dit ‘Je l’ai. Il a survécu’", raconte cette spécialiste. Marie Cappart s’échine à en savoir plus sur ce jeune britannique. Elle apprend qu’il s'est marié après-guerre, qu'il a été pilote de pétrolier et qu'il a même participé à la Seconde Guerre mondiale dans une batterie anti-aérienne à Londres : "Un vrai héros !". Arthur Frederick Carter est finalement décédé en juillet 1949.

Après avoir retracé le parcours du soldat, il ne lui reste plus qu’une seule chose à accomplir : retrouver d’éventuels descendants. "En croisant des recherches dans l’état civil, les annuaires et les réseaux sociaux, je suis tombée sur une adresse à Londres", décrit-elle. Son intuition est la bonne. Elle réussit à entrer en contact avec Bruce Tipper, le petit-fils du soldat Carter : "Nous avons été ravis d’apprendre qu’il avait aussi la photo de 'son' soldat au mur tout comme dans nos bureaux respectifs !".

La tombe de Arthur Frederick Carter. Il repose auprès de sa femme Grace dans le cimetière d'Ilford dans l'Essex.
© Philippe Marée

Une réunion de famille

En guise de point final à ces recherches, la ville de Mons a convié la famille à participer aux commémorations de la bataille le 23 août. Cent quatre ans après, Bruce Tipper et douze autres descendants vont poser à l’endroit même où le Private Carter avait été pris en photo. "J’ai été très heureux de découvrir que les Belges étaient aussi intéressés par l’histoire de mon grand-père, un simple soldat", confie son petit-fils. "J’ai hâte de rencontrer tous ces gens. Je suis aussi ravi que toute la famille soit réunie pour cette occasion pour honorer notre grand-père".

Marie Cappart est elle aussi impatiente de participer à cet événement. Le sourire du jeune anglais ne la quitte désormais plus. "Cette photo représente pour moi la victoire de la vie sur la guerre. C’est l’innocence d’un jeune anglais qui, d’une manière très flegmatique, pose avec ce fusil comme s’il partait en promenade", résume-t-elle. "Il a participé à deux conflits. Il y a laissé sa jeunesse et probablement bien d’autres choses encore. Mais il a survécu, là où tant de ses camarades sont tombés".

Première publication : 22/08/2018

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