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Plus de quarante cas de choléra confirmés en Algérie

Alger, le 6 décembre 2017.
Alger, le 6 décembre 2017. Ludovic Marin / AFP

Depuis la mi-août, des dizaines de cas de choléra ont été recensés à Alger. Les autorités sanitaires, qui évoquaient dans un premier temps des gastro-entérites, sont accusées d'avoir voulu cacher l'information au public.

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Quelque 41 cas de choléra ont été confirmés à Alger et dans les régions avoisinantes, a annoncé, jeudi 23 août, le ministère de la Santé algérien lors d'une conférence de presse. L'un des patients est décédé et plusieurs dizaines d'autres restent hospitalisés en attendant les résultats d'analyse. La contamination serait liée aux aliments et au non-respect des règles d'hygiène, précise le ministère, qui exclut une propagation par l’eau du robinet.

Cette annonce officialise des informations connues du corps médical depuis plusieurs jours. "Selon les médecins, les résultats d'analyse avaient confirmé au moins deux cas de choléra depuis quatre jours", affirme la correspondante de RFI en Algérie, Leïla Berrato.

Le retard pris par les autorités pour dévoiler la cause réelle de l’hospitalisation de ces dizaines de personnes en début de semaine a provoqué une vive polémique. Le ministère de la Santé, qui évoquait initialement 88 cas d'intoxication alimentaire, est accusé de négligence. "Lors d'une conférence de presse le 20 août, les responsables ont affirmé qu'il s'agissait de cas de gastro-entérite, rappelle Leïla Berrato. En fin de semaine dernière, lorsque cinq autres personnes ont été hospitalisées, on parlait d'intoxication liée à l'eau. Le 23 août, après le décès d'un homme, il s'agissait toujours officiellement d'intoxication alors même qu'un bloc spécial avait été créé pour isoler les patients."

Le gouvernement affirme aujourd'hui que les cas sont "isolés et limités à quelques familles" et que la situation est maîtrisée. Or, plusieurs médecins confirment que des cas suspects de choléra ont été signalés depuis une semaine. Un médecin infectiologue a signalé sur Twitter : "Le service de maladies infectieuses de Boufarik [au sud-ouest d'Alger, NDLR] a reçu la confirmation de cas de choléra il y a six jours. […] L'alerte a été donnée mais le ministère n'a pas bougé, c'est très grave". Cette même professionnelle de santé décrit "[comment] les médecins qui ont suspecté la maladie chez les deux patients d'Aïn Bessem [au sud-est d'Alger, NDLR] les ont traités en tant que choléra, ont fait les prélèvements et les ont envoyés à l'Institut Pasteur. Mais ce n’est pas aux médecins de déclarer, c'est au ministère".

La polémique s'étend plus globalement sur l'état sanitaire du pays, tandis que le ministère cherche à relativiser l'étendue de l'épidémie. Le directeur de l'Institut Pasteur a déclaré que "le choléra [était] une maladie qui exist[ait] au Tchad, au Niger, au Yémen... pas qu'en Algérie" tout en se félicitant de pouvoir donner des chiffres exacts du nombre de personnes infectées. Plusieurs Algériens ont réagi Twitter : "Voilà à quoi on compare l'Algérie ! C'est un véritable scandale" s'insurge l'un, "C'est rassurant" ironise une autre.

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