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Budget 2019 : APL, allocations familiales, retraites... les mesures choc d'Édouard Philippe

Le Premier ministre a fait plusieurs annonces concernant le budget 2019, le 27 août 2018.
Le Premier ministre a fait plusieurs annonces concernant le budget 2019, le 27 août 2018. Archives, AFP

L'exécutif a présenté, dimanche, ses orientations budgétaires pour l'année à venir. Des économies, notamment sur les prestations sociales, ont été actées, selon le Premier ministre Edouard Philippe. Des mesures critiquées par l'opposition.

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"Nous gardons le cap et nous maintenons le rythme" des réformes. Tels sont les mots employés, dimanche 26 août, par Edouard Philippe pour expliquer les futures orientations économiques de son gouvernement.

Dans le projet de loi de finances 2019, qui sera présenté à la fin du mois de septembre au Parlement, le gouvernement acte une prévision de croissance à la baisse, de 1,7 % contre 1,9 % attendu jusqu'alors par l'exécutif.

Conséquence, "il va y avoir un rebond du déficit" en 2019, explique le Premier ministre au JDD. Avant de préciser : "Mais ça ne nous empêchera pas d’être dans la ligne de nos engagements, sur la baisse des prélèvements obligatoires comme sur la maîtrise de la dépense publique et de la dette".

Économies sur les APL, les allocations familiales et les pensions de retraite

Et cette maîtrise du budget va passer par une politique d'économies dans plusieurs domaines. Certaines ont déjà été annoncées, notamment la baisse de crédits de 2,1 milliards d'euros pour le ministère du Travail, avec une nouvelle baisse des contrats aidés. L'exécutif entend aussi économiser 1,2 milliard d'euros sur le ministère de la Cohésion des territoires avec la réforme des aides au logement.

Concernant les nouvelles annonces, des économies vont être faites sur plusieurs prestations sociales, à hauteur de 3 milliards d'euros, selon Le JDD. L'aide personnalisée au logement (APL), les allocations familiales et les pensions de retraite vont "progresser de façon plus modérée, de 0,3 % par an en 2019 et 2020", annonce Edouard Philippe. Dans le même temps, l'inflation devrait être autour de 1,5-1,6 %. C'est cette désindexation des prestations sociales sur l'inflation qui va permettre les économies décidées par le gouvernement.

Le revenu de solidarité active (RSA) ne sera cependant pas concerné par cette désindexation. Il y aura aussi de "nouvelles" protections sociales "pour les plus fragiles", annonce le Premier ministre, faisant notamment référence au "reste à charge zéro" sur les lunettes, les prothèses dentaires et les appareils auditifs. Le gouvernement va par ailleurs revaloriser la prime d'activité, le minimum vieillesse et l'allocation pour les adultes handicapés, des mesures déjà votées dans le budget 2018.

Moins de fonctionnaires et "désocialisation" des heures supplémentaires

Alors que le gouvernement était jusqu'ici resté muet sur l'évolution des effectifs de la fonction publique, Edouard Philippe a réaffirmé l'objectif de 50 000 suppressions de postes sur le quinquennat dans les services de l'État et annoncé qu'"environ 4 500 suppressions de poste" sont prévues en 2019. Puis "le chiffre sera supérieur à 10 000" en 2020, poursuit-il.

Les secteurs touchés devraient être le ministère des Finances, l'audiovisuel public et le réseau extérieur de l'État, comme les ambassades. En parallèle, l'exécutif entend ajouter 2 000 postes "dans la police, la gendarmerie et à la DGSI", ainsi que 1 300 à la justice. Le Premier ministre a redit par ailleurs sa volonté de contenir les dépenses liées aux arrêts maladie, perspective qui inquiète les entreprises mais qui est également susceptible de déclencher l'ire des syndicats, selon la solution retenue.

Enfin Edouard Philippe entend dégager "deux milliards d'euros supplémentaires" pour revaloriser le pouvoir d'achat. Cela passerait pas une "désocialisation" des heures supplémentaires, c'est-à-dire la suppression des cotisations salariales sur ces heures pour tous les salariés. Mesure qui devrait rapporter "plus de 200 euros" en plus par an pour une personne payée au smic, selon le Premier ministre.

Critiques de l'opposition, satisfaction de la majorité présidentielle

L'opposition a rapidement réagi à ces annonces dimanche. Le président du parti Les Républicains (LR) Laurent Wauquiez a estimé qu'"il faut rendre du pouvoir d'achat aux Français". Et de poursuivre : "Que venons-nous d'apprendre ? Exactement l'inverse, au lieu d'assumer enfin des économies courageuses sur le train de vie de l'État, on vient de nous annoncer que c'est à nouveau dans la poche des classes moyennes qu'on va chercher des efforts".

Jean-Luc Mélenchon a estimé pour sa part que ce budget "va être une saignée de l'État et de tous les services publics". Sur la baisse des prestations sociales, "maintenant ça va être terrible, ça va être très dur pour les gens, paS pour lui (Edouard Philippe)", a-t-il affirmé. Et le leader de la France insoumise (FI) de préciser : "petit à petit l'État social se dissout, et l'État administratif s'effondre, puisqu'il y a moins d'argent qui rentre dans les caisses".

Le chef de file du groupe La République en marche à l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, a réfuté toute inquiétude et a salué les annonces du Premier ministre, tout en estimant que la croissance prévisible en 2019 n'était "pas satisfaisante".

Avec Reuters

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