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Aléna : Trump rebat les cartes du libre-échange en Amérique du Nord

Donald Trump a souvent accusé l'Aléna d'avoir détruit de nombreux emplois américains.
Donald Trump a souvent accusé l'Aléna d'avoir détruit de nombreux emplois américains. Mandel Ngan, AFP (archives)

En attendant le Canada, le président américain a annoncé, lundi 27 août, la conclusion d’un accord entre Washington et Mexico sur la révision de l'accord de libre-échange nord-américain (Aléna). "C'est un grand jour pour le commerce", a-t-il lancé.

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Donald Trump a annoncé, lundi 27 août, la conclusion d’un accord entre le Mexique et les États-Unis sur la révision de l'accord de libre-échange nord-américain (l'Aléna), au terme de plusieurs mois de négociations.

"C'est un grand jour pour le commerce", a lancé le président américain depuis le bureau ovale, ajoutant : "c'est vraiment un très bon accord pour nos deux pays".  "Ils l'appelaient Alena. Nous allons l'appeler accord commercial États-Unis Mexique. Nous allons laisser tomber le nom Aléna [...] Il a une mauvaise connotation", a-t-il précisé devant des journalistes.

Aléna : les points du nouvel accord

Les discussions entre Washington et Mexico portaient principalement sur l'élaboration de nouvelles règles dans le domaine de l'industrie automobile. Le président américain estimait que l'Aléna, entré en vigueur le 1er janvier 1994, était une "catastrophe" pour les salariés américains. "Donald Trump reprochait aux Mexicains de profiter de l'accord puisque beaucoup de constructeurs autombiles américains ce sont délocaliser au Mexique pour profiter de salaires plus bas", rappelle à France 24 Alix Hardy, journaliste à Mexico. Selon des informations de presse, le nouvel accord va augmenter le quota de pièces détachées régionales pour les véhicules produits en Amérique du Nord, de 62,5 % actuellement à autour de 70 %.

Mais il faudra en outre que 40 % de la valeur provienne de régions où les salaires sont d'environ 16 dollars de l'heure. Les véhicules assemblés dans des usines existantes qui ne respectent pas cette règle paieront des droits de 2,5 %. Les nouvelles usines paieront plus.

Trump n'exclut pas "un accord séparé" avec Ottawa

Donald Trump a également précisé que les négociations avec le Canada allaient "débuter sous peu" et qu'il allait appeler très bientôt le Premier ministre canadien, Justin Trudeau.

Le Canada – lui aussi signataire de l'accord de 1994 – n'a pas participé à cette phase des négociations, affirmant qu'il rejoindrait la table une fois les différends entre le Mexique et les États-Unis réglés.

Donald Trump, qui a dénoncé dès son entrée à la Maison Blanche cet accord commercial qu'il jugeait "désastreux" pour son pays, n'a pas exclu "un accord séparé" avec Ottawa. "Nous pourrions avoir un accord séparé ou on pourrait l’inclure dans cet accord [avec le Mexique]", a souligné le président américain.

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, se rendra mardi à Washington, a annoncé lundi son porte-parole. "Étant donné l'annonce encourageante faite aujourd'hui sur les progrès bilatéraux réalisés entre les États-Unis et le Mexique, la ministre Freeland se rendra à Washington demain pour poursuivre les négociations. Nous ne signerons un nouvel Aléna que s'il est
bon pour le Canada et bon pour la classe moyenne. La signature du Canada est nécessaire", a déclaré le porte-parole.

"Très positif" pour Mexico

De son côté, le président mexicain Enrique Peña Nieto a appelé lundi le Premier ministre canadien à conclure une négociation trilatérale "dès cette semaine". "Je viens de parler avec le Premier ministre du Canada Justin Trudeau sur l'état des négociations sur l'Aléna et des avancées entre le Mexique et les États-Unis. Je lui ai dit combien sa réincorporation au processus était importante, afin de conclure une négociation trilatérale dès cette semaine", a-t-il écrit sur Twitter.

Si les négociations États-Unis, Canada, Mexique se poursuivent en septembre, l'approbation finale de l'accord pour le Mexique reviendra probablement à l'équipe du président élu Andres Manuel Lopez Obrador, car, en vertu de la procédure accélérée, le Congrès américain a besoin de 90 jours pour voter sur un nouvel Aléna une fois la renégociation terminée.

"Nous considérons comme un développement positif l'accord annoncé aujourd'hui, car il réduit l'incertitude sur l'économie", a déclaré Marcelo Ebrard, nommé ministre des Affaires étrangères par le président mexicain élu dont l'entrée en fonction interviendra le 1er décembre.  L'accord "reflète les préoccupations soulevées par l'équipe du président élu" au sujet du secteur énergétique et les conditions de travail et salariales des Mexicains, a-t-il ajouté.

Les échanges commerciaux entre les États-Unis, le Mexique et le Canada représentent plus de 1 000 milliards de dollars (856 milliards d'euros) par an.

Avec AFP et Reuters

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