Accéder au contenu principal

Allemagne : Merkel dénonce les "chasses" aux migrants menées par l'extrême droite

Des manifestants d'extrême droite affrontent des partisans de gauche le 27 août à Chemnitz, dans l'est de l'Allemagne.
Des manifestants d'extrême droite affrontent des partisans de gauche le 27 août à Chemnitz, dans l'est de l'Allemagne. Odd Andersen, AFP

Plusieurs personnes ont été blessées, lundi, lors d'une manifestation de l'extrême droite à Chemnitz, en Allemagne. La veille une "chasse aux immigrés", dénoncée par Angela Merkel, avait été organisée après le meurtre d'un Allemand de 35 ans.

PUBLICITÉ

Plusieurs personnes ont été blessées par des engins pyrotechniques et des projectiles, lors d'un rassemblement sous haute tension de milliers de sympathisants d'extrême droite, lundi 27 août au soir, à Chemnitz, au lendemain d'une "chasse collective" aux immigrés.

Mardi, la chancelière Angela Merkel a déclaré que la "haine dans la rue" n'avait pas sa place en Allemagne. "Ce que nous avons vu n'a pas sa place dans un État de droit", a-t-elle expliqué lors d'une conférence de presse à Berlin. "Nous avons vu des chasses collectives, nous avons vu de la haine dans la rue, et cela n'a rien à voir avec un État de droit", a-t-elle insisté.

>> À lire : La fin de la politique migratoire généreuse d'Angela Merkel

De son côté, la police de cette ville de l'ex-RDA n'a fourni aucune précision sur la gravité des blessures, ni sur le nombre exact de blessés dans ce défilé qui a réuni plus de 2 000 protestataires d'extrême droite et environ un millier de contre-manifestants proches de l'extrême gauche, selon l'agence allemande DPA.

Les forces de l'ordre ont fait état de "plus de 100 personnes qui se sont dissimulées le visage", de certaines faisant le salut hitlérien, et d'autres arrachant des pierres mais elles ont assuré sur Twitter que "la majorité des participants" à ce défilé, sous forte escorte policière, avançaient "dans le calme".

>> À lire : Steve Bannon, futur grand ordonnateur des partis d’extrême droite européens ?

Dans cette cité de Saxe, région où l'extrême droite et les néo-nazis sont fortement implantés, les protestataires se sont retrouvés devant un immense buste de Karl Marx – Chemniz fut rebaptisée Karl-Marx-Stadt durant la période communiste – après de violents incidents, dimanche.

Les policiers, déployés en masse avec notamment des canons à eau, ont maintenu à distance un cortège de l'extrême gauche qui tentait de s'approcher du rassemblement d'extrême droite.

"Défendre l'Europe"

"Merkel doit partir", scandaient certains manifestants, arborant des drapeaux allemands, du parti d'extrême droite AfD, et des pancartes telles que : "Arrêter le flot de demandeurs d'asile" ou "Défendre l'Europe !".

Mot d'ordre de ce rassemblement organisé par le mouvement extrêmiste Pegida : exiger que le gouvernement allemand garantisse "la sécurité de ses citoyens", après le meurtre d'un Allemand de 35 ans commis, selon les médias locaux, par deux étrangers, un Syrien et un Irakien.

>> À voir : Accord en Allemagne sur les migrants, blocage en Europe ?

Quelque 800 personnes, dont une cinquantaine prêtes à en découdre avec la police, s'étaient rassemblées dimanche à la suite d'appels en ce sens sur les réseaux sociaux, selon Sonja Penzel, qui dirige la police de la ville.

Ces sympathisants d'extrême droite avaient "attaqué à coups de jet de bouteilles et de pierres" des policiers, selon la même source. Ils avaient lancé dans les rues des "chasses collectives" contre des étrangers que la chancelière a dénoncées promptement et avec véhémence.

Le gouvernement fédéral allemand s'est dit prêt à aider la police du Land de Saxe à assurer l'ordre public, a déclaré mardi le ministre de l'Intérieur Horst Seehofer.

Horst Seehofer, dirigeant de l'Union chrétienne-sociale (CSU) bavaroise, a jugé "compréhensible" la colère publique après la mort de cet homme tué par arme blanche mais a souligné que les actes de violence ou les appels à la vengeance étaient inadmissibles. "La police du Land de Saxe est dans une situation difficile. Si on le lui demande, le gouvernement fédéral est prêt à lui apporter son soutien", a-t-il dit.

Avec AFP

Cette page n'est pas disponible.

Il semblerait qu'il y ait une erreur de notre côté et que cette page ne soit pas disponible. Nos équipes vont se pencher sur la question pour résoudre ce problème au plus tôt.