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Sous pression, Trump ordonne la mise en berne des drapeaux pour John McCain

Le drapeau de la Maison Blanche en berne lundi 27 août à Washington.
Le drapeau de la Maison Blanche en berne lundi 27 août à Washington. Mandel Ngan, AFP

Critiqué de toutes parts pour son lourd silence après le décès de John McCain, Donald Trump a finalement rendu hommage, lundi, à cette figure singulière de la politique américaine en ordonnant la mise en berne des drapeaux à travers le pays.

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Après avoir obstinément refusé, lundi 27 août, de répondre aux questions sur l'ancien sénateur républicain John McCain, qui fut l'un des rares dans son camp à le critiquer ouvertement, Donald Trump a fini par céder à la pression en ordonnant la mise en berne des drapeaux américains à travers le pays. Le président américain a également diffusé un communiqué saluant, a minima, son engagement pour son pays.

À cette occasion, il a annoncé que le drapeau américain flottant sur la Maison Blanche, qui avait été abaissé ce week-end puis relevé lundi matin dans un étrange ballet, serait de nouveau placé à mi-mât pour le reste de la semaine, jusqu'à l'enterrement de celui qui a siégé plus de 35 ans au Congrès et fut candidat à la présidence.

"En dépit de nos différences politiques, je respecte l'engagement du sénateur John McCain pour notre pays", a-t-il souligné dans ce court texte publié deux jours après le décès de l'ancien pilote, torturé durant la guerre du Vietnam.

>> À lire : du Vietnam à Trump, parcours d'un franc-tireur de la politique américaine

Plusieurs associations d'anciens combattants étaient montées au créneau peu avant pour demander au président de changer de posture et d'adopter un comportement plus rassembleur.

"Nous apprécions vraiment tout ce que le sénateur McCain a fait pour notre pays", a-t-il encore dit lundi soir, lors d'un dîner à la Maison Blanche en l'honneur de dirigeants évangélistes.

Donald Trump ne sera pas présent aux obsèques

Consterné par le discours de repli nationaliste et protectionniste du 45e président des États-Unis, John McCain dénonçait régulièrement – et avec une liberté de ton sans équivalent au sein du Parti républicain – le style et les provocations de l'ancien homme d'affaires de New York.

Dans un message posthume lu par son porte-parole, celui qui fut surnommé "le dernier lion du Sénat" a mis en garde les États-Unis contre la tentation du repli et les risques de la division, une dénonciation à peine voilée de l'actuel locataire de la Maison Blanche.

"Nous affaiblissons notre grandeur lorsque nous confondons notre patriotisme avec des rivalités tribales qui ont engendré le ressentiment, la haine et la violence aux quatre coins de la planète. Nous l'affaiblissons quand nous nous cachons derrière des murs, plutôt que de les faire tomber", a écrit John McCain peu avant sa mort à l'issue d'une longue bataille contre le cancer.

Son porte-parole a par ailleurs confirmé que Donald Trump n'assisterait pas aux funérailles nationales prévues samedi à Washington, où ses prédécesseurs  Barack Obama et George W. Bush vont prononcer un éloge funèbre.

La rupture avec les codes et les usages de la politique américaine fut la marque de fabrique du candidat Trump. Elle est aussi, dans une large mesure, celle du président Trump. Mais le fait qu'il pousse cette logique aussi loin, dans un pays friand de moments – même éphémères – d'unité nationale, a surpris et choqué nombre d'élus.

Jusqu'à lundi soir, le contraste était saisissant : depuis le décès samedi à 81 ans du sénateur républicain au verbe haut, les hommages s'accumulent des deux côtés de l'échiquier politique, mais aussi à travers le monde.

Donald Trump, lui, s'en était tenu à un tweet laconique dans lequel il adressait ses condoléances à la famille. Contrairement à son vice-président Mike Pence ou à sa femme, Melania, il n'avait pas dit un mot sur la vie, le parcours ou les combats de John McCain. Selon le Washington Post, il a même refusé la publication d'un communiqué préparé par ses services, dans lequel l'ancien prisonnier de la guerre du Vietnam était qualifié de "héros".

Avec AFP

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