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Rougeole, tuberculose, gale... Les maladies d'autrefois font leur retour en France

La couverture vaccinale contre la rougeole en France est en-deça des recommandations de l'OMS.
La couverture vaccinale contre la rougeole en France est en-deça des recommandations de l'OMS. Joe Raedle, AFP

Des maladies que l’on pensait oubliées refont surface en France dans des proportions inquiétantes. En cause : la précarité, l’isolement ou le refus de se faire vacciner.

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"Attraper la rougeole." Depuis qu’un vaccin a été mis en place dans les années 1960, cette maladie extrêmement contagieuse, et parfois mortelle, semblait reléguée pour toujours aux vielles histoires de nos grands-parents. Mais depuis le début de l'année, trois personnes sont mortes de la rougeole en France. Et depuis le début de l’épidémie, il y a dix mois maintenant, 3 000 cas ont été déclarés dans l’Hexagone. Ce n’est pas la seule maladie que l'on pensait quasiment disparue à faire son retour en France : la tuberculose, la gale et le scorbut font aussi leur réapparition. Différentes raisons expliquent cette recrudescence.

  • Rougeole : la couverture vaccinale insuffisante en cause

Vingt cas de rougeole ont été signalés en France au cours des dernières semaines de juillet, selon le site officiel Santé Publique France.De novembre 2017 à début août 2018,  2 741 cas ont été déclarés en France, contre 519 pour toute l’année 2017 et 79 seulement en 2016. L’épidémie ne se cantonne pas à la France : il y a une semaine, l’OMS a ainsi alerté sur l'"augmentation spectaculaire des infections" en Europe. Or, la maladie est contagieuse : un malade contamine en moyenne 15 à 20 personnes autour de lui. Pour enrayer la diffusion du virus, rappelle l’OMS, un taux de vaccination de minimum 95 % est nécessaire.

La couverture vaccinale de la France stagne ainsi depuis des années à 90 % environ pour la première dose et 80 % environ de vaccinés avec deux doses, ce qui est insuffisant pour endiguer la maladie. Pour atteindre l’objectif de 95 % de couverture vaccinale recommandée par l’OMS, le vaccin combiné Rougeole-Oreillons-Rubéole (ROR) est devenu obligatoire pour les enfants nés après le 1er janvier 2018. Les autorités sanitaires appellent, par ailleurs, chaque citoyen à vérifier son statut vaccinal et à se faire vacciner en cas de doute.

Mais cette politique sanitaire se heurte à un mouvement de résistance à la vaccination : les médecins rapportent ainsi avoir régulièrement affaire à des parents qui refusent ainsi de faire vacciner leurs enfants. Les données sont pourtant sans appel : 89 % des cas de rougeole signalés depuis novembre 2017 sont survenus chez des sujets non ou mal vaccinés, parce que trop fragiles ou immunodéprimées notamment.

Si l’on en croit les études, cependant, les prises de position fortes des autorités portent leurs fruits : dans un sondage Ipsos dévoilé en juillet, 83 % des Français se déclarent favorables à la vaccination. Dans une étude internationale de 2016, ils n’étaient que 69 % des Français à affirmer avoir confiance dans les vaccins.

  • Tuberculose : les populations précarisées sont les plus exposées

On meurt encore de la tuberculose en France. Dans les années 1980, pourtant, la maladie infectieuse avait quasiment disparu. Avec 5 000 cas par an dont 900 mortels, la prévalence de la tuberculose est de 7,2 cas pour 100 000 habitants. Des chiffres généraux qui cachent de profondes inégalités au sein de la population : les populations précarisées (sans-abri, migrants…) sont les plus touchées. La politique vaccinale s’est adaptée à ces données : obligatoire jusqu’en 2007 pour tous les enfants, le vaccin BCG (bacille de Calmette et Guérin) est désormais uniquement "recommandé" pour les enfants "exposés à un risque élevé de tuberculose dans leur entourage ou dans leur environnement". Il s’agit, notamment, des enfants "résidant en Île-de-France, en Guyane ou à Mayotte", des enfants vivant dans des conditions défavorisées et encore des enfants nés dans un pays où la tuberculose est très présente, dont l'un des parents provient de ces pays, ou qui doivent séjourner dans ces pays. Ces recommandations ciblées partent du constat que la vaccination des seuls enfants à risque évite les trois quarts des cas de tuberculose jusque-là empêchés par le BCG lorsqu'il était encore obligatoire. Par ailleurs, la maladie, une fois détectée, se soigne bien par antibiotiques.

  • Gale : les enfants en bas âge et les personnes âgées en première ligne

Cette maladie infectieuse due à la colonisation de la peau par un acarien évoque le Moyen-Âge. Pourtant, selon le Haut Conseil pour la santé publique (HCSP) créé en 2004 pour faire des recommandations au ministère de la Santé, avec au moins 328 cas de gale pour 100 000 habitants, l’incidence de la maladie a augmenté d’environ de 10 % depuis 2002. Mais les données restent imprécises car le diagnostic biologique est difficile et la maladie n’est pas à déclaration obligatoire. Comme dans tous les pays développés, les cas de gale en France se déclarent essentiellement dans les collectivités où la promiscuité favorise la contagion : les établissements pénitentiaires, les crèches, les maisons de retraite… Les jeunes enfants et les personnes âgées sont particulièrement vulnérables. Mais si la maladie est gênante, elle est peu dangereuse et le traitement par voie orale est simple d’administration.

  • Scorbut : la maladie de la malbouffe

Identifié au 15e siècle, le scorbut, qui résulte d’une forte carence en vitamine C a longtemps été vue comme la "maladie des marins" qui ne pouvaient s’approvisionner régulièrement en fruits et légumes frais lors de leurs longues navigations. Simple à prévenir par une alimentation équilibrée - un verre de jus d’orange par jour suffit - le scorbut n’a pour autant pas disparu en France. Selon une étude menée sur un an au CHU de Limoges en 2015, 63 patients de 47 ans de moyenne d’âge, ont été admis pour carence en "vitamine C" comme diagnostic principal. Parmi eux, dix cas de scorbut ont été diagnostiqués. L’étude précisait le profil de ces dix personnes : "trois patients étaient sans emploi, trois ne prenaient pas trois repas par jour, trois étaient éthyliques chroniques, un cas avait une pathologie psychiatrique, un avait un cancer, neuf avaient d’autres carences vitaminiques". Une supplémentation vitaminique avait suffi à les faire guérir. 

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