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Comment le camping du festival de Reading and Leeds a fini en décharge à ciel ouvert

Photo d'illustration dans le camping du festival de Reading, en 2010.
Photo d'illustration dans le camping du festival de Reading, en 2010. Felix Kunze/Redferns

Les images des milliers de tentes laissées à l’abandon après la clôture du festival de Reading and Leeds en Angleterre ont fait le tour du Web.

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Pendant trois jours, des dizaines de milliers de festivaliers ont dansé au rythme des concerts de Kendrick Lamar, Diplo, Kings of Leon et Post Malone à Reading et Leeds, deux villes du Royaume-Uni qui co-organisent un festival depuis une vingtaine d’années. Mais les images des sites au lendemain de l’événement ont un peu gâché la fête.

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"Le gâchis est juste ridicule"

Sur Facebook, Sophie Cottis-Allan a ainsi publié une vidéo d’un peu moins d’une minute dans laquelle elle traverse en voiture le terrain de camping du festival de Leeds où s’amoncellent des tas de tentes, sacs de couchage et autres déchets abandonnés par les festivaliers.

"Les conséquences du festival de Leeds. Le gâchis est juste ridicule… Heureusement des centaines de bénévoles de superbes associations ont été invités pour récupérer quelque chose de cette culture du tout-jetable. Malheureusement, plus de 90 % des tentes qu’on a vues étaient sales, lacérées ou brûlées", commente-t-elle.

D’autres photos prises du ciel depuis une montgolfière survolant Leeds font état du même constat. Et de même au site de Reading, où 60 000 tentes auraient été abandonnées à l’issue du week-end. En 2017, les festivals de Reading and Leeds avaient laissé derrière eux 320 tonnes d’ordures qui ont fini à la décharge, d’après un rapport. Et le bilan pour 2018 devrait être tout aussi gigantesque.

"Ces images résument à quel point nous sommes allés loin sur la route de l’usage unique et de notre société du tout-jetable, et nous devons changer cela maintenant. Il est temps de regarder en face comment nous traitons notre planète et la masse de déchets que nous créons", a réagi Allison Ogden-Newton, à la tête du mouvement environnemental Keep Britain Tidy.

"C’est plutôt de la responsabilité des organisateurs"

Alors qu’on peut désormais acheter une tente basique pour une quinzaine d’euros, l’idée de ne l’utiliser que pour un week-end ne pose visiblement pas de problèmes à beaucoup d’entre nous. Pourtant pour Jean Perrissin, responsable du Développement durable du festival Cabaret Vert qui a accueilli 15 000 campeurs du 23 au 26 août dernier, "il ne faut pas compter que sur les festivaliers pour la collecte des déchets, c’est plutôt de la responsabilité des organisateurs". Pour ramasser les 20 à 30 tonnes d’ordures sur les trois campings du festival, 70 bénévoles ont circulé entre les tentes pour nettoyer mais aussi "donner aux fêtards les moyens de ramasser leurs poubelles" grâce à des sacs de tri et des points de collecte.

90 % des déchets non réutilisés à Leeds

Outre un manque de conscience éco-responsable des campeurs, les festivals pâtiraient aussi d’une "croyance commune qui veut que laisser votre tente équivaut à faire un don", avance Matt Wedge, directeur de l’association Festival Waste Reclamation and Distribution, au Telegraph. Face aux images de cette déchetterie à ciel ouvert, de nombreuses associations se sont alors organisées pour passer collecter ce qui pouvait être réutilisé. "Nous avons mobilisés des bénévoles et des associations caritatives et on a pris tout ce qu’on pouvait pour les sans-abri et les réfugiés de Calais et Dunkerque, mais en réalité 90 % des déchets sont restés", raconte Matt Wedge.

Si des associations comme Help Refugees et Derby Solidarity ont partagé des photos de leur ramassage, des milliers de tentes et sacs de couchage étaient bien trop abîmés pour pouvoir être réutilisés. Et finiront sans doute à la décharge la plus proche.

De plus en plus de solutions anti-gaspillage

C’est loin d’être la première fois que le Web s’émeut devant les images des déchets laissés par certains festivals. En 2016, une vidéo qui filmait le camping de Glastonbury après la fin du festival avait déjà fait le tour du Web. Alors pour lutter contre ce phénomène, de nombreuses initiatives sont mises en places.

En France notamment, le Hellfest et le festival Papillons de Nuit vendent aux campeurs les tentes KarTent en carton recyclable et résistantes à l’eau pour 15 euros. D’autres proposent de louer des tentes et des matelas, comme c’est le cas au Cabaret Vert. Cette année, le festival de Charleville-Mézières innovait avec une appli permettant aux festivaliers de laisser leur matériel de camping en échange de "sardines", une monnaie virtuelle utilisable sur le site. "Les matelas, sacs de couchage et vêtements récupérés ont été donnés à une association caritative de Reims qui s’occupe de réfugiés", explique Jean Perrissin à Mashable FR.

Si la saison des festivals touche à sa fin en cette rentrée automnale, essayez de garder en tête toutes ces solutions pour faire la fête sans trop bousiller notre planète.

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