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Remaniement : François de Rugy, un écolo consensuel pour succéder à Hulot

Passation de pouvoir entre Nicolas Hulot (accompagné de son épouse Florence Lasserre-David) et François de Rugy.
Passation de pouvoir entre Nicolas Hulot (accompagné de son épouse Florence Lasserre-David) et François de Rugy. Philippe Lopez / AFP

Nommé mardi à la tête du ministère de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy quitte le poste prestigieux de président de l'Assemblé nationale pour se frotter au terrain. Retour sur le parcours d’un ambitieux.

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François de Rugy se remet au vert. L’actuel président de l’Assemblée nationale délaisse le perchoir pour le ministère de la Transition écologique et solidaire, laissé vacant depuis la démission de Nicolas Hulot, le 28 août. "C’est un Vert qui connaît les sujets environnementaux mais il reste plus effacé que Nicolas Hulot ou Daniel Cohn-Bendit, dont le nom a un temps été évoqué, commente Roselyne Febvre, chroniqueuse politique sur France 24. Ça n’est pas une forte tête."

François de Rugy ou la revanche d’un ambitieux

Une personnalité jugée "consensuelle", qui rassure un exécutif échaudé par les coups de sang d’un Nicolas Hulot à fleur de peau. "Il remplace un imprévisible, sujet à des états d’âme, jamais loin de la crise de nerfs, poursuit la journaliste. Avec François de Rugy, ça va être calme, du grand calme."

Un homme calme mais néanmoins pugnace. Ce Nantais de 44 ans, devenu maire adjoint à 27 ans, député à 33 ans, et président de l’Assemblée 10 ans plus tard, a longtemps convoité ce portefeuille ministériel, même s’il a prétendu ces derniers jours dans les médias n’"être candidat à rien"… Soucieux de ne pas insulter l’avenir, le président de l’Assemblée avait toutefois pris soin de mentionner sur son compte Facebook le 28 août que ce ministère requérait "forte détermination, engagement et persévérance dans le temps", laissant entendre que son profil correspondait en tout point à la fiche de poste.

Au-delà de son caractère rassurant, le parcours engagé de François de Rugy répond aux exigences d’un ministère de l’Écologie. Diplômé de Sciences Po Paris, l’élu de Loire-Atlantique a débuté sa carrière de militant au parti Génération écologie alors âgé d’à peine 20 ans. Puis il rejoint les Verts. Mais ce n’est qu’en 2007, sous cette même étiquette, qu’il se fait élire pour la première fois à l'Assemblée en 2007. Réélu député en 2012, il profite de la percée du nouveau parti Europe Écologie Les Verts (EELV) pour prendre la tête du groupe écologiste à l'Assemblée. Social-libéral, il se heurte à la ligne de front orientée à gauche menée par Cécile Duflot et quitte le mouvement en août 2015. En septembre de la même année, il fonde le Parti écologiste, au côté de Jean-Vincent Placé, lui aussi démissionnaire d'EELV. Proche de la ligne socialiste incarnée par François Hollande, sa fidélité n’est pas récompensée puisque le chef de l’État ne lui confie aucun ministère.

Macron-compatible

Issu de la noblesse, François Goullet de Rugy de son vrai nom, n'a ni "château", ni "trésor" de ses parents enseignants mais une qualité bien plus essentielle aux yeux de l'actuel président, il est parfaitement Macron-compatible. En janvier 2017, il se porte candidat à la primaire de la gauche et ne recueille que 3,88 % des voix. Au sortir de l’élection, il ne soutient pas Benoît Hamon, comme il en était pourtant question et préfère se rallier au panache d’Emmanuel Macron. En juin, il se présente aux législatives sous la bannière La République En Marche avec succès et se porte bientôt candidat au perchoir. François de Rugy est "un écologiste légitime, tout à fait macroniste et il a un avantage majeur : il peut s'appuyer sur l'Assemblée nationale, ce que Nicolas Hulot n'a pas réussi à faire", a réagi Corinne Lepage, ancienne ministre de l'Environnement, sur BFMTV.

Préféré à Sophie Errante et Brigitte Bourguignon, le nouveau président de l’Assemblée nationale s’attache à réformer l’institution, selon le programme d’Emmanuel Macron : réduction du nombre de députés, limitation du cumul des mandats. Ses détracteurs lui reprochent (entre autres choses) de s’être davantage préoccupé à réformer qu’à mettre en œuvre ses idéaux écologistes. "C'est donc le Président de l'assemblée nationale qui a fait repousser à deux heures du matin l'amendement demandant l'interdiction du glyphosate, qui va devenir le prochain Ministre de l'écologie ? Quelle farce. Pas très éco-logique...", persifle son compte Twitter Alexis Corbière, porte-parole de Jean-Luc Melenchon.

"Tout ca pour ça"

Partisan d’"une grande souplesse politique", diront les plus diplomates, François de Rugy est accusé par ses adversaires d'avoir sacrifié ses convictions écologistes sur l'autel de ses ambitions. "Tout ça pour ça... Bon courage au nouveau ministre, depuis le temps qu'il attendait", a notamment raillé Julien Bayou porte-parole d'EELV, insistant que "sans changement de cap, ce jeu de chaises musicales ne changera rien, malheureusement".

Un changement tout de même à prévoir, celui du nouveau président de l’Assemblée nationale. Selon une source parlementaire, la nomination de François de Rugy ouvrirait la voie à Richard Ferrand, patron des députés LREM, pour s'installer au perchoir dès mercredi 12 septembre.

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