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Offensive imminente à Idleb, mise en garde contre les armes chimiques

Des ruines dans la région d'Idleb, après des bombardements de l'aviation russe, le 4 septembre 2018.
Des ruines dans la région d'Idleb, après des bombardements de l'aviation russe, le 4 septembre 2018. Zein Al Rifai, AFP

L'armée syrienne "s'apprête à régler" le problème du "terrorisme" dans la province d'Idleb, dernier bastion des insurgés en Syrie, selon le Kremlin.

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Des avions syriens et russes ont mené des raids mardi 4 septembre dans la province d'Idleb, dernier grand bastion rebelle dans le nord-ouest de la Syrie, contre laquelle l'armée gouvernementale syrienne prépare une offensive qui fait craindre à la communauté internationale un désastre humanitaire.

Les avions russes ont mené des frappes dans la région pour la première fois depuis la mi-août. Des raids autour de Jisr al Choughour, à la limite occidentale de l'enclave rebelle, ont fait 13 morts dans la population civile, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a réaffirmé mardi que la région d'Idleb était un "nid de terroristes" qui servait de base arrière pour préparer des attaques contre les forces russes en Syrie.

Le décryptage d'Armelle Charrier

"La population est prise en otage"

Les appels se multiplient dans le monde pour dissuader les forces syriennes et leurs alliés de lancer une attaque majeure dans la province où vivent quelque 3 millions d'habitants, dont la moitié ont déjà fui d'autres régions du pays, selon l'ONU. Cette offensive pourrait faire jusqu'à 800 000 déplacés et provoquer "une catastrophe humanitaire".

"Il y a une population qui est extremement importante, trois millions de personnes pour une ville, c’est colossale. Il faut savoir que cette population n’est pas la population initiale d’Idleb. Il y a les combattants qui sont partis avec leur famille, mais il y a aussi des civils qui n’avaient rien à voir avec les combats et qui sont allés se réfugier là car les endroits où ils habitaient étaient une zone de guerre", décrit la chroniqueuse internationale de France 24, Armelle Charrier. "Vous avez une surenchère qui est en train de se passer autour de la bataille d’Idleb. La population est prise en otage".

La question des armes chimiques

Les États-Unis organiseront vendredi une réunion du Conseil de sécurité sur la situation à Idleb, a annoncé l'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, tout en semblant accepter une offensive du régime syrien sous condition qu'elle se produise avec un armement conventionnel.

"S'ils veulent continuer à reprendre le contrôle de la Syrie, ils peuvent le faire mais ils ne peuvent pas le faire avec des armes chimiques", a-t-elle déclaré, en présentant la présidence américaine du Conseil de sécurité pour le mois de septembre.

Par cette déclaration, la représentante américaine a semblé donner un feu vert à une offensive du régime syrien sur Idleb, qui semble imminente, sous condition qu'elle ne s'effectue pas au moyen d'armes chimiques. Nikki Haley a rappelé les récents avertissements du président américain Donald Trump sur un éventuel recours à l'arme chimique par le régime syrien pour reprendre le contrôle de la province d'Idleb.

"Soyons clairs, notre position, ferme, reste inchangée : si le président Bachar al-Assad décide d'utiliser une nouvelle fois des armes chimiques, les États-Unis et leurs alliés répondront rapidement et de façon appropriée", avait indiqué plus tôt la Maison Blanche dans un communiqué.

Les présidents russe, turc et iranien, Vladimir Poutine, Recep Tayyip Erdogan et Hassan Rohani, se rencontreront vendredi à Téhéran pour examiner la situation dans cette région de Syrie, et le président syrien Bachar al Assad pourrait attendre les résultats de cette réunion pour lancer son offensive terrestre contre Idleb.

Le régime Assad cherche à reconquérir le territoire après avoir chassé rebelles et jihadistes de plusieurs autres grands fiefs qu'ils contrôlaient en Syrie. Le conflit en Syrie, déclenché en 2011 avec la répression par le régime de manifestations pro-démocratie, a déjà fait plus de 350 000 morts et des millions de déplacés et de réfugiés.

Avec AFP et Reuters

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