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L'élu parisien Ian Brossat veut chasser Airbnb du centre de la capitale

Avec 60 000 logements à louer, Paris représente le premier marché de Airbnb.
Avec 60 000 logements à louer, Paris représente le premier marché de Airbnb. Philippe Lopez, AFP

L'adjoint au Logement à la mairie de Paris, Ian Brossat, a plaidé jeudi pour l'interdiction de la mise en location d'appartements entiers dans les arrondissements centraux via les plateformes comme Airbnb.

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"Explosion des locations illégales" et "manque de logements" : l'élu parisien Ian Brossat a demandé jeudi 6 septembre, dans un entretien au Parisien, aux législateurs d'interdire les locations d'appartements entiers via Airbnb dans quatre arrondissements touristiques du centre de la capitale et la fin des résidences secondaires.

"Un logement sur quatre ne sert plus à loger des Parisiens", s'alarme l’adjoint communiste au Logement de la Ville de Paris et chef de file du PCF aux élections européennes.

Autre constat : en 2014, selon l'Insee, Paris comptait "environ 107 000 logements secondaires sur 1,1 million de logements à Paris", rappelle l'élu qui demande également aux législateurs d'"interdire l'achat de résidence secondaire à Paris".

"Cour de récréation pour des milliardaires"

"Est-ce qu'on veut que Paris soit une ville accessible aux classes moyennes ou une cour de récréation pour des milliardaires saoudiens ou américains ?", interroge-t-il. Pour l'adopter, l'adjoint au Logement – dont les propositions n'engagent pas la mairie de Paris – estime que la loi pourrait s'inspirer d'une autre mesure existante : "La surtaxe à 60 % de la taxe d'habitation, pour les personnes qui ont une résidence secondaire dans la capitale".

>> À lire : "Airbnb, un succès qui rapporte peu au fisc français"

En guerre depuis plusieurs années contre le géant américain, Ian Brossat propose également d'"interdire la location d'appartements entiers via Airbnb dans les quatre premiers arrondissements parisiens", situés à proximité des sites touristiques de Notre-Dame-de-Paris, du Louvre ou de l'Opéra.

"Un Parisien sur cinq utilise aujourd'hui Airbnb pour améliorer ses revenus et faire face au coût de la vie", se défend dans un communiqué transmis à l'AFP la société, qui accuse l'élu d'"offrir une nouvelle tribune aux arguments de lobbies hôteliers".

Airbnb accusé d'accentuer la crise du logement

Comme pour les autres mesures restrictives mises en œuvre en 2017 (limitation des locations à 120 jours par an et par logement, et obligation d'avoir un numéro d'enregistrement), ces propositions supposent un changement législatif que l'élu espère obtenir lors des débats sur la loi logement Elan, à l'automne.

Berlin, Barcelone, Amsterdam... De plus en plus de villes dans le monde accusent Airbnb d'accentuer la crise du logement en incitant les propriétaires à louer à des visiteurs de passage plutôt qu'à ses résidents permanents. En août, la ville de New York a pris un arrêté obligeant la plateforme à communiquer à la mairie la liste des transactions effectuées pour des logements dans la ville.

Dix ans après sa naissance, Airbnb, société avare en informations financières mais estimée à 31 milliards de dollars selon un calcul réalisé à l'occasion d'une levée de fonds au printemps 2017, propose près de 5 millions de logements, dans 81 000 villes de près de 200 pays. Avec 60 000 logements à louer, Paris représente son premier marché.

Avec AFP et Reuters

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