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Grèce : la célèbre réfugiée syrienne Sarah Mardini inculpée pour aide à l'immigration irrégulière

Les sœurs Mardini, Sarah (à gauche) et Yusra (à droite), à Berlin le 17 novembre 2016, après avoir reçu le Bambi Award dans la catégorie héros.
Les sœurs Mardini, Sarah (à gauche) et Yusra (à droite), à Berlin le 17 novembre 2016, après avoir reçu le Bambi Award dans la catégorie héros.

La réfugiée syrienne Sarah Mardini, célèbre pour avoir sauvé des réfugiés en mer, a été inculpée des crimes de "participation à une organisation criminelle", "violation de secrets d’État" et "recel", passibles de la réclusion à perpétuité.

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Sarah Mardini, la réfugiée syrienne célèbre pour avoir, avec sa sœur nageuse olympique Yusra, sauvé des réfugiés en mer, a été inculpée en Grèce de participation à "un réseau criminel" d'aide à l'immigration irrégulière.

Arrêtée le 21 août sur l'île de Lesbos, en mer Égée, où elle aidait les réfugiés au sein d'une ONG, la jeune femme de 23 ans a été placée en détention provisoire à la prison athénienne de Korydallos, a indiqué mercredi à l'AFP son avocat, Haris Petsikos.

>> À voir aussi sur la chaîne YouTube de France 24 : "De Damas à Rio : à la rencontre de Yusra Mardini, réfugiée syrienne qui rêve de titre olympique"

Son cas a été rendu public mardi par le site grec Protagon, après l'annonce par la police du démantèlement d'un "réseau criminel" d'aide à l'immigration irrégulière, impliquant au total 30 membres de l'ONG ERCI (Emergency response centre international) déployée à Lesbos.

La jeune femme, et un autre volontaire germano-irlandais, Sean Binder, arrêté avec elle, "rejettent toutes les charges" qui les visent, a déclaré Me Petsikos. Ils ont notamment été inculpés des crimes de "participation à une organisation criminelle", "violation de secrets d'État" et "recel", passibles de la réclusion à perpétuité, a-t-il précisé.

Le troisième membre de l'ONG arrêté, un de ses dirigeants, le Grec Nassos Karakitsos, devait lui être présenté dans la journée au juge d'instruction.

'Criminalisation' de la solidarité

"Pour moi, il s'agit clairement d'un cas de criminalisation de l'aide aux réfugiés", a commenté Me Petsikos. Il a relevé que ses deux clients étaient absents de Grèce à plusieurs dates où des faits leur sont reprochés.

L'avocat a déposé mercredi une demande de remise en liberté de Sarah, qui vit en Allemagne avec sa famille où elle bénéficie d'une bourse au sein d'une université privée à Berlin.

Selon la police, les membres impliqués de l'ONG offraient "un concours direct aux réseaux organisés de trafic de migrants", en s'informant à l'avance des arrivées sur les îles et en organisant l'accueil des exilés, mais sans transmettre leurs informations aux autorités. Elles recherchaient ainsi "un gain financier via des donations à l'ONG", a précisé la police dans un communiqué.

Sarah et sa sœur, Yusra, étaient devenues célèbres pour avoir mené à bon port, grâce à leurs compétences de nageuses, le bateau en difficulté qui les amenait de Turquie à Lesbos en août 2015, avec 18 autres personnes à bord. Yusra a participé aux JO de Rio en 2016 dans l'équipe des athlètes réfugiés, et elle est depuis 2017 ambassadrice de bonne volonté du Haut-Commissariat aux Réfugiés de l'ONU.

Les autorités grecques avaient déjà accusé trois Espagnols et deux Danois d'avoir contribué à l'entrée irrégulière de migrants à Lesbos par leur action au sein de l'ONG espagnole Proem-Aid mais ces volontaires avaient été relaxés en mai à l'issue d'un procès très suivi par le monde humanitaire.

Avec AFP

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