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Asie - pacifique

Les cultures d'Asie centrale à l'honneur aux Jeux mondiaux nomades du Kirghizstan

© Anne Pouzargues, France 24 | Parmi les épreuves organisées, des concours de chasse à l'aigle.

Texte par Anne POUZARGUES

Dernière modification : 07/09/2018

Tous les deux ans depuis 2014, le Kirghizstan organise une compétition sportive autour des disciplines traditionnelles des peuples nomades d'Asie centrale. Cette année, 80 États ont envoyé plus de 2 300 athlètes, qui s'affrontent durant une semaine.

Il règne une atmosphère festive et une certaine effervescence aux abords de l'hippodrome de Tcholpon-Ata. Sous la lumière orangée de cette fin de journée d’été, des dizaines de délégations forment un joyeux mélange où peuvent s'entendre des langues et se voir des tenues traditionnelles du monde entier. Nous sommes au bord du lac Issyk-Koul, au Kirghizstan, pour la troisième édition des Jeux mondiaux nomades, qui se tient jusqu’au 9 septembre.

Cette année, 80 États ont envoyé plus de 2 300 athlètes, qui s'affrontent dans des concours de lutte, de tirs à l'arc, et, bien sûr, de nombreuses épreuves autour du cheval, l'animal symbole de la région.

Le kok-borou, épreuve reine de l'Asie centrale

L'une d'elles est la compétition qui attire les foules : celle du kok-borou. Deux équipes à cheval tentent de ramasser une carcasse de chèvre de plus de 30 kilos et de l'amener dans un cercle de l'autre côté du terrain. Le jeu requiert de la force – pour soulever la carcasse – et de l'adresse – pour parvenir à rester en selle sur des chevaux lancés au triple galop et se bousculant dans des nuages de sable. Un savant mélange qui donne lieu à des parties spectaculaires.

La discipline, ancestrale, est la plus populaire d’Asie centrale. Ici, chaque pays à sa propre ligue de kok-borou, et le sport est pratiqué à tous âges. Le Kirghizistan, pays hôte, a remporté vendredi le titre de champion, en s'imposant 32 à 9 face à l'Ouzbékistan. Dans les tribunes bondées, les spectateurs euphoriques s'apprêtent à célébrer la victoire toute la nuit.

Une équipe tricolore est également présente. Six joueurs de horse-ball français sont venus s'essayer au kok-borou. Une équipe constituée spécialement pour l'occasion, et dont un des membres a été recruté…à l'aéroport. Lorsqu'ils affrontent la République russe de Bachkirie,c'est la toute première fois qu'ils jouent à ce jeu. "Le but, avant tout, c'est de permettre plus d'échanges entre la France et Kirghizstan", explique Alexandra, membre de la délégation française. "Les événements sportifs permettent cela. Et puis rien que pour l’ambiance et le cadre, c'est incroyable de pouvoir participer."

L'équipe de France de kok-borou affronte la République de Bachkirie à l'hippodrome de Tcholpon-Ata, le 4 septembre 2018. © Anne Pouzargues, France 24

Pour Almohady, jeune Kirghize originaire de la ville d'Osh, dans le sud du pays, la venue d'une équipe européenne est un bon moyen de faire découvrir le sport national à l’étranger. "Cette année, vous avez gagné la Coupe du monde de foot, et nous avons gagné la finale de kok-borou. Mais peut-être que dans 10 ans, c'est le Kirghizstan qui gagnera au foot, et la France au kok-borou !", prophétise-t-il.

Une vitrine culturelle

Outre l’aspect sportif, les Jeux sont aussi une occasion de faire découvrir, au plus grand nombre, la culture des peuples nomades d'Asie centrale. À une quarantaine de kilomètres de l'hippodrome, dans la vallée de Kyrchyn, ont été installées une centaine de yourtes. Le village met à l'honneur la culture nomade, autour de chants, de danses ou encore de la gastronomie.

Car même si le nombre de nomades dans la région a drastiquement diminué, notamment au profit d'un mode de vie semi-nomade (yourtes dans les pâturages d'altitude l'été, redescente dans les villages l'hiver), les coutumes sont encore présentes dans la vie quotidienne des Kirghizes. Quelque 700 volontaires, jeunes étudiants dans les grandes villes du payspour la plupart d'entre eux, ont été recrutés et formés pour ces Jeux, qui leur permettent de mettre en valeur les traditions nomades et de faire découvrir un mode de vie qui constitue l'identité kirghize. "C'est une fierté pour nous d'organiser les Jeux nomades et de pouvoir y participer", explique Taalay, originaire de Bichkek, la capitale. "Nous sommes fiers de nos origines et de notre histoire."

On peut ainsi assister à la construction des yourtes, à des cérémonies de mariages traditionnels, et prendre place autour d'un "beshbarmak", spécialité nomade à base de viande de cheval, pomme de terre, pâtes et oignons, ou d'un verre de "maksim", boisson salée à base de blé.

Des archers s'affrontent sur l'épreuve de tir à 70 mètres. © Anne Pouzargues

Derrière le sport, le tourisme

Entre les yourtes déambulent des participants et des spectateurs parfois bien loin d’être familiers avec la culture nomade. C'est le cas de Nazima, venue de Singapour avec une équipe de cinq autres archers, pour participer aux compétitions de tir à l'arc. "Les Jeux permettent de rencontrer des gens de tous les coins du monde, et particulièrement d'Asie centrale. C'est très intéressant pour nous, qui venons d'un pays où le mode de vie nomade est inexistant !"

Habitués à la machine huilée de Singapour, l'équipe d'archers doit se faire à "l'absence de programme, d'organisation. On ne sait jamais vraiment qui va jouer contre qui, à quelle heure, dans quel endroit… On ne verrait jamais ça chez nous. Mais tout finit toujours par marcher !"

Les yourtes, habitat traditionnel nomade, sont encore utilisées et font partie de l'identité kirghize. © Anne Pouzargues, France 24

L'un des objectifs affichés des Jeux mondiaux nomades est également d'accroître le nombre de touristes, qui a triplé depuis 2007. Le gouvernement compte bien s'appuyer sur les richesses naturelles et culturelles du pays pour augmenter les revenus liés à l'activité touristique, et les Jeux sont une vitrine internationale. Mais leur organisation, qui s'élève à 4,5 millions de dollars, a parfois fait grincer des dents : le Kirghizstan, avec un taux de pauvreté de 33 %, est en effet un des États les plus pauvres d'Asie centrale.

Première publication : 07/09/2018

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