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En Suède, des élections législatives sous le spectre de l'extrême droite

Un meeting du parti des Démocrates de Suède (SD), parti anti-immigration, le 6 septembre 2018 à Motala, dans le centre du pays.
Un meeting du parti des Démocrates de Suède (SD), parti anti-immigration, le 6 septembre 2018 à Motala, dans le centre du pays. Fredrik Sandberg, AFP

En Suède, les élections législatives du 9 septembre sont plus qu'incertaines. Selon les sondages, aucune coalition ne serait en mesure d'obtenir une majorité absolue, alors que l'extrême droite est en embuscade.

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Lors des élections législatives de dimanche 9 septembre en Suède, l'extrême droite anti-immigration devrait réaliser une forte poussée, aux dépens des partis traditionnels menacés par un vote sanction.

Ni le bloc "rouge-vert" du Premier ministre social-démocrate sortant Stefan Löfven, ni le bloc "bourgeois" emmené par le dirigeant conservateur Ulf Kristersson ne devraient obtenir la majorité au Riksdag, condamnés à trouver des alliances au-delà de leur propre camp.

Le Parti ouvrier social-démocrate, force dominante de la vie politique suédoise, pourrait réaliser son plus mauvais score depuis plus d'un siècle. Les sociaux-démocrates sont en effet crédités de 23,8 % des voix, devant les Démocrates de Suède (SD), parti anti-immigration (20 %) et les conservateurs (17 %), selon un sondage de l'institut Skop publié dimanche, à une semaine du scrutin. D'autres sondages donnent SD en troisième position.

>> À voir sur France 24 : "En Suède, des élections législatives sous le spectre de l'extrême droite"

Même s’ils n’ont aucune chance d'intégrer un cabinet tant que résiste le "cordon sanitaire" des partis traditionnels, les Démocrates de Suède siphonne les électeurs des autres parties. Salariés modestes, retraités et primo-électeurs, ils reprochent à Stefan Löfven d'avoir hypothéqué leur bien-être en ouvrant les frontières aux demandeurs d'asile perçus "comme une menace économique et culturelle", analyse le sociologue Jens Rydgren.

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Pays de 10 millions d'habitants, la Suède en a reçu 400 000 depuis 2012, d'abord sous le gouvernement de centre-droit de Fredrik Reinfeldt, puis celui de centre-gauche de Stefan Löfven. Loin des agglomérations, foyers de croissance et d'innovation, de plus en plus d'électeurs sont aussi séduits par le discours nationaliste des Démocrates de Suède qui souhaitent une sortie du pays de l'Union européenne, un "Svexit".

Un parti aux influences néonazies

Ce parti a été fondé à la fin des années 1980 au cours d'une réunion à Malmö à laquelle assistent des transfuges de groupuscules nationaux-socialistes, et un ancien engagé volontaire dans les SS. Le tournant survient dans les années 2000, lorsque la direction décide d'en faire "un parti comme les autres", un objectif qui l'oblige à bouleverser son corpus en passant de la défense "de la race vers la culture", explique le politologue Anders Sannerstedt.

En octobre 2012, le chef du parti Jimmie Åkesson décrète "la tolérance zéro contre le racisme et l'extrémisme" sous peine de sanction ou d'exclusion, mais cet ordre est régulièrement bafoué depuis par des élus locaux ou des militants de base. Le magazine anti-raciste Expo et le quotidien Expressen ont révélé fin août que plusieurs candidats investis par SD pour les élections locales, qui ont lieu le même jour que les législatives, ont milité au Front national-socialiste (NSF) ou d'autres groupuscules néonazis.

"Je les classe généralement parmi la droite radicale. Ils ont beaucoup de points communs avec les autres partis de la droite radicale en Europe. Ils jouent le jeu démocratique en participant aux élections mais aspirent à des changements radicaux dans la société. Surtout, ce qu'ils partagent est que ce sont des nationalistes ethniques, leur principal objectif étant de renforcer l'homogénéité ethnique dans leur pays ", décrit ainsi le sociologue Jens Rydgren.

Un bilan mitigé pour le Premier ministre sortant

L’ascension de l’extrême droite n'est pas nouvelle : de 2010 à 2014, elle a gagné sept points et les sondages la créditent de sept points supplémentaires aux législatives de dimanche.

Du côté des sociaux démocrates, le bilan de Stefan Löfven est contrasté. Si le chômage est à son plus bas niveau depuis dix ans, la croissance robuste, l'inflation contenue et les finances publiques dans le vert, à l'inverse le système de santé se grippe, les inégalités sociales se creusent et la ségrégation croît dans les banlieues où les règlements de compte entre bandes ont fait 40 morts en 2017.

Le poste de Premier ministre devrait pourtant se disputer entre Stefan Löfven et le dirigeant conservateur Ulf Kristersson.

Avec AFP et Reuters

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